Apprendre la musique… à la carte

Par Charaf Nor
Une éducation musicale en toute liberté ©MAP/EPA
Une éducation musicale en toute liberté ©MAP/EPA
L'apprentissage de la musique peut se dérouler aussi bien dans les établissements officiels qu’au sein de conservatoires privés. Zoom sur ces espaces d’éducation musicale non formelle qui contribuent à la “démocratisation” de l’apprentissage de la musique.

UN APPRENTISSAGE PERSONNALISÉ. C’est, grosso modo, le service que proposent les conservatoires privés à une catégorie spécifique de “clients”, ceux qui veulent faire leur éducation musicale en toute liberté, loin du circuit académique et rien que pour le plaisir.

Contrairement aux conservatoires étatiques, nationaux et régionaux, qui adoptent des pratiques et des méthodes d’enseignement purement académiques, le but étant de délivrer un diplôme reconnu par l’Etat à chaque élève ayant terminé son cursus avec succès, les conservatoires privés ont des méthodes plutôt simplifiées, légères et différentes de celles académiques.

Ces établissements n’imposent pas des examens de passage en fin d’année et ne remettent pas de diplômes. Leur seul objectif c’est de répondre au besoin de chaque personne et de ce qu’elle veut apprendre, souligne à BAB Monsif Mzibri, directeur d’une école privée de musique à Rabat.

Un cadre flexible et indépendant

Après une expérience et un parcours riche au Maroc et à l'étranger, Monsif a décidé de créer sa propre école de musique pour transmettre son savoir et sa passion, l'enseignement et la musique, pour les petits comme pour les grands.

“Au début, l’école était dédiée seulement à l'enseignement de la guitare, mais avec le temps, la demande s’est accrue, et j’ai décidé d’élargir le projet et d’enseigner d’autres instruments et d’autres matières en rapport avec la musique, ainsi que la danse classique”, raconte Monsif en palpant les cordes de sa guitare, son premier et dernier amour.

Le directeur du conservatoire national de musique et de danse à Rabat, Samir Tamim, est du même avis. “Beaucoup de gens ne préfèrent pas la structure académique, celle adoptée par les établissements étatiques, mais optent pour ceux privés car ils offrent un cadre flexible et indépendant et des cours adaptés pour chacun, selon ses préférences et ses capacités”, explique-t-il.

Selon M. Tamim, les conservatoires privés doivent exister en parallèle avec ceux publics. “Nous constatons actuellement que la demande dépasse l’offre. Les instituts étatiques ne peuvent pas supporter toute cette demande. Les conservatoires privés se présentent donc comme une solution alternative”, souligne-t-il.

Environnement attractif et horaires adaptés

En plus de la qualité de l’enseignement dispensé, les instituts privés de musique veillent à ce que le milieu où se déroule leur activité soit accueillant.

Pour Nezha, une jeune maman qui a préféré inscrire ses deux filles à la fois dans un conservatoire public et dans un autre privé dans la ville de Kénitra, la structure académique met du temps pour aboutir au résultat et au niveau souhaités alors que la méthode d’un établissement privé fait gagner du temps et consacre un créneau horaire élargi à chaque élève par rapport à celui disponible dans un conservatoire public.

“C’est ce qui m'a encouragé encore plus à opter pour un conservatoire privé en parallèle avec le conservatoire public pour mes filles, c'est également l'environnement interne et l'état dans lequel se trouve ce dernier”, explique Nezha sur un ton de désolation.

Avancer… mais ne pas brûler les étapes !

Même son de cloche pour Amin Chaachoo, musicologue et directeur du Centre Tétouan-Asmir pour la Recherche musicologique et la conservation du patrimoine musical, qui dit que l'enseignement dans un établissement de musique privé se fait dans un cadre agréable avec des outils spéciaux, ce qui motive davantage l’apprenti.

“Le personnel d’un institut privé ne ménage aucun effort pour fidéliser leurs élèves en veillant sur la qualité dans la transmission d’un tel savoir, qui est la musique” dit M. Chaachoo à BAB. “Ce qui fait également que le rendement soit meilleur, c’est le nombre réduit des inscrits dans les établissements privés”, ajoute-t-il.