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El Dia de Muertos, la mort n’est jamais aussi joyeuse !

Par Khalid El Harrak
À travers El Dia de Muertos, les Mexicains célèbrent dans la joie et l’allégresse le retour  sur terre des âmes  de leurs chers ©MAP/EPA
À travers El Dia de Muertos, les Mexicains célèbrent dans la joie et l’allégresse le retour sur terre des âmes de leurs chers ©MAP/EPA
Danse, musique, festins, squelettes et petits crânes en sucre ou en chocolat: c’est le décor typique, aussi insolite que macabre, d’une fête des morts au Mexique. Organisé dans des autels spécialement aménagés pour l’occasion dans les maisons, “El Dia de Muertos” est un rituel perpétué depuis 3.500 ans par les peuples Aztèques.

Célèbre fête traditionnelle, le jour des morts est la coutume la plus courue au pays des Aztèques où les Mexicains célèbrent le retour des âmes de leurs défunts sur terre en leur faisant de nombreuses offrandes et en prenant part à diverses
festivités.
Dans les quatre coins du pays, le 1er et le 2 novembre sont l'occasion pour les Mexicains de “faire revenir” leurs morts sur terre. En fait, les proches des défunts ont l'habitude de se rendre dans les cimetières pour nettoyer et ériger les sépultures, mais aussi danser et chanter autour de leurs tombes tout en jetant des pétales de fleurs et allumant des bougies.
Dans ce pays d'Amérique centrale de près de 130 millions d'habitants, si chaque ville, chaque région et chaque État a ses propres traditions, fêtes et coutumes, la célébration de ce Jour des Morts est sans aucun doute la tradition qui unit tous les Mexicains.

Festins et animation aux “hôtels” des morts !

En prévision de cette fête en mémoire de leurs défunts, les familles se préparent des jours avant à recevoir les âmes de leurs chers qui ont quitté cette vie en leur offrant de la nourriture qu'ils appréciaient le plus.
C'est ainsi que chaque année, la plupart des familles mexicaines érigent des autels dans leurs maisons afin d'y déposer les offrandes et recevoir les proches disparus, car, selon cette croyance populaire dont les origines remontent à l'époque préhispanique, l'âme des morts revient visiter sa famille sur terre durant cette journée. C'est pourquoi les vivants leur réservent des plats préférés, parmi lesquels de délicieux crânes en sucre, le typique “pan de muerto”, ainsi que des fruits et bonbons.
Qu'elles soient modestes ou somptueuses, les offrandes que font les Mexicains à leurs défunts sont toutes disposées sur du papier multicolore, près des portraits des êtres chers disparus et de bouquets de cempasuchil qui indiquent le chemin et font la connexion entre les deux mondes.
à côté des fleurs, bougies blanches, petites têtes de morts en sucre ou chocolat, on place également le “pain des morts”, spongieux et sucré, ainsi que tous les mets que le défunt appréciait de son vivant, qu'il s'agisse de poulet à la sauce de mole (à base notamment de piment, cacao ou chocolat) ou encore de boissons.

El Dia de Muertos, un pont entre l’ici-bas et l’au-delà !

Pour un Mexicain, chacune de ces offrandes a sa propre signification. Par exemple, l'eau représente la source de la vie. Elle est offerte aux âmes pour se désaltérer après le long voyage et les aider dans leur retour, tandis que le sel sert à rendre l'âme harmonieuse et transparente.
Selon la Commission nationale pour le développement des peuples autochtones (CDI), les autels des morts sont un type de paysage dans lequel les âmes défuntes viennent boire, manger, se reposer, dialoguer avec leurs proches et revisiter leur mémoire.
Il s'agit d'une des traditions les plus anciennes et les plus représentatives des descendants des Aztèques qui veulent recréer une connexion avec leurs proches et leurs ancêtres disparus.
A travers cette fête, les vivants croient rencontrer leurs morts, leur offrant un vrai festin avec tant d'odeurs, de couleurs, de saveurs et de musique, dans le but que ceux qui sont encore dans le monde terrestre n'oublient pas que la mort n'est qu'une transition vers l'éternel, tandis que les morts “reviennent” partager quelques moments avec leurs familles et leurs
amis.
Les festivités commencent fin octobre et se terminent, selon les coutumes locales, en novembre, dont le 1er jour est dédié aux jeunes défunts, à savoir ceux qui sont morts enfants, et le deuxième jour aux morts à l'âge adulte.

Les Mexicains, un peuple familier avec la mort

Lors de ces festivités où rien n'est laissé au hasard, des centaines de milliers de festivaliers, hommes, femmes et enfants, descendent dans les rues pour assister au traditionnel défilé coloré avec des costumes des “Catrinas” (un squelette féminin vêtu de riches habits et portant généralement un chapeau) et des “Calaveras” (un crâne humain ou “tête de mort”) pour rendre hommage à leurs disparus sur fond de musique et de troupes de marionnettes et célébrer cette fête, qui se veut un mélange de croyances religieuses et de traditions locales.
Les Mexicains célèbrent traditionnellement cet événement avec musique et chant lyrique comme doit être la célébration de toute autre fête.
Dans son livre “Le Labyrinthe de la solitude”, le Prix Nobel de littérature 1990, le Mexicain Octavio Paz écrit: “Le Mexicain est familier avec la mort, il en plaisante, la caresse, dort avec elle, la célèbre (...) Une société qui nie la mort, finit par nier la vie”.
Vieille de près de 3.500 ans, la célébration du jour des morts au Mexique existait bien loin avant la conquête du pays par les Espagnols.
En 2003, cette fête indigène a été classée “chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité” par l’Organisation des Nations unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (UNESCO).

Les Mexicains célèbrent traditionnellement cet événement avec musique et chant lyrique
Les Mexicains célèbrent traditionnellement cet événement avec musique et chant lyrique ©MAP/EPA

 

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