La chasse aux cafards…‘‘wanted, dead or alive’’

Par Meriem Rkiouak
Grands amateurs de chaleur et d’humidité, les cafards élisent domicile près des fours, des réfrégirateurs...©MAP/EPA
Grands amateurs de chaleur et d’humidité, les cafards élisent domicile près des fours, des réfrégirateurs...©MAP/EPA
Avec l’avènement de la saison estivale, les cafards donnent l’assaut. Une fois installés, difficile de les chasser. Quand tous les moyens auraient été épuisés, l’intervention des professionnels devient nécessaire. C’est pourquoi la prévention est une règle d’or. BAB vous propose quelques astuces pour remporter la bataille contre ces insectes réputés invincibles.

Chaque été c’est la même galère. Les cafards sont de retour, au grand dam des âmes sensibles. Après l’énorme “coup de cafard” causé par Covid-19 et le confinement, place à l’invasion des cafards, en chair et en os ! 

Dès que le mercure grimpe, l’alerte est donnée. Les blattes (autre nom moins usité des cafards), en quête de chaleur après un rude hiver, prennent les maisons d’assaut. 

Qui d’entre nous n’a pas eu un jour un sursaut en voyant cette bestiole particulièrement répugnante traverser tel un sprinteur la pièce ou un haut-le-coeur en croisant ses pattes filiformes et ses gros yeux globuleux sous la douche ? Grands amateurs de chaleur et d’humidité, les cafards élisent domicile près des fours, des réfrégirateurs et dans la salle de bain, en plus des endroits sombres comme les caves et les tiroirs où ils risquent le moins d’être démasqués. Obscurité, chaleur, humidité, nourriture… Les maisons mal entretenues offrent un hébergement cinq étoiles pour les cafards et ils n’y renonceront pour rien au monde.

Durant la saison estivale, beaucoup se trouvent obligés de partager toit et nourriture avec ces “invités” imposés et collants: une fois ils posent leurs valises, difficile de les mettre à la porte tellement ils s’approprient vite les lieux et se reproduisent à grande vitesse. 

En effet, chaque femelle peut pondre plusieurs poches avec plus de 40 œufs chacune, ce qui veut dire qu’il suffit d’un ou de deux “individus” pour infester un grand édifice ! De la colonisation pure et dure !

Les sociétés 3D à la rescousse 

Une fois les nids/colonies bien installées, aux oubliettes les pièges, gels anti-cafards, insecticides, répulsifs et autres recettes de grand-mère (vinaigre blanc, huile d’eucaliptus…). Aux grands maux les grands remèdes; l’état d’urgence est à décréter sans plus tarder et la grande artillerie est à déployer pour repousser ces assaillants repoussants et “décoloniser” les lieux dans les règles de l’art. 

Heureusement qu’il existe des professionnels pour s’occuper de cette opération peu ragoûtante. Ils s’appellent les sociétés 3D (dératisation, désinfection, désinsectisation) et ils sont de plus en plus sollicités par les Marocains pour mener la croisade contre les cafards, à en croire Anouar Tabich, directeur de “ADIC HYGIENE”, une entreprise basée à Rabat. 

Ce n’est pas parce que votre maison est propre comme un sous neuf qu’elle sera prémunie contre l’invasion des cafards ! ©DR
Ce n’est pas parce que votre maison est propre comme un sous neuf qu’elle sera prémunie contre l’invasion des cafards ! ©DR

Le champ d’intervention de la société, qui compte plusieurs antennes à travers le Maroc, couvre tous les nuisibles, des cafards aux punaises de lit en passant par les rongeurs. “Le gros des demandes proviennent des professionnels, surtout du secteur agroalimentaire, qui cherchent des traitements contre les insectes ravageurs. Mais il y a aussi, ces dernières années, une demande croissante de la part de particuliers pour les services relatifs à la lutte anti-cafards”, déclare-t-il à BAB, ajoutant que “les Marocains sont devenus de plus en plus conscients de la nécessité de faire appel à des professionnels en cas d’infestation à grande échelle des cafards”.

Sur Rabat par exemple, M. Tabich précise que son entreprise reçoit en moyenne une dizaine de demandes d’intervention par jour, avec un pic durant l’été. 

La clientèle est composée de professionnels (industriels, commerçants…) mais aussi de particuliers qui sont prêts à mettre le paquet pour chasser les nuisibles de chez-eux. 

 

Désinsecticides: gare aux abus !

Les méthodes utilisées s’appellent thermo-nébulisation et nébulisation à froid. Pour la première, elle consiste à générer un brouillard dense de fines particules chargées d’insecticides. 

