Covid-19: des fêtes de fin d’année sans fêtes !

Par Boutaina Rafik
La pandémie a fait mal aux professionnels du tourisme ©MAP
La pandémie a fait mal aux professionnels du tourisme ©MAP
Le réveillon s'annonce morose à l’image de l’année qui nous quitte. Le covid-19 joue, encore une fois, sa carte de rabat-joie et ce sont les amateurs de fête et les professionnels de tourisme ses principales victimes.

Ahmed avait tout planifié pour ce réveillon. Il a réservé en avance dans un hôtel à la ville ocre et a planifié son séjour. Tout semblait normal avant l’annonce, par le gouvernement, de mesures restrictives pour une durée de trois semaines et qui prévoient entre autres l'instauration d'un couvre-feu national de 21h à 6h ainsi que la fermeture des bars et des restaurants dans les plus grandes villes du royaume: Casablanca, Marrakech, Agadir et Tanger. Les fêtes et les rassemblements publics et privés ont également été interdits. “Difficile d’imaginer Marrakech sans ses boites de nuit, sa vibrante médina et ses marchés bouillonnants. La ville semble perdre une partie d’elle-même, de son âme”, affirme Ahmed nostalgique. “Il ne nous reste que de passer ce jour de fête en famille, et d’espérer un retour à la normale l’année prochaine”, ajoute-t-il. A la grande déception des grands “fêtards”, le réveillon ne pourra se faire que de façon “discrète et retenue”, les villes placées sous restrictions devront s’adapter aux mesures préventives. 

“Certains hôtels vont proposer des dîners améliorés; mais ils seront dans l’obligation de respecter les horaires de fermeture imposés par le gouvernement”, annonce le propriétaire d’un restaurant. D’autres établissements prévoient des programmes tout au long de la journée et qui prennent fin à 20h en remplacement des festivités nocturnes. “Nous essayons de nous adapter à ce Nouvel An version covid-19”, affirme un chargé de clientèle dans un hôtel à Rabat.

Et même pour ceux qui maintiennent la fête en famille, les traditions seront chamboulées et seront marquées par la préservation des gestes barrières.  Beaucoup de personnes ont fait le choix de rester chez eux pour protéger les plus âgés dans leur famille.

“Pendant ce réveillon, il faut se faire violence pour protéger les siens”, affirme Sara, une jeune étudiante qui a décidé de ne pas visiter sa famille. “C’est une grande frustration, mais je ne veux pas mettre mes grands-parents en danger”, enchaine la jeune femme.

 

Tourisme, là où le bat fait mal

 

La pandémie a fait mal aux professionnels du tourisme depuis mars derniers. Les coups se succèdent et le secteur tablait sur la saison d’hiver pour se rattraper. Rassérénés par la baisse des cas de contaminations et par l’annonce de la campagne de vaccination, les hôteliers s’apprêtaient à accueillir les touristes avec des programmes riches et diversifiés. L’annonce de ces nouvelles mesures a asséné le coup de grâce au secteur. “Les professionnels nourrissaient beaucoup d’espoirs sur cette fin d’année et beaucoup s’y étaient préparés”, a affirmé Faouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale du tourisme (CNT) et d’ajouter qu’il faut s’adapter, en fonction des calendriers de vaccinations, pour assurer une reprise du secteur dans la sérénité. 

Toutefois, les professionnels se plaignent du timing de l’annonce. Ils espéraient être avertis plusieurs semaines à l’avance afin qu’ils puissent mieux s’organiser. L’année 2020 est sans aucun doute l’année de tous les défis pour le tourisme et pour tous les autres secteurs. Certes, l’on ne pourra pas finir l'année en fanfare, ni en boite, ni dans les rues grouillantes de la ville ocre, mais il y aura d’autres programmes et d’autres lieux pour finir l’année en beauté. Nos professionnels du tourisme sortiront les grands moyens pour adapter leur offre au contexte sanitaire. Qu'importe finalement où et comment le réveillon va être fêté, les festivités seront bouleversées. Tout le monde espère que 2021 sera meilleure que l’année qui l’a précédée. Une seule chose sûre, pour le moment, c'est que cette année se termine enfin !