Football et politique: ça ne tourne pas rond !

Clair Obscur par Adil Zaari Jabiri
Adil Zaari Jabiri

Le football et la politique sont comme l’eau et le feu. Ils peuvent aussi être comme de l’huile sur le feu quand les commentaires d’un match dépassent les lignes de la pelouse pour s’inviter sur la table d’un gouvernement ou toute autre entité étatique.
La rencontre viciée entre le Wydad de Casablanca et l’Espérance de Tunis montre à quel point le supportérisme et la politique sont incompatibles et peuvent parfois gâcher la fête.
La réaction du chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed sur son compte facebook, suite à la décision de la CAF de rejouer le match retour de la finale de la ligue des champions d’Afrique en terrain neutre, a fait rougir aficionados et profanes du ballon rond dans les deux pays et au-delà.
Mis à part les quelques déchaînements hystériques de certains internautes tunisiens, d’autres réactions plus scandaleuses sont venues montrer à quel point la politique et le sport ne vont pas ensemble et rappeler la réalité amère d’un Maghreb désuni.
Invité au plateau de la première chaîne de télévision tunisienne, Wadii El Jari, président de la Fédération tunisienne de football, avoue avoir sollicité l’intervention du ministre des Affaires étrangères de son pays pour peser sur la décision de la CAF.
Ces interférences, outre les réactions d’une certaine presse, n’ont pas laissé indifférents journalistes, intellectuels et prescripteurs d’opinion qui ont mis en garde contre les conséquences de cette “fébrilité” autour d’un match de foot.
“Pas à ce point”, écrit l’éditorialiste du quotidien “la Presse”, relevant qu’un match de football qui sera vite oublié ne saurait gâcher les excellentes relations historiques entre les deux pays.
D’autres voix de la sagesse ont rappelé aux Tunisiens l’impact hautement positif de la visite de SM le Roi Mohammed VI en juin 2014 dans leur pays, quelques jours après une attaque terroriste sans précédent qui avait plongé le pays dans la tristesse et la récession.
Ces développements nous amènent à rappeler que la Tunisie, mécontente aujourd’hui de la décision de la CAF, est devenue le 7 juin membre non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU pour un mandat de deux ans. On ne sait pas si le football s’invitera dans les coulisses de l’instance onusienne où s’activent quelques ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume, sachant que pour le moment la Tunisie adopte une “neutralité positive” au sujet de la question du Sahara marocain et fait valoir “la fraternité maghrébine” dans ses relations avec ses voisins.
Hasard de calendrier, le chef du gouvernement, Saâd Dine El Otmani a rencontré son homologue tunisien, Youssef Chahed, le mardi 11 juin, en marge de la 108ème Conférence internationale du Travail réunie à Genève.
Les deux hommes ont examiné les “moyens de renforcer la coopération entre le Maroc et la Tunisie dans différents domaines”. Le compte-rendu de la rencontre n’a pas précisé s’ils ont parlé foot.

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