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Nabil Benabdellah, SG du PPS: ‘‘Le Maroc a besoin d’initiatives fortes’’

Par Mohamed Amine Harmach
Mohamed Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS) ©MAP
Mohamed Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS) ©MAP
Dans cet entretien accordé à BAB, Nabil Benabdellah, réélu secrétaire général du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), explique les enjeux des principales évolutions de la scène politique nationale et nous fait part du projet qu’il porte après sa réélection à la tête de son parti.

BAB : Sa Majesté le Roi Mohammed VI vous a récemment reçu au Palais Royal de Rabat, à l’occasion de votre réélection au poste de secrétaire général du PPS. Que représente pour vous cette audience?

Mohamed Nabil Benabdellah : C’est une source de fierté. Être reçu par Sa Majesté le Roi constitue un grand honneur. Et au niveau du PPS, nous avons été particulièrement heureux. Ceci nous encourage à aller de l’avant dans l’action politique que nous menons dans le pays. Personnellement, c’est aussi pour moi une source de motivation supplémentaire.

Quel est le projet que vous portez aujourd’hui, en tant que secrétaire général du PPS ?

Le dernier congrès du parti a été l’occasion de s’arrêter sur les principales évolutions de la scène politique nationale. Et comme nous l’avons dit depuis un certain temps, nous avons considéré qu’il y avait un sentiment général teinté d’attentisme, de malaise, de colère dans certains milieux et d’actions spontanées qui sont menées soit dans certaines provinces, soit dans les réseaux sociaux, notamment la question du boycott et autres. Une situation qui nécessite la prise d’initiatives fortes. C’est pour cela que nous avons décidé que notre congrès se tienne sous le slogan «un souffle démocratique nouveau».

Qu’entendez-vous par là exactement ?

Cela veut dire impulser une vivacité nouvelle dans le champ politique et dans le champ de la construction démocratique, redonner plus de crédit à l’action politique, faire en sorte que les partis politiques puissent occuper la scène, retrouver la confiance des citoyens. Pour cela, il faut faire jouer aux institutions, gouvernement, parlement, conseils élus (régions, provinces, collectivités locales), instances de médiation, instances constitutionnelles… tout le rôle qui pourrait être le leur. Il faut lancer une ère de créativité et de capacité propositionnelle de toutes ces forces, et faire en sorte qu’une scène de concurrence puisse exister entre ces acteurs, dans l’acte de proposer et d’agir.

Comment votre vision peut se traduire sur le plan économique et social?

Sur le plan économique, l’idée est de donner un nouveau contenu à ce nouveau modèle de développement prôné par Sa Majesté. Que faire? Le Souverain a prononcé un discours en octobre dernier et à ce jour nous n’avons pas encore agi, nous les acteurs, pour donner du contenu à ce nouveau modèle de développement et faire en sorte que l’économie marocaine se porte mieux, que l’investissement se porte mieux.
Aujourd’hui, il y a des inquiétudes. L’investissement est en régression, l’emploi est en régression, la situation sociale est délicate, le dialogue social piétine. Donc, il s’agit d’améliorer cette situation et de faire en sorte que notre économie puisse retrouver du tonus. Il faut que l’on puisse dégager les principales orientations sur lesquelles nous allons travailler sur les dix et vingt années à venir.
Et il faut, sur le plan social, écouter cette aspiration à la dignité, cette aspiration à l’équité, à la justice sociale, et donc trouver de nouveaux mécanismes de création des richesses et surtout de redistribution des richesses, tant sur le plan social que sur le plan spatial pour que tout le monde se sente concerné par le mouvement d’édification mené par Sa Majesté dans le pays. C’est cela l’orientation avec laquelle nous sommes sortis de ce congrès et que nous avons intitulée «un souffle démocratique nouveau». Ainsi, je suis, à l’égard des autres instances élues, comité central et bureau politique, porteur de ce projet pour la période à venir.

Image retirée.
M. Nabil Benabdellah recevant le journaliste du magazine BAB au siège national du parti pour l’entretien ©MAP

Les partis de la majorité tiennent le 18 juillet prochain une réunion consacrée à l’élaboration de la prochaine loi de finances. Quelle en est l’objectif ?

L’idée de cette réunion rejoint la position du PPS. Nous avons dit que si la majorité veut être présente, unie, homogène et donner une image de force motrice, il faut prendre des initiatives. Il faut que le gouvernement dont nous constituons tous l’ossature puisse être présent politiquement face à ce que nous décrivions jusqu’à présent, des forces politiques en berne, en situation délicate, en perte de crédibilité et une société qui bouillonne.
Il faut des initiatives fortes pour que nous ne soyons pas en réaction aux émergences qui proviennent de la société, mais que nous soyons des créateurs de situations nouvelles. À ce moment-là, la société réagit et interagit avec nos propositions, nos visions, nos mesures, à charge que cela soit positif. Donc, il s’agit d’agir afin de sortir du ronronnement actuel. C’est pour cela que nous avons décidé d’organiser cette réunion autour de la loi de finances.
L’objectif est de faire en sorte que nous ressortons avec des propositions fortes face à une situation alarmante. Et ce, contrairement  aux précédentes lois de finances qui étaient
sans saveur.

Parmi les chantiers actuels sur lesquels s’attelle le gouvernement figure le projet de loi de finances 2019. Où en êtes vous?

Nous étudierons les pistes au moment venu. En tout cas, il y a nécessité de relancer l’investissement, d’arrêter la courbe ascendante du chômage et de conforter l’emploi. Il y a nécessité de consacrer plus de justice sociale.
Aussi, nous faut-il faire preuve d’ingéniosité en termes de mécanismes de redistribution des richesses. Nous devons agir sur ces trois aspects. Si nous arrivons à trouver des mesures concrètes qui vont dans ce sens, je pense que nous allons pouvoir créer un impact positif dans la société, tous milieux confondus.

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M. Nabil Benabdellah lors de l’annonce de sa réélection SG du parti pour un troisième mandat, à l’issue du 10e congrès national de la formation  ©MAP

 

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