Des camps d'été... Pas vraiment pour tous !

Par Fadwa El Ghazi
Les Summer Schools au lieu de passer les interminables journées d’été intra muros ! ©MAP
Les Summer Schools au lieu de passer les interminables journées d’été intra muros ! ©MAP
Les “Summer Schools” est le nom d'un business qui fleurit en été pour résoudre un casse-tête récurrent pour les parents qui travaillent: Placer leur progéniture en vacances entre de bonnes mains en attendant le congé estival.

La saison estivale est bel et bien installée avec son lot de tendances et “Fashion”. Pour tout un chacun, l'été est synonyme de repos, surtout pour les élèves après une année studieuse.
Vacances obligent ! L'heure est venue pour se requinquer et recharger les batteries en attendant la nouvelle année scolaire. Entre-temps, les parents, actifs ou non, cherchent à occuper leurs enfants durant les longues journées ensoleillés. Ces dernières années, un effet de mode souffle en cette période estivale, celui des “Summer Schools” ou camps
d'été.
Ces écoles ou espaces ouverts durant les mois de juin, juillet et août, proposent des activités ludiques aux enfants afin de les occuper tout en les
divertissant. Puisque “oisiveté est mère de tous les vices”, les parents se retrouvent des fois face à une nécessité de “placer” leurs bouts de chou en attendant le congé.
Ces écoles d'été concoctent des programmes, aussi riches que variés, étalés sur une, deux, trois ou quatre semaines voire même deux mois.
Un large choix est proposé: Apprentissage d'une nouvelle langue, arts plastiques, natation, chants, danses, ateliers de dessins ou encore robotique, astronomie, sciences... Ces activités sont proposées aux enfants de 3 à 12 ans et il y a même des programmes pour les bébés !

Prix élevés, horaires inappropriés… Mais pas le choix !

Reste le prix et les horaires. Depuis quelques années, ce “business” est devenu lucratif, donnant lieu à une flambée des prix. Pour beaucoup de bourses, ce genre d'écoles demeurent hors de portée puisque le prix varie entre 400 et 1.800 dirhams par semaine.
Une autre paire de manche, celle des horaires. Les horaires proposés n'arrangent pas souvent les
parents.
C'est le cas de Siham, maman de deux fillettes (8 et 10 ans) qui préfère laisser seule ses enfants dans la maison plutôt que de les réveiller tôt pour les accompagner dans une “école d'été”. “Je ne conçois pas que les enfants passent 11 mois à avoir la même routine tous les jours”, a-t-elle confié, ajoutant que “les vacances ont été créées pour se reposer et casser la routine”. A vrai dire, souligne-t-elle, “je préfère laisser mes enfants à la maison plutôt que de les confier à ces
écoles”.
Ce n'est pas le cas pour d'autres enfants qui sont obligés de passer une partie ou la totalité de leurs vacances dans des “summer schools” puisque les parents ne peuvent pas prétendre à un congé pendant la période estivale.
C'est l'exemple de Laila qui préfère que son fils passe par la case Summer School que de rester cloîtré entre quatre murs. Selon elle, l'enfant apprend énormément lors de ces journées bien
remplies. Elle décline le programme qu'a suivi son fils, l'année dernière: Sport, cours d'anglais, ateliers de peinture ou encore de théâtre. “Chaque jour, il apprend de nouvelles choses dans une ambiance décontractée”, a-t-elle tenu à préciser, relevant qu'elle renouvellera l'expérience cette année avec un autre établissement.

Un espace d’épanouissement, pas une “garderie”

A travers ces “camps d'été”, cette jeune maman active souhaite que son enfant soit plus autonome et s'imprègne de l'esprit du groupe. “Les prix sont élevés et les horaires ne me conviennent pas, mais il faut faire des sacrifices”, a-t-elle toutefois déploré.
“Quand mon fils reste à la maison, il ne fait que regarder la télévision ou jouer avec sa tablette”, a-t-elle constaté, relevant qu'elle n'a pas énormément le choix puisque personne ne peut garder ses enfants à part
l'école.
Même son de cloche chez Houria qui a déjà inscrit son enfant dans une école d'été. C'est pour la 3ème année qu'elle renouvelle l'expérience avec le même établissement qui propose de multiples activités mais surtout des gardes. Elle a choisi cet établissement pour sa proximité et espère que son fils sera
“satisfait”.

Du divertissement et du développement des capacités

Pour Hanane, maman de deux garçons (8 et 3 ans), la question ne se pose même pas. Son aîné est parti chez sa grand-mère et le cadet sera installé dans une école d'été.
“Je ne trouve aucune autre solution pour mes enfants lors des vacances d'été”, a-t-elle noté, ajoutant que sa mère, une personne âgée, ne peut pas garder deux enfants surtout en bas âge.
Nadia, qui tente pour la première fois l'expérience, est persuadée des avantages de cette solution. “J'ai inscrit mon fils dans un camps d'été pour l'occuper au cours des vacances surtout pendant la période où je ne serai pas en congé”, a-t-elle dit, formulant le souhait que les activités proposées par cette école estivale permettront à son garçon de s'épanouir, de s'amuser et de développer ses capacités d'intégration “vu que cela sera une nouvelle expérience pour lui dans un nouvel endroit et avec de nouvelles personnes”. Selon elle, le prix et les horaires proposés par l'établissement sont “convenables”.
La responsable d'une école d'été a confié à BAB magazine que chaque année, “il y a de plus en plus de programmes de divertissement qui sont proposés au profit des enfants”.
“Ce ne sont pas des cours accélérés, des cours de soutien ou de rattrapage”, a-t-elle assuré, ajoutant qu'“il faut que la Summer School soit un amusement, une relaxation totale pour l'enfant et non une garderie”.
“Un centre aéré ou camp d'été permet de s'amuser, de faire du sport et de faire d'autres choses que l'enfant n'a pas faites pendant l'année”, a-t-elle précisé, encourageant les parents à opter pour ce nouveau concept de vacances pour enfants.
Qu'ils restent à la maison ou qu'ils passent les vacances dans une école d'été, l'essentiel pour les enfants est de grandir tout en s'épanouissant ! Les tarifs peuvent être chers et les programmes parfois surchargés. Mais “nécessité fait loi”, finalement !

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