Et si nous parlions un peu de Sebta?

Clair Obscur par Adil Zaari Jabiri


La nouvelle crise avec l’Espagne (après celle de l’îlot Leila en 2002) sur fond de l’accueil de l’ennemi public numéro 1 du Maroc, le génocidaire Brahim Ghali, a révélé au grand jour une réalité amère que seuls les quelques Marocains friands de la marchandise périmée ou des fonds de placards des commerces moribonds du préside occupé savent. Cette ville fantôme, où la misère côtoie le désespoir, se meurt au fil des jours au mépris du pouvoir central d’une puissance occupante, qui n’y voit qu’un déversoir de ses frustrations postfranquistes ou une carte électoraliste pour des partis à court de popularité.

Dans cette enclave sous perfusion, que même les Espagnols peinent à réaliser qu’elle fait partie de l’Europe, les habitants souffrent en silence.

Le journal sebtaoui “El Faro de Ceuta” a publié récemment une radioscopie de la situation qui prévaut dans le préside occupé qui ne devrait d’ailleurs pas être différente de celle de Melillia, cette autre survivance anachronique de l’expansionnisme colonial espagnol.

Intitulé “Le miracle de survie à Sebta”, le papier de ce petit quotidien local a pointé du doigt les tares d’une gouvernance chaotique qui a mis sur le pavé une jeunesse désespérée depuis plusieurs décennies. 

La ville n’attire plus d’investissements étrangers malgré les avantages fiscaux offerts à tour de bras par l’administration, les entreprises quittent le territoire par manque de visibilité et d’horizons, les activités du port sont en berne et le petit commerce est à l’agonie. 

Le journal explique que cette situation pousse les Sebtaouis à l’exode, soit vers l’Espagne, soit vers les villes de Tanger, Tétouan et Larache où la dynamique économique est palpable et les chances de trouver un emploi sont nombreuses.

Le quotidien sebtaoui fait également état d’une autre situation qui résulte du refus pur et simple des jeunes de travailler au préside occupé dépourvu d’infrastructures et de points d’attraction, ce qui a provoqué une pénurie en ressources humaines dans les services essentiels comme la santé, les services sociaux et la justice.

L’on assiste ainsi dans les présides occupés au même scénario qui prévalait au Sahara jadis sous colonisation espagnole où les Marocains avaient découvert, en 1975, un territoire désertique qui manquait de tout, mais exploité jusqu’à la moelle pour ses ressources souterraines et halieutiques.

Vestiges d’un empire colonial révolu, Sebta et Mellilia servent également de prétexte à l’Espagne pour ébruiter son argumentaire comminatoire contre le Maroc en matière de gestion migratoire, dans une posture victimaire, avec l’objectif de s’attirer les faveurs d’une Union européenne désintégrée qui se débat dans sa bureaucratie et ses contradictions. 

Imaginons un seul instant Sebta et Mellilia sous le giron de ce Maroc prospère et dynamique. A ce moment-là, la décolonisation dont se gargarisent les ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume aura été véritablement achevée. Mais il faut donner du temps au temps. Comme par hasard, la citation est de Miguel de Cervantès!