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Inégalités sociales: Le Maroc prend le défi à bras le corps

Coins et recoins par Mohammed Rida Braïm


Partout dans le monde, la montée des inégalités sociales est une source de préoccupations et un caillou dans la chaussure des pouvoirs publics. Et le Royaume ne fait pas l’exception.
Au Maroc, ces inégalités sont patentes. Elles vont crescendo défiant toutes les avancées à pas de géant réalisées dans divers domaines, comme en témoigne des indicateurs macro-économiques. C’est dire que l’amélioration des conditions des citoyens et la résorption de ces inégalités ne sont pas forcément en corrélation avec les performances économiques.
Progression de la croissance économique, réduction de la pauvreté, maîtrise du chômage et de l’inflation …, hausse des budgets alloués aux secteurs sociaux, les indicateurs chiffrés ne manquent pas pour vanter les avancées et les acquis du Maroc. Face à cela, le sentiment d’inégalité et d’iniquité est toujours présent. La cause en est essentiellement les inégalités liées aux capacités d’accès aux services socio-économiques de base ou encore celles ayant trait aux opportunités et à l’égalité des chances qui constituent à bien des égards des entraves structurelles à la mobilité sociale.
Nombre d’études et de rapports, tant nationaux qu’internationaux, viennent corroborer cette réalité qui fait que le Maroc, malgré ses efforts colossaux, n’arrive toujours pas à franchir le cap pour améliorer son rang dans le classement de la Banque Mondiale. Il est toujours classé dans la catégorie des pays à “Revenu intermédiaire de la tranche inférieure”.
Le récent rapport “franc et audacieux” de la DEPF, sur la question des inégalités sociales, estime que “les avancées encourageantes enregistrées par le Maroc n’ont pas permis d’endiguer de manière significative les inégalités sociales, qui continuent d’afficher une résistance à la baisse comme en témoigne la quasi-stagnation de l’indice de GINI depuis des années (0,395 en 2014 soit le même niveau enregistré en 1998)”.
Pour y remédier et contribuer significativement à l’amélioration des conditions de vie des Marocains, les experts ne vont pas par quatre chemins. Au-delà de la stabilité macroéconomique, toute aussi importante, il est essentiel de générer une croissance économique plus forte, durable et surtout inclusive. La recette: agir plus particulièrement sur trois secteurs clé, à savoir l’Education, la Santé et l’Emploi.
Dans ce registre, SM le Roi Mohammed VI n’a eu de cesse d’attirer l’attention sur l’importance de ces trois secteurs et de multiplier les appels en direction de toutes les parties concernées pour agir avec des initiatives et des plans d’action en faveur du social.
Les discours royaux, particulièrement ceux des dernières années, portent en eux une forte touche sociale. Lors du dernier en date (ouverture de la première session, de la troisième année législative de la dixième législature), le Souverain a dit : “En effet, le Maroc doit s’affirmer comme un pays d’opportunités et non d’opportunistes. Quel qu’il soit, chaque citoyen marocain doit jouir des mêmes chances”.
Cette prise de conscience royale pour la chose sociale ne manquera pas de donner une forte impulsion à ce secteur pour que le Maroc relève avec succès le défi des inégalités sociales, garantit l’égalité des chances entre ses citoyens et s’affirmer comme un pays plus humain, plus solidaire et plus juste.
Les inégalités sociales est un phénomène complexe certes, mais qui semble ne plus faire peur au Royaume, qui a pris le taureau par les cornes pour gagner une nouvelle bataille sur la voie du développement et de la modernité qui ne peuvent se faire sans le citoyen.