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Ca chauffe chez le voisin de l’Est !

Clair Obscur par Adil Zaari Jabiri


Que se passe-t-il en Algérie? En moins d’une semaine, des têtes au plus haut sommet de l’État sont tombées l’une après l’autre comme un château de cartes. Il s’agit d’Abdelghani Hamel, directeur général de la sûreté nationale et Menad Nouba, patron de la gendarmerie.
Un autre jeu de chaises musicales, moins médiatisé, a suivi dans la hiérarchie de l’armée et des services de renseignement.  Mais que cache cette purge que les médias algériens proches du pouvoir présentent comme une conséquence de l’affaire de cocaïne (plus de 700 kg) saisie fin mai dernier au port d’Oran dans laquelle sont cités un chevillard et quelques facilitateurs liés au Club des Pins, une cargaison pareille, nécessitant d’importants moyens logistiques et des complicités en haut lieu ?
S’agit-il d’une opération de recyclage du personnel sécuritaire ou d’une nouvelle redistribution des cartes à quelques mois d’une présidentielle entourée de mystères ?
Si le départ du patron de la gendarmerie nationale a suscité moins de remous, celui du puissant chef de la police a été particulièrement suivi.
Nommé en 2010 à la tête de la sûreté nationale algérienne, ce galonné de l’armée féru de la Com’ avait une présence médiatique très remarquée au point où certains lui ont prédit un avenir très proche au palais d’El Mouradia.
Autre fait marquant de son passage à la tête de la sûreté, c’est que son organe a gagné en influence par rapport à d’autres composantes de l’appareil sécuritaire de l’État. Difficile donc de ne pas lier ces éléments à son limogeage.
Ce n’est pas la première fois que l’entourage du président Bouteflika, 81 ans et atteint d’un AVC qui le cloue à une chaise roulante, opère des changements d’une telle ampleur à la veille d’une élection présidentielle.
A quelques mois de l’élection présidentielle de 2014, un véritable séisme avait frappé l’appareil sécuritaire algérien et avait abouti, en septembre 2015, au limogeage du très puissant général Mohamed Mediène dit “Toufik” du poste de patron du fameux DRS (département du Renseignement et de la Sécurité), un mammouth dégraissé dans la foulée pour être scindé en trois directions, puis remplacé par le DSS (département de Surveillance et de Sécurité) fin janvier 2016 et placé sous l’autorité directe de la présidence de la république.
Raison officielle de ces changements: “Des failles dans la sécurité du président”. Il s’en est suivi une vague de démissions, des remaniements ministériels et un large mouvement dans les puissants relais du pouvoir au niveau local que sont les wilayas.
On voit bien que l’approche de l’élection présidentielle aiguise l’appétit de nombreux vieux caciques que  le régime ne tarde pas à recadrer, sans pour autant amorcer la lueur d’un renouvellement des élites politiques.  
On recale les uns. On laisse attendre les autres en leur faisant miroiter des postes dans la prochaine nomenklatura. D’ailleurs, le cinquième mandat, auquel tient le camp de Abdelaziz Bouteflika, nécessite bien que l’on balise le terrain en plaçant de nouveaux hommes de confiance à des postes clés au sommet de l’État.
Après la police et la gendarmerie, à qui le tour ?