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Plan d’autonomie au sahara: La diplomatie marocaine en mode offensif

Par Fouad Arif
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Nasser Bourita ©MAP/EPA
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Nasser Bourita ©MAP/EPA
L’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2414 est le couronnement des efforts intenses et de longue haleine d’une diplomatie marocaine plus proactive et offensive que jamais. Le leadership de SM le Roi Mohammed VI a été déterminant dans les succès engrangés en faveur de la cause nationale.

Le leadership visionnaire de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui guide et inspire une vigilance à toute épreuve de la diplomatie marocaine, a consacré la prééminence du plan d’autonomie au Sahara, sous souveraineté marocaine, dans un contexte marqué par la consolidation de l’adhésion de la communauté internationale. Cette dynamique s’est manifestée, ces derniers mois, par l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la résolution 2414, qui proroge de six mois le mandat de la Minurso, jusqu’au 31 octobre 2018, en mettant, sans ambiguïté aucune, l’Algérie, sponsor du polisario, face à ses responsabilités éthiques et morales vis-à-vis de la perpétuation du conflit du Sahara, et en sommant les séparatistes d’évacuer “immédiatement” la zone tampon.
La diplomatie marocaine s’est ainsi évertuée à souligner dans les différents forums internationaux, comme ce fut le cas notamment lors de la session du C24, que la question du Sahara marocain est une question d’intégrité territoriale et nullement de “décolonisation”, en insistant que le Conseil de sécurité ne la considère pas comme une question de “décolonisation” mais bien et à juste titre comme un différend régional, qu’il traite sous le Chapitre VI de la Charte des Nations Unies, relatif au règlement pacifique des différends.
L’offensive de la diplomatie marocaine s’est également traduite par la participation, pour la première fois, de deux élus du Sahara marocain, M. Mhamed Abba, vice-président de la région Laâyoune-Sakia Al Hamra, et Mme Ghalla Bahiya, vice-présidente de la région Dakhla-Oued Eddahab, au séminaire régional du C24, tenue dernièrement à Saint George à Grenade, qui a désarçonné les ennemis de l’intégrité territoriale. Et pour cause: Les deux élus ont reçu à Laâyoune et à Dakhla, une lettre d’invitation officielle du président du C24, au nom de tous les membres du Comité, pour participer au séminaire.
Il convient de noter ici que la participation de ces deux élus est une première dans les annales des séminaires du C24. Ces derniers étaient depuis leur lancement il y a plus de deux décennies, une chasse gardée de l’Algérie et de ses séparatistes.

