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Plus qu’un sport, un moyen d’intégration

Par El Houssine Maimouni
Des Marocains au Danemark semblent écrire une véritable success-story où la pratique des arts martiaux est plus qu’un sport, un véritable levier d’intégration. ©MAP
Des Marocains au Danemark semblent écrire une véritable success-story où la pratique des arts martiaux est plus qu’un sport, un véritable levier d’intégration. ©MAP
Une success-story sportive mais aussi sociale et humaine s’écrit sur les rings du Danemark. Leurs auteurs ne sont autres que des champions marocains qui, par leurs prouesses et leur sens élevé de la citoyenneté, sont les meilleurs ambassadeurs de leur pays.

Des Marocains établis dans la ville danoise de Ringsted (environ 65 km au sud de Copenhague) semblent en train d’écrire une véritable success-story où la pratique des arts martiaux est plus qu’un sport, un véritable levier d’intégration.
Ces Marocains de diverses générations, mais originaires pour la plupart des provinces du Sud du Royaume, se sont illustrés par leurs prouesses dans des combats aussi variés que le Muai Thai et le K1, en passant par le kick-boxing et autre full-contact.
“Sur neuf athlètes que nous avons alignés, lors d’un championnat disputé à Ringsted, huit des nôtres ont été sacrés champions, parmi 400 participants venus des Pays-Bas, de Suède, d’Italie, d’Allemagne et du Danemark, bien sûr”, raconte à la MAP Mohamed Oublaid, l’entraîneur de l’équipe marocaine, qui évolue au sein du Ringsted Muai Thai (RMT).
Et les preuves sont là, bien visibles et fièrement accrochées aux murs de ce club de sports : Médailles, trophées, coupes, et plein de ceintures de différentes tailles et de diverses inscriptions.
“C’est la modeste moisson d’un travail intense et patient entamé il y a plus d’une dizaine d’années. Chaque trophée raconte un combat, chaque ceinture est l’aboutissement de longues journées d’efforts et de sueurs”, reprend, l’air plutôt jovial, M. Oublaid, en s’appuyant sur une béquille à cause d’une malheureuse fracture au pied droit qu’il a contractée récemment.

Une école de la citoyenneté et du vivre-ensemble


L’homme de 38 ans, né à Ringsted, explique comment il a succombé à l’âge de 13 ans aux charmes discrets des rings à la faveur d’une amitié avec un compatriote qui, lui, vivait à Roskilde, à une trentaine de kilomètres plus au nord vers Copenhague.“On échangeait des visites de part et d’autre. Le sport est d’abord une passion. Après tout, avec les arts martiaux on apprend la discipline et le respect”, commentera Mohamed, en câlinant son fils d’à peine une année et demie venu s’accrocher à son cou.  De discipline justement, Hakima Lakhrissi, actrice associative, peut témoigner comment “l’action énergique de ces athlètes et leur engagement à toute épreuve ont fondamentalement rectifié plein de préjugés sur la capacité d’intégration des jeunes issus des milieux de la migration”.
“De par mon travail et mes contacts avec les autorités danoises au niveau local, je puis vous assurer que le travail de ces jeunes est hautement apprécié. Le sport est un puissant levier d’intégration qui leur permet de s’éloigner de la délinquance, comme de toute autre velléité de banditisme ou de criminalité”, a-t-elle témoigné.

Deux pays, une double culture, une double fierté?. Et c’est justement dans cette perspective que s’inscrit la visite effectuée par l’ambassadeur de Sa Majesté le Roi au Danemark, Mme Khadija Rouissi, au siège du club de Muai Thai, qui regroupe plus de 65 adhérents, dont une dizaine de filles.
Lors de cette visite, Mme Rouissi a assuré que “le Maroc, soucieux de toutes ses filles, de tous ses fils, ne peut rester en rade lorsqu’il s’agit de faire valoir des initiatives de cette importance, particulièrement lorsqu’elles sont portées par des jeunes attachés à la fois à leur Mère-patrie et à leur pays d’adoption”.
Et pour cause, “ce genre d’initiatives sérieuses et réussies est un motif de double fierté”, a-t-elle expliqué, mettant l’accent sur l’impératif de cultiver l’esprit positif et de faire valoir ces success-stories qui ne font que renforcer davantage les passerelles d’échange, de contact et de connaissance mutuelle de part et d’autre.

Le sport pour jeter des passerelles entre le Maroc et le Danemark


En s’adressant aux membres du club, l’ambassadeur du Royaume au Danemark a promis de faire le nécessaire pour faciliter les contacts avec le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger et des Affaires de la migration et le ministère de la Jeunesse et des sports, pour voir comment organiser des séjours sportifs et des rencontres amicales au Maroc et au Danemark.
Alors que la diplomate marocaine prenait sur le ring une photo-souvenir avec les membres du club, un enfant de trois ans à peine s’affairait tout seul à des exercices de simulation, en assénant énergiquement des coups à un adversaire fictif : Décidément, la graine prend racine !

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