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Faire de la politique autrement !

Clair Obscur par Adil Zaari Jabiri


Le déclin des partis politiques traditionnels, les agressions multiples contre la démocratie à travers le monde et la montée du populisme renforcent le manque d’enthousiasme pour la vie politique, particulièrement auprès des jeunes. Cette méfiance a été attisée par d’autres problématiques auxquelles les États n’ont pas réussi à trouver de solutions comme la crise migratoire, le changement climatique, les clivages nord-sud, en passant par le chômage des jeunes et la protection des données personnelles.
Cette situation a donné lieu à de nouvelles formes d’expressions où les instruments de médiation classiques comme les syndicats ou les partis ont cédé la place à l’homme de la rue et aux militants anonymes du clavier.
L’exemple des “Gilets jaunes” en France en est l’illustration parfaite. Ce mouvement a même tenté de présenter une liste aux élections européennes, mais un sondage  Ifop sur les intentions de vote, qui a crédité une éventuelle liste estampillée “Gilets jaunes” d’uniquement 3% de voix, a refroidi les ardeurs des partisans d’une candidature aux Européennes.
Mais comment peut-on redonner confiance aux gens en la politique après les avoir tant déçu ? Comment peut-on ramener aux urnes des personnes qui s'abstiennent habituellement ? Peut-on encore croire ces partis qui abreuvent les électeurs de promesses qu’ils ne tiennent jamais ?
Face à cette équation difficile à résoudre, le Parlement européen a lancé un site internet “https://www.cettefoisjevote.eu” pour inciter les citoyens à voter lors des prochaines élections européennes, pour renforcer l’espoir en un projet européen qui les unit et les protège, surtout après l’épreuve du Brexit qui a montré que l’Union européenne n’est pas inébranlable et que la démocratie est un concept vulnérable.
Cependant cet appel reste difficile à rallier dans un contexte où l’Union européenne est controversée en son propre sein. Il reste d’autant plus inaudible quand on sait que, malgré les bruits qui courent sur un chamboulement éventuel des forces politiques au sein du Parlement européen, il ne faut pas s’attendre à des changements de nature à modifier les équilibres politiques en place. Selon des estimations réalisées pour le compte du Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, droite) conserverait sa première place, suivi des socialistes et démocrates, puis des libéraux. Viendra ensuite l’extrême droite à la quatrième position.
Quant aux populistes, le sondage leur prête quelque 200 sièges au total, mais sans qu’ils soient capables, de part leur nature disparate, de se réunir au sein d'un seul et même groupe.
Autrement dit, “tout change pour que rien ne change”, comme dit la célèbre réplique de l'écrivain italien auteur du roman “Le Guépard”, Giuseppe Tomasi di Lampedusa.
Si ce marasme gagne le citoyen lambda, il ne semble pas non plus échapper aux acteurs politiques eux-mêmes, dont certains, sinon la plupart, ont fait de la politique une carrière. On cherche les mots pour convaincre, on se fait élire, ensuite on ne fait rien. Après tout, ça paie bien un homme politique et ça ne demande pas de qualifications particulières. Il suffit de savoir saturer les plateaux de télévision, s’accaparer la parole en public, réussir le show et parfois, dans des situations de cynisme extrême, savoir manipuler les masses pour s’éterniser au pouvoir même en fauteuil roulant, sans parler, sans agir, le regard vitreux... Non, non, gardons notre calme ! Je retiens ma plume, je ne parlerai pas cette fois-ci de l’Algérie. Les images de la télévision valent mille mots !