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Burkina Faso, pays des ‘‘humains corrects’’

Par Khalid Barka
Les Burkinabè ont su jalousement préserver un mode de vie jovial imbu de braverie et de simplicité ©MAP/EPA
Les Burkinabè ont su jalousement préserver un mode de vie jovial imbu de braverie et de simplicité ©MAP/EPA
Bonté de cœur, respect, humilité, pacifisme et cohabitation religieuse règnent en maîtres au Burkina Faso. Autant de valeurs qui font du “pays des Hommes intègres” un vrai havre de paix en Afrique. Éclairage.

Décidément, le Burkina Faso, connu communément sous l’hétéronyme “Le pays des Hommes intègres”, ne déroge nullement à cette probité orthodoxe observée pratiquement de manière aussi bien spontanée qu’“intentionnelle” où l’“humainement correct” l’emporte désormais sur toute autre acception malgré l’acculturation effrénée qui ne cesse d’égrener, un tant soit peu, cette authenticité ancestrale. Côtoyer de plus près les Burkinabè et se faufiler dans une société en vue d’en appréhender les soubresauts et les tenants et aboutissants d’une culture et d’une civilisation, autant qu’elles soient ancestrales, c’est se rendre compte qu’elles sont émaillées d’une tolérance, d’une mansuétude et d’une convivialité qui empreignent les relations et les liens, voire les transactions entre la majorité des hommes, au sens lambda du terme.

Un mode de vie jovial
Dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest, gangrené pourtant par une précarité sociale presque endémique et d’une morosité économique accablante, aggravées par des aléas climatiques drastiques, les Burkinabè ont su jalousement préserver un mode de vie jovial imbu de braverie et de simplicité dans une communauté de destin soudée avec pour corollaire le respect et l’humilité. “Nous, Burkinabè, nous nous réjouissons amplement d’avoir une histoire séculaire et différentes croyances qui guident nos pas et nous dictent et rétribuent le comportement devant être observé vis-à-vis de nos semblables”, a confié à “BAB” Charlemagne Ouedraogo, quinquagénaire.
A Ouagadougou, il suffit d’une simple randonnée dans les principales artères où sont juchés et concentrés les cafés et restaurants pour se rendre compte d’un comportement consacrant un phénomène original.
En fait, ces endroits qui hébergent tant bien des maquis que des terrasses huppées, dans une promiscuité spécifique à l’Afrique, constituent désormais le lieu de prédilection des cireurs de chaussures qui ne cessent leur “bourdonnement” et va-et-vient tout au long de la journée en quête de leur gagne-pain.
Ces mômes sont tous munis d’une pile de claquettes destinées à être remises aux clients, nonobstant leur statut social apparent, en vue d’y enfiler leurs pieds et partant, faire épargner au cireur de s’accroupir et se plier dans une posture d’esclave. Le cas à l’Occidental est automatiquement rejeté et réprimandé.
En outre, le degré de confiance chez les Burkinabè, du point de vue du visiteur étranger, frôle parfois le seuil de la “crédulité” et de la “naïveté”. En effet, des automobilistes vaquent à certaines de leurs besognes en laissant leurs véhicules non fermés à clé et leurs motos non cadenassées. “A Ouagadougou, il n’existe pratiquement pas d’agressions physiques à l’encontre d’autrui, de cambriolages de voitures, de vols de motos, de bagarres et d’altercations verbales virulentes”, affirme Adolphe Damiba, propriétaire d’une école privée.


Les “Nassara” sont les bienvenus

Last but not least, les ressortissants étrangers, connus sous le sobriquet “Nassara” (Blancs) en langue Mooré, établis ou de passage au Burkina Faso, bénéficient également d’un traitement privilégié et d’un statut leur conférant un respect inégalé. “Les Nassara sont les hôtes des Hommes intègres et personne n’osera les attaquer ou porter préjudice à leur intégrité morale ou physique. Ils sont les bienvenus parmi nous et tous les Burkinabè les respectent”, a déclaré à la MAP Benjamin Kongo, gérant d’un café-restaurant dans la banlieue de Ouagadougou.
A vrai dire, le Burkina Faso demeure, sans conteste, l’un des pays africains où la bonté de cœur de ses habitants, le respect, l’humilité et le pacifisme, ainsi que la cohabitation exemplaire entre les différentes croyances sont autant d’ingrédients qui en font un havre de paix, de quiétude et de cohésion sociale susceptibles de contrecarrer les visées des extrémistes et des djihadistes qui, eux, y voient à tort un maillon faible dans la région du Sahel qu’ils peuvent briser à tout moment.

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