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Le compte à rebours est lancé

Par Mohammed Hamiddouch
© MAP
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Le gouvernement El Othmani aura la lourde tâche, au cours des quelques semaines à venir, d’élaborer un projet de loi de finances qui, d’un côté ciblera le social et jettera les fondements du nouveau modèle de développement économique. Le tout dans une conjoncture internationale difficile. En tout cas, l’Exécutif donne l’impression, notamment à travers la note de cadrage du PLF 2019, d’avoir parfaitement pris la mesure des défis et des enjeux du moment.

L’élaboration du budget 2019 intervient dans une conjoncture socio-économique délicate marquée par les tensions sociales, la flambée des prix des produits alimentaires et des hydrocarbures, la montée du chômage ainsi que par l’aggravation du déficit budgétaire et de la dette publique.
Sur le plan social, les événements de Zagora, d’El Hoceima et tout récemment de Jerada rappellent avec insistance la nécessité de s’atteler au plus vite aux maux qui minent la jeunesse et gangrènent les régions.
Au niveau économique, les ternes résultats enregistrés rappellent tristement que la pluviométrie continue de tenir le gouvernail de la croissance.
Cette conjoncture particulière qui amplifie le déficit social, creuse et accentue les disparités spatiales, interpelle le gouvernement et l’appelle à prendre des mesures d’urgence avec pour ligne de mire l’équité sociale et le développement durable.

Le nouveau modèle de développement économique, une nécessité
Et surtout, elle remet au devant de la scène l’impératif de repenser le modèle de développement économique en tenant compte des réalités actuelles du pays et de ses projections futures. Cette question a été d’ailleurs soulevée par SM le Roi Mohammed VI dans Ses derniers discours pour justement donner un coup d’accélérateur à cette croissance morose qui, à la longue, risque d’ébranler la marche du progrès et compromettre les grandes ambitions sociales du pays.
Ce texte est “censé asseoir les bases du renouveau du modèle économique dont la finalité majeure est la conciliation entre une croissance économique forte, durable et inclusive, une satisfaction des besoins des citoyens et de toutes leurs attentes et une réduction des inégalités sociales”, souligne Omar Hniche, professeur de l’enseignement supérieur à l’UM5 de Rabat, dans un entretien à “BAB” (Voir page ci-contre).
De ce fait, le prochain budget en préparation devra porter les germes d’une rupture en termes de philosophie et d’approche. Il doit aussi marquer un changement de cap et un virage clair dans sa méthodologie.
Mieux encore, il doit constituer une sorte de feuille de route qui définit les nouvelles priorités et trace les contours d’un nouveau modèle de gouvernance ayant pour ultime finalité le développement économique et la justice sociale.

Un contexte difficile
Le Chef du gouvernement Saâd Eddine El Othmani semble avoir parfaitement pris la mesure des défis et des enjeux du moment. Il a d’emblée souligné dans sa note de cadrage du projet de loi de finances 2019 le contexte difficile dans lequel sera élaboré le futur budget.
M. El Othmani juge que la conjoncture actuelle requiert davantage de mobilisation pour traduire dans les faits les orientations royales et donner corps aux engagements pris dans le cadre de la Déclaration gouvernementale.
Dans ce document de 22 pages, il insiste sur l’impératif d’accorder toute l’attention d’abord aux questions qui touchent directement au quotidien des Marocains.
Dans cette optique, l’éducation, la santé, l’emploi, le logement, la sécurité sociale entre autres devraient être élevés au rang de priorités nationales.
“Dans la note de cadrage adressée aux départements ministériels et aux établissements publics, le Chef du gouvernement a placé les secteurs sociaux parmi les priorités et leur a accordé une grande importance, précise Hassan Qranfal, sociologue et doyen de la Faculté des Lettres d’El Jadida, dans une déclaration à la MAP. Mais parallèlement, les grands chantiers de réformes doivent être poursuivis et les équilibres macro-économiques préservés.
Les orientations budgétaires du Chef du gouvernement conjuguées à une conjoncture économique et sociale pour le moins difficile ajoutent un brin de complexité à une équation budgétaire qui semble déjà très complexe. C’est un défi de taille que va devoir résoudre le cabinet El Othmani au plus tard début octobre. Le compte à rebours est lancé !

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