La souveraineté nationale, une ligne rouge

Mieux encore, l’intervention de M. Mhamed Abba sur la question du Sahara est désormais dûment consignée dans le programme de travail du séminaire. Ce document officiel a été adopté par consensus par l’ensemble des participants à la séance d’ouverture de ce conclave.
Forte d’une double légitimité historique et sur le terrain, la diplomatie marocaine a exposé l’historique du recouvrement par le Maroc de ses provinces du Sud et souligné les fondamentaux de la solution du différend régional sur le Sahara marocain, qui ont été réaffirmés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dans le Discours Royal du 6 novembre 2017 célébrant le 42ème anniversaire de la glorieuse Marche Verte.
La solution doit être dans le cadre de la souveraineté du Maroc, de son intégrité territoriale et de son unité nationale. Ce processus doit inclure toutes les véritables parties prenantes, qui ont été à l’origine de ce différend, étant bien entendu que ledit processus doit être sous l’égide exclusive des Nations Unies, conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité, sans aucune intervention d’aucune autre organisation régionale ou internationale et que le processus doit porter essentiellement sur la solution politique, loin de toutes les questions périphériques qui sont souvent intégrées dans les discussions pour dévier le processus de ses objectifs principaux.
Il convient de rappeler que le séminaire régional du C24 s’est tenu dans le sillage de l’adoption de la résolution 2414, rédigée par la plume américaine, et à travers laquelle l’instance exécutive de l’ONU a opté pour l’intransigeance en s’opposant au transfert par le polisario de certaines de ses soi-disant “fonctions administratives” vers Bir Lahlou, à l’est du dispositif de défense, enjoignant aux milices des séparatistes de “s’abstenir de procéder à de tels actes déstabilisants”.
Faisant référence aux manoeuvres du polisario, le Conseil s’est, en outre, déclaré “préoccupé par les violations des accords en vigueur, demandant aux parties de se conformer à leurs obligations et de s’abstenir de toute action qui pourrait déstabiliser la situation ou menacer le processus engagé par les Nations Unies”.
A l’exact rebours de l’injonction du Conseil à l’égard du polisario, l’organe exécutif de l’ONU a tenu à prendre note de “la réaction mesurée du Maroc à la suite des inquiétudes les plus récentes exprimées au sujet de la zone tampon”.
Tout en reconnaissant, dans ce contexte, que “des questions fondamentales liées au cessez-le-feu et aux accords y afférents ne sont pas réglées”, le Conseil de sécurité a appelé dans le même souffle les parties à “prendre les mesures voulues pour assurer la sécurité ainsi qu’une totale liberté de circulation et un accès immédiat au personnel des Nations Unies et au personnel associé dans l’exécution de leur mandat, conformément aux accords existants”.
Cet appel intervenait dans un contexte tendu entre la MINURSO et le polisario, dont des éléments avaient intercepté, la mi-mars, une patrouille de la mission onusienne et lancé des tirs de sommation pour empêcher les membres de cette mission d’enregistrer les violations des milices séparatistes dans la zone à l’est du dispositif de défense, comme l’avait annoncé le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.
“La MINURSO a informé le Conseil de sécurité que, le 16 mars, dans la localité de Tifariti, les observateurs militaires de la MINURSO en service ont été interceptés par des membres armés du front polisario, qui ont procédé à des tirs de sommation”, avait-il déclaré. De son côté, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait déploré qu’alors que les symboles de l’ONU étaient auparavant respectés même de la part des groupes militants, ce respect s’est effrité avec le temps, faisant savoir qu’aujourd’hui “nos personnels sont ciblés exactement parce qu’ils sont ainsi”. “Le personnel des Nations Unies est régulièrement ciblé par ceux qui s’opposent à la paix”, avait-il encore déploré sur son compte Twitter.

En attendant la solution, la voie du progrès

Les observateurs onusiens ont relevé, dans ce contexte, que le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI a fait prévaloir la force de conviction du Maroc dans la défense de son intégrité territoriale irréfragable et non négociable, sur fond d’un consensus vigilant de la collectivité nationale, adossé à une double vérité puisant sa légitimité de l’histoire millénaire du Maroc et d’une réalité sur le terrain.
Cette même réalité participe d’une dynamique vertueuse qui a vu les provinces du sud s’engager sur la voie du progrès et du développement, dans le cadre d’une approche éminemment citoyenne permettant aux populations de s’approprier leur destin et d’être partie agissante dans la définition des orientations stratégiques du Royaume.
Cette marche vers le progrès et le développement confère une plus grande crédibilité au plan marocain d’autonomie dans les provinces du sud et lui assure une adhésion à l’international, témoignage éloquent de la justesse de la posture marocaine, comme cela a été réitéré par les Etats-Unis devant les membres du Conseil de sécurité, suite à l’adoption de la résolution 2414. En effet, Washington, par le biais de sa représentante à la réunion du Conseil de sécurité, a réaffirmé que le plan d’autonomie marocain demeure “sérieux, crédible et réaliste”, et représente une “approche potentielle” pour un règlement définitif à la question du Sahara.
“Nous continuons de voir le plan d’autonomie marocain comme étant sérieux, crédible et réaliste, et représente une approche potentielle pour satisfaire les aspirations des populations du Sahara (…) à gérer leurs propres affaires dans la paix et la dignité”, a souligné Amy Tachco, Coordinatrice politique à la mission des Etats-Unis auprès des Nations Unies, devant les membres du Conseil de sécurité.
En partenaire écouté et respecté dans le concert des nations, le Maroc propose le chemin de la modération et de la retenue en mettant sur la table un plan d’autonomie au Sahara, sous souveraineté marocaine, que les puissances mondiales et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité qualifient de sérieux, crédible et réaliste. Il appartient aujourd’hui aux autres parties de s’inscrire dans cette sagesse porteuse de promesses d’un avenir fait de prospérité et de bien-être partagés.

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