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La reprise après la pause

La Marche de l'Empereur par Rachid Mamouni


Reste à espérer que le recadrage sera salvateur. Le Festival ne supporterait pas qu’un nouveau grain vienne gripper la machine. Les cinéphiles et les amoureux du 7ème art non plus.

La pause d’un an observée par les concepteurs du Festival International du Film de Marrakech (FIFM) semble avoir aidé à recadrer la ligne éditoriale et à redéfinir le cap. La prochaine édition est programmée entre le 30 novembre et le 7 décembre 2018. Ses équipes se sont données un temps de réflexion et de méditation sur la philosophie qui sous-tend l’événement, les objectifs qui le portent, la logistique qui l’accompagne et la qualité qui devrait être la sienne en termes de programmation et d’organisation.
Reste à espérer que le recadrage sera salvateur. Le Festival ne supporterait pas qu’un nouveau grain vienne gripper la machine. Les cinéphiles et les amoureux du 7ème art non plus.
Retour sur image. En juin 2017, la Fondation du Festival annonçait, à la surprise générale, que le FIFM n’allait pas être organisé cette année-là. Les raisons qui avaient conduit à cette décision coulaient de source. Elles se résumaient à un essoufflement visible à l’œil nu et qui allait provoquer un « arrêt cardiaque » d’une rencontre conçue, 17 années auparavant, pour devenir une vitrine du cinéma et de la scène artistique au Maroc, qui plus est, organisée dans la ville ocre.
La Fondation du FIFM a bien pris le soin de rappeler les tenants et aboutissants de cette réflexion. Ils tiennent en trois points. Primo, Le FIFM a effectivement contribué au rayonnement du Maroc, en tant que terre de cinéma et de tournages et consolidé la tradition d’ouverture et d’universalité du Royaume. Il s’agit donc de se doter des leviers nécessaires pour installer le Festival dans la durée et de lui donner les moyens d’être pérenne.
Secundo, le FIFM a également contribué à promouvoir le cinéma marocain à l’international. Preuve en est que des productions marocaines sont devenues visibles dans les grands festivals internationaux. Certains films marocains sont parfois primés, d’autres couronnés par les lauriers de la critique et tous enrichis par l’osmose que constitue le contact avec d’autres expressions cinématographiques.
Et tercio, -ce qui semble être le clou de la réflexion- les équipes de la direction artistique et de la programmation affichent de nouvelles têtes au parcours prestigieux et au talent reconnu.
L’allemand Christoph Terhechte, nouveau directeur artistique du FIFM, a présidé aux destinées de la section Forum du festival de Berlin pendant 17 ans (2001-2018). Ali Hajji, un connaisseur de la maison, retrouve sa place en tant que coordonnateur général du FIFM, rôle qu’il a déjà rempli entre 2002 et 2004. Une curatrice d’art, Rasha Salti, un critique du cinéma, Anke Leweke et le coordonnateur général du festival de Cannes, Rémi Bonhomme, viennent compléter la nouvelle équipe qui refera décoller le FIFM et lui donnera à nouveau ses lettres de noblesse.
Seule rescapée de l’ancienne équipe, Melita Toscan du Plantier, directrice du Festival entre 2003 et 2016, a été désignée conseillère de SAR le Prince Moulay Rachid, Président de la Fondation du FIFM.