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Colisée à Rome: La mythique arène des jouissances macabres

Par Siham Toufiki
Le Colisée est inscrit depuis 1980 patrimoine mondial de l’UNESCO ©MAP/EPA
Le Colisée est inscrit depuis 1980 patrimoine mondial de l’UNESCO ©MAP/EPA
Construit en l’an 80 ap- JC, le Colisée témoigne de l’histoire de sinistres spectacles où se mêlaient jouissances et horreurs macabres. Mais, au-delà de ce côté lugubre, le Colisée se dresse aujourd’hui tel un hommage au génie des architectes romains. 

Au coeur de la capitale italienne, se dresse le Colisée, jadis symbole de la puissance et de la grandeur de l’empire romain.
Témoin éternel de l’histoire et du mythe d’un haut lieu de sinistres spectacles où se mêlaient jouissances et horreurs macabres, le gigantesque monument est aujourd’hui l’une des sept merveilles du monde. L’immense édifice, dont la construction fut décidée en l’an 70 ap- JC par l’empereur Flavius Vespasien pour effacer le souvenir de son père, l’empereur Néron, qui avait incendié Rome, force l’admiration des visiteurs de par sa forme et sa conception architecturale sans pareille.
Contrairement aux autres amphithéâtres bâtis à travers l’histoire, le Colisée, de forme ovale et dont la construction a duré environ 10 ans, se distinguait par sa capacité à accueillir 73.000 spectateurs qui entraient et sortaient par 80 arcades situées au rez-de-chaussée, superbement agencées en rangées superposées et liées les unes aux autres par de grands couloirs qui séparaient les gradins et menaient aux sièges. Les entrées de l’édifice, à l’image des gradins, sont structurées par rang social.


Un jeu populaire à l’époque romaine
Ainsi, l’empereur accédait à la bâtisse par la porte impériale, somptueusement décorée, alors que la loge impériale ou podium, réservée à l’empereur, était située près de l’arène pour lui permettre de mieux suivre les combats cruels qui se déroulaient dans l’enceinte de la bâtisse.
A l’intérieur, les gradins étaient aussi organisés de façon à distinguer les classes sociales.
Le premier niveau était réservé à l’empereur. Autour du podium impérial, siégeaient les membres du Sénat romain, tandis que le second étage accueillait les aristocrates et les hauts gradés.
Deux autres grands étages sont réservés au petit peuple, qui, à leur tour sont divisés en deux ordres, l’un pour les riches et l’autre pour les pauvres.
Toutefois, certains endroits du Colisée demeurent mystérieux, notamment le dédale de couloirs souterrains creusés sous l’édifice et où vraisemblablement gladiateurs et animaux se tenaient prêts avant qu’ils ne soient transportés à l’intérieur de l’arène au moyen de leviers en bois fonctionnant selon un système ingénieux.
Régis par des lois bien établies, les combats cruels qui se déroulaient sur l’arène, étaient devenus au fil du temps une sorte de jeu populaire pour le public de Rome antique, alors que les combattants, “les gladiateurs”, étaient soumis à un entraînement violent. Les prisonniers étaient, de leur côté, contraints de se battre entre-eux et les vaincus condamnés à mort.
Parfois des prisonniers se voyaient confrontés à des animaux féroces, une lutte aux allures d’une exécution sur la place publique, au milieu des vivats de la foule qui se délectait des supplices des condamnés et les horreurs qui se déroulaient dans cet amphithéâtre colossal.
Aussi majestueux et sublime soit-il, le Colisée était en effet le théâtre d’actes cruels qui ont suscité des récits mythiques et des histoires qui se nourrissaient de faits réels et fictifs.
Plus qu’un espace de spectacles, l’édifice était bien une vitrine permettant de comprendre la relation qui existait entre l’empereur et le peuple, et un puissant instrument de contrôle du peuple à travers des spectacles axés sur la terreur.
Environ un demi million de personnes ont perdu la vie dans ces combats au cours desquels 9.000 animaux ont été également tués sur l’arène romaine devenue aujourd’hui une destination prisée pour 6 millions de touristes annuels qui y affluent des différents coins du monde.
Au-delà de ce côté lugubre, le grand Colisée se dresse aujourd’hui tel un hommage au génie des architectes romains. La gigantesque arène, inscrite depuis 1980 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, a connu depuis cinq ans, des travaux de réhabilitation, financés par des donations privées de l’ordre de 25 millions d’euros.

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