Générosité

La Marche de l'Empereur Par Rachid Mamouni


Le Vaccin contre Covid-19 sera administré à tous les citoyens marocains et les résidents étrangers établis dans le Royaume et âgés de plus de 17 ans. Sur décision royale, la campagne nationale de vaccination, lancée jeudi 28 janvier, sera et gratuite universelle. Sans aucune distinction de nationalité. Au-delà du fait que cela tombe sous le bon sens eu égard à la contagiosité du virus et son mode de transmission pernicieux et volatile, la gratuité et la généralisation du vaccin à tous ceux qui vivent sous le ciel marocain dénote une générosité inscrite dans l’ADN du Marocain. Une générosité millénaire qui se manifeste dans tous les aspects de la vie quotidienne des Marocains. Dans l’adversité, cette générosité prend de l’épaisseur et de la hauteur. 

Au moment où les pays du monde se bagarrent par tous les moyens - politiques, économiques, diplomatiques et dissuasifs - pour être dans le haut du panier des pays servis en priorité, le Maroc reste serein et annonce la gratuité du vaccin et sa généralisation à toute personne à l’intérieur de ses frontières.

Après quelques semaines d’expectative et de doutes, les premiers lots ont commencé à affluer d’Inde et de Chine. 

Le laboratoire indien du géant britannico-suédois AstraZeneca a livré au Royaume en date du 22 janvier 2021 les premières doses du vaccin (Environ 2 millions). Cette livraison a été suivie d’une deuxième, cinq jours plus tard, du laboratoire chinois Sinopharm (un demi million de doses). Selon les calculs officiels, ce sont plus de 30 millions de personnes qui seront vaccinées, soit 80 % des Marocains et résidents étrangers. L’effort déployé par l’État pour atteindre l’objectif d’une immunisation collective est colossal. A ce stade, très peu de pays peuvent s’enorgueillir de le faire. 

Toutefois, il ne faut pas se leurrer. Cet effort sans précédent n’est pas synonyme d’une victoire immédiate et irrévocable sur le virus, ni d’un retour immédiat à la vie normale. Si retour il y a, il ne peut être que progressif. Le chemin sera long et sinueux. Un quotidien ordinaire d’avant mars 2020 n’est certainement pas pour demain. Autant dire que les précautions d’usage (port du masque, distanciation sociale et lavage fréquent des mains) et qui sont entrées dans notre routine quotidienne, auront la vie dure et survivront certainement au virus. Tant mieux, diront certains, bon débarras, rétorqueront d’autres.

La campagne nationale de vaccination est mise en branle. Elle sera ordonnée et méthodique. Elle se déroulera selon le calendrier prévu et ciblera en prioritaire les catégories vulnérables et les plus exposées aux contaminations.

Il s’agit là du dernier épisode d’une gestion exemplaire de la crise sanitaire par le Maroc. Une gestion faite d’anticipation, de prévention et de fermeté dans les décisions prises depuis mars 2020. Enfin, le bout du tunnel approche.