Désert d’Atacama, un sosie de Mars

Par Hicham Lakhal
Avec son climat aride et ses paysages pittoresques, le désert d'Atacama est un microcosme de la planète Mars ©MAP/EPA
Avec son climat aride et ses paysages pittoresques, le désert d'Atacama est un microcosme de la planète Mars ©MAP/EPA
Impossible de se rendre au Chili sans s’offrir une virée au désert d’Atacama. Avec ses 4.000 m d’altitude et ses paysages extrêmes, le désert non-polaire le plus aride de la planète offre un dépaysement complet aux visiteurs. Plein de belles découvertes attendent les voyageurs au détour: Vestiges hérités des populations autochtones, “Vallée de la mort”... Pour
les astronautes, l'Atacama est un passage obligé vers Mars, en raison de sa ressemblance frappante avec la planète rouge.

Au nord du Chili, se trouve le désert non-polaire le plus aride de la planète, un vaste territoire avec de nombreuses régions et des attractions visuelles qui ensorcellent les voyageurs par des paysages similaires à ceux de la surface de Mars et de la lune.
Le scientifique mexicain de la NASA, Rafael Navarro, le seul latino-américain à avoir participé à “Curiosity”, le plus grand projet d'étude de la Planète rouge, faisait partie de l'équipe chargée de trouver sur terre un environnement qui ressemble à Mars pour tester les robots avant de les envoyer vers la quatrième planète du système solaire en partant du soleil.

Le chemin pour Mars commence à l’Atacama !

Navarro s'est rendu célèbre au sein de la communauté scientifique pour avoir démontré que le sol du désert d'Atacama ressemblait à celui de Mars. Depuis, l’Atacama est devenu un passage obligé pour toute équipe souhaitant se rendre sur la planète la plus proche de la Terre.
Les visiteurs seront agréablement surpris des découvertes qu’ils feront lors de leur visite du désert d’Atacama, un paysage tiré d’un récit du célèbre livre “Chroniques martiennes” (The martian chronicles) de Ray Bradbury, une véritable expérience d’une autre planète.
Le meilleur moyen pour se rendre dans le désert d’Atacama est de prendre un vol aller-retour de Santiago du Chili à San Pedro d'Atacama. Si vous préférez vous y rendre en bus ou en voiture, le trajet peut durer 20 heures en moyenne.
Étendue aride et hostile à 4.000 mètres d'altitude, le désert d'Atacama s'étend au nord du Chili dans la Cordillère des Andes.  Il englobe les régions d’Arica et de Parinacota, Tarapacá, Antofagasta, Atacama et le nord de Coquimbo, et couvre une superficie approximative de 105.000 km².
D'une longueur de presque 1.600 km et d'une largeur maximale de 180 km, cette étendue de terre est délimitée par l'océan Pacifique à l'Ouest et par la cordillère des Andes à l'Est.
Comme dans les zones de caractéristiques similaires, la température fluctue beaucoup, pouvant baisser jusqu'à -25°C pendant la nuit, alors que le jour, elle oscille entre 25 et 50°C, sans grande différence entre l'été et l'hiver.
Pour visiter le désert d’Atacama, il est recommandé de prendre certaines mesures de précaution. Le rayonnement ultraviolet étant très intense, il est donc nécessaire d’utiliser des lunettes et des crèmes offrant la meilleure protection contre les rayons UV.
A cela, s’ajoute le fait que la région connaît des saisons de tornades et de vents violents dont la vitesse peut facilement atteindre 100 km/h, généralement enregistrée à la mi-journée.

Merveilles archéologiques et belles surprises au détour

A l’ère préhispanique, le désert d’Atacama  était habité par le peuple semi-nomade des Chinchorros, avant d’être conquis par les Incas. Leur legs est visible jusqu'à nos jours à travers les nombreux ruines et vestiges archéologiques que l'on peut observer lors de la visite d'Atacama.
Cette région n'a pas toujours appartenu au Chili. Après les guerres d’indépendance en Amérique du Sud, la région fut l’objet d’un litige territorial entre le Chili et la Bolivie.
C’est en vertu des traités de 1866 et 1874 sur les frontières, qu’elle fera officiellement partie de la Bolivie. Mais en dépit de la conclusion de ces traités, les différends autour de ce territoire vont persister.

Le désert d'Atacama couvre une superficie approximative de 105.000 km² ©MAP/EPA
Le désert d'Atacama couvre une superficie approximative de 105.000 km² ©MAP/EPA


Le 14 février 1879, l’armée chilienne a débarqué à Antofagasta lançant des opérations contre la Bolivie, dans le cadre de la guerre du Pacifique, qui s’est terminée en 1884 avec la victoire du Chili. Ainsi, le pays andin rétablira sa souveraineté sur le “département bolivien du littoral” dont relève le désert d'Atacama et d’autres territoires.
Mais contrairement à ce que pensent la plupart des gens, cette région n’est pas inhabitée. En gravissant un sommet de plus de 4.000 mètres d'altitude des hauts plateaux andins, il est facile de découvrir de belles surprises, dont de petits villages qui conservent encore leurs coutumes intactes au milieu de paysages extrêmes.

Des étendues de sable et de sel à perte de vue

Le désert d’Atacama est également considéré comme le meilleur endroit sur la planète pour observer le ciel et développer l’astronomie: Grâce à son altitude par rapport au niveau de la mer, à la faible nébulosité, à l’humidité quasi inexistante et à l’absence de pollution lumineuse et radioélectrique, la visibilité nocturne du ciel y est très claire.
Dans son immensité, le désert englobe une multitude de zones et des paysages variés. Il y a lieu de citer, à titre d’exemple, la Vallée de la mort, idéale pour pratiquer le sandboard sur ses dunes hautes de 120 mètres, ou la Vallée de la lune, dont la ressemblance avec la surface du satellite de la Terre est étonnante.
Autre curiosité qui vaut le détour.
Le Salar d’Atacama, l’un des plus grands déserts de sel au monde, contient un quart du lithium de la planète, un minéral très recherché utilisé principalement dans les batteries d’appareils électroniques, tels que les téléphones cellulaires, les tablettes et les ordinateurs portables, et dans ceux des véhicules
électriques.

Bien que l'Atacama soit la terre la plus aride de la planète, les précipitations donnent naissance à certaines espèces ©MAP/EPA
Bien que l'Atacama soit la terre la plus aride de la planète, les précipitations donnent naissance à certaines espèces ©MAP/EPA


Une visite à l’Atacama sera incomplète sans avoir tenté l’ascension du volcan Lascar, l’un des plus actifs du Chili qui culmine à 5.600 mètres d’altitude. Le désert d’Atacama est réputé aussi pour ses lacs et lagunes, sublimes comme celle de Cejar, dont les eaux salines permettent une meilleure flottaison par rapport à celle de la Mer morte.
Pour passer un séjour mémorable au Chili, un saut à San Pedro de Atacama s’impose pour explorer des paysages uniques au monde, découvrir les vestiges de civilisations anciennes, apprécier les marais salants et profiter de lagons d’un bleu intense.
Aussi, un voyage au Chili n’est complet qu’avec la visite du désert d’Atacama. Il s’agit littéralement d’une visite sur une autre planète... Tout en gardant les pieds sur terre.

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