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Culture de l’avocat à Rabat: Une machine à sous, plus de 550 MDH par an

Par Nouamane Labidi
Aziz Bellouti, directeur régional de l’agriculture de Rabat-Salé-Kénitra ©MAP
Aziz Bellouti, directeur régional de l’agriculture de Rabat-Salé-Kénitra ©MAP
Depuis 1935, date du début de l’implantation de l’avocatier à Rabat, ce fruit climatérique continue de faire le bonheur des agriculteurs de la région avec un chiffre d’affaire stable de plus d’’un demi milliard de dirhams par an. Une affaire juteuse !

Rabat-Salé-Kénitra constitue de loin et sans équivoque la principale région productrice de l’avocat au niveau national avec une moyenne de 87% sur une surface de 3435 ha.
Une moyenne qui illustre parfaitement la place qu’occupe la culture de l’avocatier dans la région, dont la production annuelle s’élève à 45.000 T avec un rendement moyen de 15 T/ha, bien que des rendements dépassant 16 T/ha soient atteints dans certains vergers pilotes de la région.
Pourtant, la culture de l’avocatier n’est apparue qu’en 1935, date de la première culture de l’avocatier dans le jardin d’essai de Rabat, ce qui témoigne d’ailleurs de l’ancrage historique de l’avocatier dans la première région du Royaume.
C’est à partir de cette date et allant jusqu’aux années 60 que les premières grandes plantations furent réalisées et les premiers résultats de production et de commercialisation ont prouvé l’adaptation de la zone côtière de la région de Rabat-salé-Kenitra à la culture de l’avocatier, bien que ce dernier soit relativement sensible au gel et à la salinité et exigeant en sols bien drainants et sablonneux, selon le directeur régional de l’agriculture de Rabat-Salé-Kénitra, Aziz Bellouti. Ceci étant, la culture d’avocatier a connu dès lors un développement remarquable dans la région, compte tenu des facteurs primordiaux d’assurance, de viabilité et de réussite de la culture de l’avocatier.
Dans une interview accordée à “BAB”, M. Bellouti a mis en avant l’importance de la filière d’avocatier dans la région de RSK comme l’une des plus importantes et dynamiques favorisant la création d’emploi avec près de 481.000 journées de travail, soit directement sur les vergers, ou au niveau de l’ensemble de la chaîne de valorisation de la production et les activités para-agricoles.
M. Bellouti, qui est également directeur de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Gharb (ORMVAG), a souligné que la culture de l’avocatier permet à la région de générer un revenu important et stable pour les agriculteurs en offrant un créneau d’investissement et de diversification important de la production agricole dans la région, notant que le chiffre d’affaire généré par cette filière au niveau de la région s’élève à 554 MDH.

RSK, des conditions climatiques favorables
Répondant à une question sur les raisons du succès de la plantation et culture de l’avocat dans les vergers de RSK, le responsable régional s’enorgueillit d’affirmer que les conditions pédo-climatiques se prêtent bien aux cultures tropicales et subtropicales dans la zone côtière de RSK.
Et d’ajouter que la position géographique de la région à la porte de l’Union Européenne constitue un marché d’absorption de première importance pour l’export avec la proximité des grands centres urbains ainsi que les ressources naturelles favorables à la production d’avocatier (sols sablonneux de la zone côtière, disponibilité en eau de bonne qualité, climat doux et tempéré sous l’influence océanique), outre une pluviométrie annuelle favorable de l’ordre de 540 mm comme autant de facteurs qui ont hissé RSK aux rangs des grandes régions productrices de l’avocatier au niveaux national et continental.
Cela s’explique également selon M. Bellouti par l’intérêt grandissant des agriculteurs à cette culture de haute valeur ajoutée, “facile dans son entretien, à faible coût de production comparativement à d’autres espèces arboricoles, et dont les prix de ventes sont d’autant plus intéressants à l’exportation et au marché local”.
En effet au cours de ces deux dernières années, les prix ont dépassé 20 Dh/kg sur pieds pour la variété Hass (une variété d’avocat à la peau bosselée de couleur vert foncé), a-t-il ajouté, citant l’arrivée de nouveaux investisseurs dotés de capacités d’entreprendre des systèmes de production élaborés et innovants et exerçant des effets d’entraînement sur les exploitations émergentes.
M. Bellouti a également affirmé que la demande des marchés étrangers de l’UE en particulier ne peut s’expliquer que par les efforts consentis par le ministère de l’Agriculture dans le cadre de la nouvelle stratégie du Plan Maroc Vert visant la mise à niveau des différentes filières de production et l’instauration d’un arsenal d’incitations financières à l’investissement.

Les mesures incitatives du PMV
La filière d’avocatier bénéficie, à l’instar des autres filières, de mesures incitatives mises en place par l’Etat dans le cadre du Fond de développement agricole pour la modernisation du tissu productif et l’équipement des exploitations agricoles.
Il s’agit de l’équipement en système d’irrigation localisé qui est actuellement généralisé sur tout le verger de la région. Ces aides atteignent 80% du montant d’investissement pour les projets individuels hors agrégation et 100% du plafond pour les projets d’agrégation et les petites exploitations de moins de 5 ha.
Il a également été question de l’équipement en matériel agricole et plus spécialement les Wind machines pour la protection du verger contre le gel avec un taux de subvention atteignant 30% du coût d’investissement et un plafond de 90 000 Dh/unité en respectant la norme selon la superficie. Le montant accordé depuis 2016 s’élève à
750.334 Dh. La modernisation et l’installation d’unités de valorisation en particulier les stations de conditionnement avec un taux de subvention de l’ordre de 30% du coût d’investissement et des plafonds variant selon la capacité de l’unité.

Exportation: Un essor remarquable
Les exportations d’avocats au niveau de la région ont connu un essor remarquable en passant de 1481 T en 2008 à environ 12.100 T en 2018, alors qu’elles ne dépassaient pas 640T en 2002-2003, marquant de ce fait une amélioration importante justifiée essentiellement par l’augmentation de la production d’une part et la demande croissante du marché de l’UE.
M. Bellouti a dans ce sens rappelé les efforts orchestrés par les professionnels pour la diversification et la reconversion variétale, pour l’installation dans la zone de production de pépinières spécialisées approvisionnant les agriculteurs en plants de qualité ainsi que les efforts d’adaptation aux exigences du marché pour répondre positivement aux attentes du consommateur.

 

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