Brahim El Mazned, le médiator

Portrait chinois Par Mohamed Aswab


Brahim El Mazned, président du festival “Visa For Music” (et bien d'autres choses), a tendance à s'effacer. Il aime la discrétion, semble-t-il.

On lui a expliqué que le “Portrait chinois” sert à révéler des choses de la personne. Lui, refusant de parler de lui-même, il a saisi cette énième occasion pour faire passer ses messages, de l'universalisme surtout. Ses réponses, bien réfléchies, disent des choses que l'on connaît déjà de lui: un militant pour la diversité et le multiculturalisme.
S'inspirant des “Identités meurtrières”, d'Amine Maalouf, Brahim El Mazned croit aux appartenances multiples.
Sa ville préférée est Jérusalem, “en raison de  sa diversité culturelle, cultuelle, identitaire...” Aux airs d'“Imagine” de John Lenon, il rêve d'un monde sans frontières, sans pays, sans religions... Sa conviction: il existerait un patrimoine universel dans lequel toutes et tous pourraient se retrouver.
Universalisme, oui, mais sans fondre dans l'identité de l'Autre. Adhérer sans s'assimiler. Il met en avant le Maroc, l'Afrique “source des musiques actuelles”, le Tamazight... Il se délecterait volontiers d'une salade de fruits, parce qu'il existe différentes manières de la préparer et qu'elle peut se déguster en toutes saisons...
Cependant, comme expliqué au début, là c'étaient quelques uns des messages que M. El Mazned voulait transmettre via ce mini-portrait, médiateur/médiator comme il se considère. Il est cet archet, lui qui aime le violoncelle, qui fait sonner l'instrument. Il sait faire vibrer la scène artistique en jouant sur les deux cordes: décideurs politiques et jeunes talents. Il a un capital confiance auprès de ces deux mondes, qui ne parlent jamais le même langage.