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‘‘Ginny and Georgia’’, un féminisme qui fâche

Par Dounya Alexandra Chakir
‘‘Ginny and Georgia’’ ©DR
‘‘Ginny and Georgia’’ ©DR
Clin d’œil au “Women’s History Month”, la nouvelle série vedette de Netflix est une immersion dans le quotidien mouvementé d’une jeune veuve libertine et ses deux enfants. Sur un ton léger, la série aborde des thèmes sombres comme la marginalisation, la violence et le deuil.

En cette troisième semaine de mars, “Ginny and Georgia” est la série n°1 de Netflix. Sortie le 24 février, cette série que plusieurs internautes comparent “injustement” à “Gilmore Girls” a pu se hisser à la tête du classement et risque de ne pas le quitter de sitôt.

En 10 épisodes d’une cinquantaine de minutes chacun, Ginny and Georgia raconte l’histoire d’une jeune veuve de 30 ans, Georgia (interprétée par Brianne Howey), qui souhaite refaire sa vie avec ses deux enfants, Ginny (Antonia Gentry), âgée de 15 ans, et Austin (9 ans) dans une petite ville nommée Willsbury. 

A première vue, l’on comprend que l’intrigue tourne autour de la relation entre l’adolescente mature et sa jeune mère (pas aussi mature que ça !), d’où la ressemblance avec “Gilmore Girls”. Mais passé le premier épisode, il s’avère que cette série aborde des sujets bien plus sombres, comme l’automutilation, l’homosexualité, la violence conjugale, le trouble dysmorphique, la pauvreté et le deuil. Au milieu de tous ces thèmes plus ou moins polémiques, le spectateur découvre en plus, très tôt, qu’il y aura également un meurtre à élucider.

Georgia, qui s’est donnée ce prénom après avoir fugué du domicile familial à 14 ans, a enchaîné les aventures que nous avons l’occasion de voir en flashbacks tout au long des 10 épisodes, pour enfin arriver à Willsbury où elle souhaite s’installer définitivement avec ses enfants qu’elle a également nommés d’après les lieux où ils sont nés (Virginia et Austin). Willsbury devait être le Happy Ending qu’elle leur offrirait; surtout à Ginny qui rêvait d’une vie stable avec des amis et pourquoi pas aussi un petit ami. Malheureusement, le passé finit toujours par les rattraper. Et l’utopie où Ginny a enfin commencé à marquer ses repères, sera vite détruite encore une fois par les choix irrationnels de sa mère.

 

Un clin d’œil au “Women’s History Month”

 

La sortie de cette série à l’approche du mois de mars et les valeurs de féminisme qu’elle défend, est un clin d’œil de Netflix au “Women’s History month”. En effet, mars est déclaré par les pays anglosaxons le mois de l'histoire des femmes, qui met en lumière les contributions des femmes aux événements de l'histoire et de la société contemporaine.

Dans ce même contexte, les producteurs de la série ont également pensé à intégrer un autre clin d’œil rendant hommage à la popstar Britney Spears quelques semaines après la sortie du documentaire du New York Times intitulé “Framing Britney Spears” qui met en lumière les vices d’une médiatisation à outrance, singulièrement destructrice pour les jeunes femmes. En effet, dans l’épisode 5 de la série, Ginny et ses copines décident de se déguiser chacune en une des versions les plus acclamées de Britney à l’occasion d’une soirée Halloween.

 

Taylor Swift… Pas aussi ravie !

 

Dans l’épisode final de cette première saison, une dispute entre Georgia et Ginny dégénère en une réplique qui a fait grincer des dents plusieurs milliers d’internautes et plus particulièrement Taylor Swift et ses fans. Dans la scène en question, Ginny parle à sa mère Georgia de ses relations amoureuses. Celle-ci lui demande si elle a rompu avec son petit ami. Ginny répond: “Qu'est-ce que ça peut te faire? Tu changes d'hommes plus vite que Taylor Swift…”.

Résultat: les fans offusqués de Taylor Swift ont immédiatement lancé le hashtag #respecttaylorswift [respectez Taylor Swift] sur Twitter. La chanteuse elle-même a fini par tweeter: “Hey 'Ginny & Georgia', 2010 a appelé et veut que tu lui rendes sa blague facile et profondément sexiste. Et si nous arrêtions de dégrader le dur labeur des femmes en considérant cette blague comme drôle. […]”.

Ce ne sera pas une première pour la chanteuse de 31 ans qui a déjà à plusieurs reprises protesté contre les railleries sur sa vie amoureuse passée.

 

Un féminisme assumé

 

Après les critiques de Taylor Swift et la campagne de ses fans qui se sont employés à dégrader la série sur différents sites de notation (IMDB, Rotten Tomatoes et Allociné), la jeune actrice jouant le rôle de Ginny a décidé de riposter. “Merci pour l’amour et le soutien que vous m’avez témoigné ainsi qu’à notre série, Ginny and Georgia, au cours de la semaine qui vient de s’écouler”, a-t-elle posté sur Instagram.

Toujours sans citer Taylor Swift, Antonia continue de vanter le côté féministe de la série. “Je suis ravie de travailler avec des femmes talentueuses, sérieuses et honnêtes qui n’ont pas peur d’exposer toutes les subtilités de la vie, le bon et le mauvais, le tout avec un verre de vin à la main et un sourire en coin. À toutes les personnes qui ont envoyé des centaines de messages sur le sentiment d’être vues pour la première fois, que ce soit par Ginny ou un autre personnage de Ginny et Georgia, merci pour vos voix et votre inspiration”, a-t-elle ajouté.