Aicha Akalay, une rêveuse en quête du paradis perdu !

Portrait chinois par Mohamed Aswab
Mohamed Aswab

Depuis une île lointaine, située au fin fond de l'“Atlantide” -un continent conçu dans son imagination-, Aicha Akalay assure la direction de publication du prestigieux magazine hebdomadaire Telquel. Au fond d'elle-même, elle se complaît dans sa solitude et passe son temps à penser son être, nourrie par les beaux souvenirs tout en agissant pour un avenir meilleur en déployant les moyens du bord, en l'occurrence sa plume (pour ne pas dire sa tablette) ! égayées de rires, les réponses de Mme Akalay aux questions du “Portrait chinois” ont remonté le temps aussi loin qu'elles pouvaient pour confirmer son vécu au quotidien, son métier, sa passion.

Mme Akalay -ses réponses le disent- est une journaliste, dans les sens éthique,  et intellectuel du terme! Pour elle, rien n'est vérité absolue, tout est sujet au doute. Toutes les informations sont à vérifier, à recouper... Quitte à ne pas être la première à les diffuser. Et pour réussir cet exercice, elle garde sa lucidité en se situant dans la zone grise. Entre “Guerre et paix” (Roman de Léon Tolstoï), entre l'été et l'hiver (En s'assimilant à l'automne), entre “Le Chrysanthème et le sabre” (oeuvre  de Ruth Benedict), entre le blanc et le noir (En s'identifiant au gris, couleur de la neutralité absolue), entre le paradis et l'enfer (En se référant au “Jardin des délices”, oeuvre de son peintre préféré, Jérôme Bosch).
Entre les deux extrêmes, Aicha Akalay doute pour hésiter et elle hésite pour ne jamais commettre l'irréparable, elle qui dose ses mots pour informer juste et orienter le débat public dans le bon sens. Et avant de signer ses éditos, Mme Akalay continue de loger son être dans l'entre-deux, entre le train qui arrive en retard et celui qui arrive à temps ! Et plus elle navigue loin, plus elle est ébahie devant le mystère, ne craignant jamais de sombrer dans la tristesse vague traversée par des rêveries souvent étranges, telles celles illustrées dans “Les fraises sauvages”, son film de prédilection réalisé par Ingmar Bergman.
Une sacrée nostalgique, dont les évasions (La chèvre de M. Seguin est son personnage préféré) et les souvenirs sont bercés par les mélodies, les parfums et les saveurs de son enfance dans son Tanger natal, Mme Akalay est une adolescente éternelle consciente d'être toujours, en quelque sorte, une enfant habitant un corps d'adulte. Mais, quand vient le moment d'agir, elle sait que ce sont les plus déterminés qui atteignent leur but. Elle qui aime la course d'endurance, ne lâche point du lest. Les choix et les convictions fortifiés le long du chemin du doute, elle mène ses combats comme juste lui semble en quête du paradis perdu !

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