La force de la conviction

La Marche de l'Empereur Par Abdelghani Aouifia

 


Beaucoup d’encre a coulé depuis la décision des États-Unis de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Gouvernements, responsables politiques et commentateurs de la presse se sont relayés pour commenter cet acte d’une immense portée politique, qui a eu l’effet de coup de tonnerre en cette fin d’année.

Hormis les esprits chagrins qui s’entêtent, comme une fausse note, dans leur acharnement en faveur du ticket perdant de l’Algérie, véritable responsable du conflit autour du Sahara marocain, l’heure était à l’analyse mure et réfléchie d’une nouvelle réalité régionale. La décision, émanant d’un membre permanent du Conseil de sécurité et Pen-Holder (porte-plume) des résolutions de cette instance décisionnelle de l’ONU, témoigne avant tout de la pertinence d’une diplomatie Royale qui s’est déployée avec succès, notamment depuis le retour du Royaume au sein de l’Union africaine (UA) en 2017. Dans les arcanes de l’ONU ou ceux de l’UA, la finesse de la diplomatie marocaine s’est illustrée, déconstruisant comme un château de cartes les contre-vérités ressassées durant plus de 40 ans par Alger et ses pantins séparatistes.

La reconnaissance américaine est venue donner davantage de force à cette consécration internationale de la marocanité du Sahara. Plus de 85 % des pays membres de l’ONU ne reconnaissent pas l’entité chimérique créée et entretenue par Alger. Dans la foulée, de nombreux pays, convaincus de la justesse et la légitimité des droits du Maroc, ont ouvert des consulats à Laâyoune et Dakhla.

La reconnaissance américaine doit être lue dans son contexte géopolitique international. Les défis inédits qui se multiplient incitent la communauté internationale à se débarrasser des foyers de tension et de division pour faciliter l’émergence d’une configuration fondée sur l’opportunité économique.

Les pays pourvoyeurs de prospérité et de stabilité ont une contribution incontournable à apporter dans cette nouvelle réalité. Le Maroc, à la faveur de sa position géographique et ses percées économiques, figure tout naturellement dans ce panthéon vertueux.

Les profondes mutations opérées dans le Royaume durant les deux dernières décennies, avec une modernisation de fond en comble des infrastructures (autoroutes, TGV, ports, aéroports, NTI), ont eu pour effet de confirmer le Maroc comme la porte d’entrée en Afrique, future frontière de croissance de l’économie mondiale.

Dans le contexte de cette évolution nationale, les provinces du Sud émergent comme futur pôle d’une prospérité partagée dans la vaste étendue de l’Afrique atlantique.

Le socle d’un take-off économique solide de ces provinces est déjà mis en place, garantissant la projection continentale attendue de la région.

De nombreux projets structurants y seront lancés incessamment dont le grand port de Dakhla, preuve de cette volonté inébranlable du Maroc d’inscrire ses provinces du Sud dans la nouvelle architecture régionale.

La décision de Washington de conférer un rôle éminemment économique au consulat qu’il compte ouvrir à Dakhla, la perle du Sahara, renseigne sur l’avenir qui attend les provinces du Sud comme relais de croissance entre le Royaume et son prolongement continental.