Kaoutar Rouibaa, malgré le cancer, femme, belle et épanouie !

Par Hajar El Faker
Kaoutar Rouibaa, blogueuse ©DR
Kaoutar Rouibaa, blogueuse ©DR
Loin de céder à la maladie qui l’a privée de plusieurs de ses attributs féminins, Kaoutar Rouibaa, diagnostiquée du cancer du sein, a choisi de se refaire une beauté et d’explorer une nouvelle forme de féminité qui l’aide à surmonter cette épreuve. Crâne rasé, maquillage impeccable et sourire radieux, la jeune femme vit sans complexe cette étape de sa vie. Son histoire pourrait inspirer plus d’une.
Chaque période de trouble dans l'histoire ouvre une brèche d'espoir, dit-on. Atteinte d'un cancer du sein hormono-dépendant depuis presque un an et demi, Kaoutar Rouibaa fait partie de ces femmes qui savent renaître de leurs souffrances, malgré la brutalité des traitements, tout en se réconciliant avec leur féminité et retrouver leur beauté.
Chute de cheveux, perte de cils et de sourcils et autres attributs de la féminité, rougeurs cutanées, prise ou perte de poids, cicatrices ou colostomie, un cancer bouscule la vie du malade et de ceux qui l'entourent et affecte non seulement le corps mais aussi l'esprit.
Certaines femmes peuvent vivre cette phase de manière “dramatique” et appréhender la chimiothérapie, la radiothérapie ou autres traitements médicamenteux, surtout lorsqu'elle perdure dans le temps, d'autres décident par contre de s'y préparer pour être en accord avec soi et faciliter cette période délicate.

Une question d’apparence et d’estime de soi
Crâne rasé et bien maquillée, Kaoutar n'allait pas laisser le cancer l'anéantir et la plonger dans les tourments de la maladie. Pour elle, le fait de se sentir belle constitue un pas vers la guérison.
“La perte des cheveux, cils et sourcils a été pour moi un des moments les plus durs du traitement de mon cancer. J'ai donc décidé de le vivre autrement en acceptant mon nouveau visage et en saisissant cette occasion afin d’essayer de nouveaux look et styles, ce qui m'a permis de renforcer mes capacités de résilience”, confie cette blogueuse à BAB.
“S'il est bien une période essentielle pour penser à soi, c'est celle-là. J'invite toutes les femmes atteintes de cancer à trouver un moment qui les remplit de plaisir de vivre pleinement leur vie et de surtout prendre soin d'elles pour trouver la force de poursuivre, parce que la beauté passe également par le bien-être”, poursuit la jeune femme.
Pour cette trentenaire, dont le sourire ne quitte pas les lèvres, “se sentir bien dans sa peau permet d'améliorer l'apparence et l'image que nous avons de nous-même”, relevant que le cancer, ce mal insidieux, lui a permis de réaliser que la vie ne tient qu'à un fil et que le moment présent est le meilleur moment à savourer sa vie pleinement.
Elle a, aussi, souligné que les traitements anti-cancer, notamment la chimiothérapie, représentent une lourde épreuve aux niveaux physique et psychique et provoquent des effets indésirables qui portent atteinte à la féminité et mettent en péril l'estime de soi.
Si Kaoutar a décidé de raconter son histoire aujourd'hui, ce n'est pas seulement pour elle. C'est aussi et surtout pour nous ouvrir les yeux sur cette évidence que, pris par notre quotidien, nous oublions trop souvent que la vie est belle et qu'il faut en saisir chaque instant.

Le jour où tout a changé…
Pour cette fille qui adore tant voyager, sa maladie a été un handicap pour elle au début. Cette annonce a été certes comme un “Tsunami” qui était venu chambouler sa vie et ses projets, vu qu'elle ne représentait pas le profil susceptible d'être diagnostiqué d’un cancer et surtout pas à son âge !
“Toutefois, je considère “le chapitre cancer” comme un nouveau voyage, que je n’ai pas choisi mais que la vie m'a réservé en 2020, avec pour objectif de banaliser cette maladie dont on parle peu au Maroc”, précise-t-elle.
Évoquant son diagnostic médical, Kaoutar explique que lorsqu'elle était en train d'appliquer sa crème hydratante un soir, elle a découvert une masse anormale et dure à l'intérieur du sein droit. “Initialement, j'avais cru qu’elle était liée au cycle menstruel, du coup j’ai continué à la surveiller de près”, raconte-t-elle.
“Constatant qu'elle n'était pas partie à la fin des menstruations, j’ai pris un rendez-vous en urgence avec mon gynécologue, qui m’a prescrit une mammographie et une échographie et là on a constaté une anomalie. J'ai donc fait une biopsie dans la foulée et le verdict est tombé le 7 juillet dernier : j'avais un cancer du sein hormono-dépendant”, se rappelle-t-elle.

Briser le tabou
Kaoutar, titulaire d'un MBA de l'École des Ponts et Chaussées (France) et cadre dans le secteur bancaire, et qui partage ce vécu avec ses followers sur les réseaux sociaux, avoue que ce qui l'a incité à en parler c'était les représentations et attitudes négatives vis-à-vis du cancer et des malades qui prédominaient la toile. “C'est à ce moment-là que j'ai eu le déclic et que j'ai décidé de partager publiquement mon histoire en affichant ma nouvelle tête, sans cheveux, pour briser les tabous autour de cette maladie, changer le regard des autres, et redonner espoir à toutes les personnes qui passent par la même épreuve”, dit-elle.
Elle a, en outre, affirmé que le cancer n'arrive pas qu'aux autres. “Nous sommes tous susceptibles d’être concernés par cette maladie directement ou indirectement, alors prenons soin de notre santé, faisons-nous belles, soyons à l’écoute de nos corps et essayons de cueillir tous les joies et potentiels de l'instant présent”, conclut-elle.