Amal Chabach, une Sherpa, une émancipatrice

Portrait chinois Par Mohamed Aswab

 


Amal Chabach est une pionnière de la sexologie médicale au Maroc. La psychologie, elle s'y connaît. Tout en répondant aux questions du “Portrait chinois”, et en se livrant au jeu, elle a été spontanément prudente! Elle interprétait elle-même ses réponses, pour “orienter” l'analyse dont elles feront l'objet par la suite. Le tout avec un enchaînement logique et structuré des idées. Elle est une émancipatrice, non seulement de métier (Elle est coach) mais aussi par passion. Elle ne montre pas de voie, mais accompagne ses semblables pour qu'ils se retrouvent, qu'ils retrouvent leur propre voie, leur salut. 

Pour Amal, son artiste préféré est un Hollandais, dont une oeuvre créée de simples bouts de papier, et dont elle ne se rappelle pas le nom ! Moralité, tout un chacun est un peu artiste du moment qu'il décide de donner libre cours à soi-même, et en faisant ce chemin vers soi pour découvrir ce dont il est capable. Et pour elle, ce chemin n'est jamais long, mais un petit détour de ce qu'on a l'habitude de croire, vers notre nature créatrice. Toutes les réponses de Mme Chabach renvoient à mère Nature, sans superflu, ni complication. Son continent de prédilection est l'Afrique, “l'origine de l'humanité et de la culture”. Chaque printemps, elle renaît, elle qui est née au mois de mars. Tous les êtres renaissent, dit-elle. Se renouvellent. Pourvu que ce renouvellement mène vers le meilleur de nous-mêmes. 

Elle est une émancipatrice. Elle s'identifie à Jean-Baptiste Grenouille, héros du roman “Perfume” de l'écrivain allemand Patrick Süskind, paru en 1985. Cet enfant né au milieu des déchets et qui réalise à l'âge adulte son ultime chef-d'œuvre, en “se mettant à assassiner des femmes pour prélever leur odeur”. Amal Chabach est pratiquement dans la même optique. Tout ce dont elle aspire c'est d'aider les gens à faire ressortir le meilleur d'eux, à extraire d'eux des artistes, de bon vivants, à accomplir des actes extraordinaires qui les mettraient sur la voie de l'émancipation, de la connaissance de soi et de la reconnaissance envers soi. Trop demandé, peut-être !