Hat trick diplomatique

La Marche de l'Empereur Par Rachid Mamouni


La ville de Dakhla a vécu un jour exceptionnel le vendredi 23 octobre 2020. Trois pays africains ont décidé d'inaugurer le même jour trois consulats dans la perle du sud marocain. Un Hat Trick diplomatique qui fait un pied-de-nez non moins diplomatique aux coupeurs de route qui s’agitent à Guergarat et à leur mentor à Alger. 

Avec 13 consulats de pays africains ouverts jusqu’à présent, 7 à Dakhla et 6 à Laayoune; villes authentiquement marocaines, seuls les individus frappés de cécité politique doublée d’une amnésie historique, n’y voient pas une belle percée dans la reconnaissance internationale de la souveraineté nationale sur ces territoires contestés. 

Sur le plan diplomatique, la signification de cette triple inauguration, en pleine crise Covid, verse dans le sens de la volonté de ces pays, et d’autres à venir, de renforcer “la dynamique de soutien à la marocanité du Sahara”.

Sur le plan économique et humain, la position géographique de Dakhla se trouve ainsi renforcée par une visibilité diplomatique en tant que “trait d’union” entre le Maroc et sa profondeur africaine. 

Au chapitre des signaux propres à la diplomatie, il y a lieu de souligner que ces inaugurations interviennent à quelques jours du 45ème anniversaire de la Marche verte, qui a scellé il y a presque un demi-siècle, le retour définitif de ces provinces à la mère Patrie.

Au même chapitre, il est aussi question du fait que les consulats ouverts dans les deux capitales régionales représentent toutes les zones géographiques et linguistiques de notre continent africain. 

Preuve s’il en est que les Africains de tous bords ont tourné définitivement la page sombre du sommet de Nairobi, lorsque les valises remplies de pétrodollars avaient réussi à perpétrer le plus grand hold-up au sein de la défunte “OUA”, sous la houlette de sinistres personnages de la trempe d’Edem Kodjo.

L’inauguration de ces consulats africains dans les provinces du sud n’est que justice rendue au Royaume, à travers une reconnaissance sans équivoque de ses droits historiques sur ce territoire contesté, et une volonté affichée de consolider la coopération interafricaine.

Au moment où cette chronique est livrée, la diplomatie marocaine vient de valider une nouvelle percée en Afrique australe avec l’ouverture de deux consulats à Laâyoune. D’abord celui d’Eswatini et surtout celui de la Zambie. On se rappelle que ce dernier pays a été un fervent défenseur des thèses séparatistes avant de découvrir le pot aux roses rempli de mensonges, contrevérités, bobards et impostures. Avec ce consulat de Zambie à Laâyoune, justice a été rendue. Et de quelle manière. La visite royale dans ce pays en février 2017 a été un point d’inflexion remarquable dans la position de Lusaka sur ce dossier. 

En Afrique australe, comme dans les autres zones géographiques du continent, il est devenu clair que la position psychorigide de l’Afrique du Sud, pays usant d’une puissance économique héritée de l’ère de l’Apartheid pour imposer ses visions hégémoniques, est de plus en plus isolée et se cramponne encore à une attitude fossilisée qui date de plus de 40 ans et qui se nourrit encore des chimères d’une guerre froide révolue.