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Sahara marocain: Vérités vs illusions: Détrompez-vous !

Par Adil Zaari Jabiri
Réunion du Conseil de sécurité le 4 semptembre 2017 ©AFP
Réunion du Conseil de sécurité le 4 semptembre 2017 ©AFP
Afin de maintenir en vie un conflit qui déchire toute une région et prend en otage les ambitions des peuples à l’intégration, l’Algérie et sa création le polisario déploient des moyens colossaux et véhicule des contre-vérités.

Le conflit territorial autour du Sahara imposé au Maroc par l’Algérie, qui finance et héberge sur son territoire à Tindouf le mouvement séparatiste du Polisario, date de plus de 40 ans.
Ni les Nations-Unies ni les efforts de médiation internationale ne sont parvenus à régler jusqu’à aujourd’hui ce problème hérité de la guerre froide.
Le front polisario, constitué à l’origine d’opposants politiques marocains dont un grand nombre a rallié le Maroc, d’Algériens, de Mauritaniens et de ressortissants de  pays subsahariens dans le contexte du clivage Est-Ouest et dont la majorité a suivi ses études dans les universités marocaines, a été créé en 1975 dans l’objectif de lutter contre la colonisation espagnole du Sahara.
Soutenu et armé au début par le colonel Kadhafi qui rêvait à l’époque de conduire un leadership régional sans partage, il a été ensuite récupéré par le pouvoir algérien, puis détourné de son objectif initial de libérer le Sahara du joug du colonialisme,  pour devenir un outil de confrontation du Maroc en revendiquant la création d’un micro-Etat au Maghreb.
Cette situation bloque tous les efforts de la communauté internationale pour une intégration économique et sécuritaire régionale et pour la réunification du Maghreb.
Le Maroc, qui a récupéré les provinces du sud de l’occupation espagnole après la Marche Verte, est aujourd’hui considéré par les défenseurs de la thèse séparatiste comme “une puissance occupante”, alors qu’à aucun moment, l’ONU ne le considère ainsi, d’autant plus que le concept de “puissance occupante” est clairement défini par le règlement de la Haye de 1907 et la IVème Convention de Genève du 12 août 1949, qui stipulent qu’il s’applique à l’occupation du territoire d’un Etat existant durant un conflit armé international. Or, il n’existe aucun Etat au Sahara internationalement reconnu, mais plutôt une situation de blocage créée par les autorités algériennes pour de multiples raisons géopolitiques afin d’entretenir un conflit artificiel, en proclamant par polisario interposé un pseudo “Etat” dont le quartier général est à Tindouf, en Algérie avec une population retenue en otage dans des camps de réfugiés vivant à la merci de l’aide humanitaire internationale.

Des arguments complètement ‘‘out’’

Dans sa stratégie, Alger fait également une lecture biaisée du principe de l’autodétermination, en insistant sur le référendum, une option que l’ONU a écartée comme étant inapplicable pour diverses raisons dont la difficulté d’identifier les populations sahraouies vu le caractère tribal et nomade de leur mode de vie et l’inadéquation entre la population et le territoire qui en résulte. Plus de 80 % des populations sahraouies vivent d’ailleurs au Maroc.
L’Algérie et le polisario véhiculent aussi des allégations au niveau international sur une prétendue exploitation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara sans que les populations puissent en profiter.
Il importe de noter à cet égard que la région du Sahara bénéficie largement de programmes de développement économique et social qui prennent en considération l’intérêt et les revendications des populations locales.  Aucune instance internationale, n’a d’ailleurs, qualifié la gestion par le Maroc des ressources naturelles du Sahara, d’actes illégaux de pillage au détriment des habitants de la région.
Ces efforts de développement consentis par le Maroc au prix de multiples sacrifices, expliquent clairement, le fait que l’indice de développement humain dans cette région est aujourd’hui supérieur à la moyenne nationale en termes de scolarisation, de santé, d’éducation, d’accès aux infrastructures etc.
S’agissant de la pêche, qui a fait l’objet de procès devant la Cour de Justice de l’Union européenne au nom de cette prétendue exploitation des ressources, il est utile de souligner que la contrepartie financière dérisoire de l’accord de pêche Maroc/UE est très en deçà des moyens financiers débloqués par l’État marocain pour assurer ne serait ce que le développement de ce secteur.

Aux roues de l’ONU, les bâtons d’Alger !

Alors que pour les phosphates, le gisement de Phos-Boucraa, ne représente qu’une partie infime et insignifiante aussi bien en ce qui concerne les ventes que les réserves. Le maintien de l’exploitation de ce site, s’explique avant tout par des raisons sociales dictées par la nécessité de préserver les emplois des personnes déjà engagées.
Parallèlement au maintien du statu quo, l’Algérie et le polisario multiplient les tentatives pour faire déraper le processus de règlement onusien sur la base d’une solution réaliste et de compromis à ce différend.
Constatant l’inapplicabilité du Plan de règlement et l’absence d’accord entre les parties sur la mise en œuvre des plans Baker 1 (2001) et 2 (2003), le Conseil de Sécurité de l’ONU avait alors demandé aux parties d’être les initiatrices d’une solution politique de compromis.


Un micro-état aux portes de l’Europe, sérieux ?

C’est dans ce cadre que le Maroc avait soumis en 2007 une initiative d’autonomie de la région du Sahara, conforme au droit international, laquelle a recueilli l’appui de nombreux pays et enclenché une nouvelle dynamique au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui l’a qualifiée de “sérieuse” et “crédible”. Le même Conseil de sécurité vient d’adopter une nouvelle résolution qui prolonge le mandat de la MINURSO pour six mois au lieu d’un an dans l’objectif d’inciter les parties à s’engager dans la recherche d’une solution à ce problème qui n’a que trop duré.
Dans ce contexte, il a désigné expressément les pays voisins et donc l’Algérie pour apporter une contribution importante au processus et s’engager plus fortement pour progresser vers la solution politique. Nombreuses sont les analyses et commentaires qui ignorent une bonne partie de l’histoire du conflit pour donner un éclairage dépassionné de la question en Europe et contribuer par le débat et la confrontation des idées constructives à la recherche d’une solution basée sur le réalisme et qui appelle à des concessions nécessaires de toutes les parties, l’Algérie en premier.
Faire du prosélytisme au profit d’un fumigène de micro-état aux portes de l’Europe, par des extrapolations, des opinions approximatives et des déclarations à l’emporte-pièce n’est assurément pas la bonne voie. w

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