La deuxième méthode permet, elle, de diffuser, à la place d’insecticides, des huiles essentielles dont certaines ont le pouvoir de chasser les nuisibles. En général, c’est le premier procédé qui est mis en oeuvre par les sociétés professionnelles. 

Les produits utilisés dans les interventions professionnelles permettent un traitement en profondeur qui couvre même les endroits reculés ou inaccessibles, à la différence des produits pulvérisés qui ne permettent qu’un traitement superficiel.

Mais, ces techniques ne sont pas sans contraintes. Une fois l’opération terminée, l’endroit traité doit être évacué pendant trois à quatre heures. “Ce sont des produits chimiques, en fin de compte. Pour notre part, nous n’utilisons que des produits agréés du ministère de la Santé, dans le strict respect des normes de sécurité en vigueur. Les clients, pour leur part, sont tenus de prendre les précautions nécessaires, surtout s’il y a des enfants ou des animaux domestiques à l’intérieur de la maison”. 

 

Invasion cafards: on se prépare dès maintenant ! 

Mais avant d’arriver à la case désinsectisation, il vaut mieux se préparer à l’avance pour empêcher l’ennemi de s’infiltrer. Pour ce faire, certaines règles d’hygiène de base sont à observer. D’abord, veiller à la propreté des lieux, parce que les cafards prospèrent dans les endroits sales où ils sont sûrs de trouver des ravitaillements pour leur séjour (miettes de pain par terre, restes d’aliments sur la table, poubelles débordées, de l’eau qui traîne sur l’évier). 

Ceci dit, ce n’est pas parce que votre maison est propre comme un sous neuf qu’elle sera prémunie contre l’invasion des cafards. En effet, l’attaque peut venir du voisinage comme de n’importe quel endroit infecté. Les nuisibles ont plus d’une corde à leur arc pour faire irruption chez vous. 

Grâce à la forme aplatie de son corps, le cafard est l’un des inscetes les plus agiles. Certaines espèces peuvent se “compresser” jusqu’au cinquième de leur taille. Donc, s’il y a des fissures dans les murs ou dans les sols, vous avez intérêt à les colmater le plus tôt possible, si vous ne désirez pas avoir ces curieuses bêtes comme animaux de
compagnie ! D’autres gestes, aussi simples que faciles, s’avèrent d’un grand secours dans cette bataille stratégique. Par exemple, nettoyer régulièrement à l’eau de javel, aérer les pièces, réparer sans tarder les fuites d’eau. Veiller à vider la poubelle régulièrement, nettoyer la vaisselle et débarrasser la table pour couper les vivres aux nuisibles. 

Il serait aussi grand temps de faire le ménage pour mettre dans la poubelle les boîtes en carton, les emballages et les tas de vieux papier qui s’entassent depuis des lustres dans votre maison. De cette manière, les blattes, privées de nourriture, ne vont pas tarder à ficher le camp pour aller chercher de nouvelles victimes. 

Le saviez-vous ?

Les cafards sont les plus vieux insectes ailés de la planète. Ils sont plus vieux même que les dinausores, puisqu’ils vivent sur terre depuis près de 355 millions d'années, selon les archéologues. 

Les cafards supportent des doses d’irradiation une dizaine de fois supérieures à la dose mortelle pour un humain. 

Ils sont de ce fait l’une des rares espèces vivantes à pouvoir survivre à une catastrophe nucélaire. Un cafard peut rester vivant sans tête pendant une semaine et sans nourriture pendant un mois. 

La blatte germanique est l’espèce la plus répandue au Maroc. 

Elle mesure entre 13 et 16 mm de long et peut vivre entre 3 et 6 mois. Les femelles peuvent pondre 7 oothèques de 30 à 40 œufs chacun ;

En s’accouplant une seule fois, une femelle peut pondre jusqu’à 100.000 oeufs. 

La femelle peut féconder jusqu’à 30 fois au cours de sa vie.   

Les cafards peuvent retenir leur respiration pendant 40 minutes et passer 30 minutes sous l’eau. Leur vitesse peut atteindre 1,5 mètre par seconde, ce qui veut dire qu’il ne leur faudrait qu’une minute pour traverser un terrain de foot. Des athlètes accomplis, quoi ! Peut-être un jour on les verra dans les prochains JO ! 

Les cafards supportent des doses d’irradiation une dizaine de fois supérieures à la dose mortelle pour un humain ©MAP/EPA
Les cafards supportent des doses d’irradiation une dizaine de fois supérieures à la dose mortelle pour un humain ©MAP/EPA

 

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