Le cycle de vie du papier journal

Par Adil Chadli
Retour des journaux dans les kiosques marocains après près de trois mois d'arrêt de l'impression en raison du Covid-19 ©MAP
Retour des journaux dans les kiosques marocains après près de trois mois d'arrêt de l'impression en raison du Covid-19 ©MAP
En première étape, il est fabriqué à partir d'une pâte tirée du bois des arbres. En phase finale, il est transformé en feuilles de différents types et formats. Avant d'atterrir entre vos mains, le papier journal passe par un long périple. BAB vous fait découvrir ce cycle de vie...

Le lectorat marocain peut finalement feuilleter sereinement son journal en version papier. Certainement, les lecteurs de journaux ne peuvent égrener actuellement les papiers de leur quotidien attablés dans un café, mais ils peuvent tout de même décrypter les mots fléchés et les jeux de Sudoku en apposant leurs stylos sur le papier journal. Enfin, lire le journal en palpant le papier est tout à fait différent de le consulter en version PDF. Après trois mois de suspension de la publication de la presse papier due à la pandémie du nouveau coronavirus, les imprimeries de journaux ont fait tourner leurs gros cylindres, le 15 juin 2020. Quelques publications marocaines quotidiennes ont garni, à cette date, les étalages des kiosques.

Avant d'atterrir dans les kiosques, les journaux parcourent un long circuit. De la pâte à papier pour fabriquer le papier journal à l'impression en passant par la distribution. Commençons par le commencement. D'où vient le papier journal ?

La pâte à papier est destinée en effet à la fabrication du papier. Appelée également pulpe, elle est faite du bois des arbres. Selon Saïd El Katini, directeur de l'imprimerie Ecoprint, “les pays nordiques sont leaders dans le domaine de fabrication de la pâte à papier qui se transforme en grosses bobines de journaux”. Pour le Maroc, le papier journal est importé à 100% de l’étranger. Leslie & Paper, Interfer et Warak-Press sont les trois principaux importateurs de papier journal.

 

Qualité, prix, processus de fabrication...

On distingue deux types de papier journal. Premièrement, le papier standard marqué par une blancheur qui tend vers le gris. Deuxièmement, le papier amélioré caractérisé par un peu plus de blancheur. Actuellement, le prix du papier amélioré varie de 7,50 à 8,50 dirhams le kilogramme. Quant au papier standard, il coûte 7,50 dirhams le kilogramme.

Les coûts du papier journal ont baissé entre 2019 et 2020, parce qu'en 2020, il y a une crise du papier dans le monde entier. L'offre est supérieure à la demande”, explique à BAB M. El Katini. En 2019, le prix du papier amélioré avait atteint 10,50 DH le kilogramme et le papier standard 9 DH le kilogramme.

En termes de qualité, il n'y a pas de différence entre lesdits types de papier”, nous confirme M. El Katini.

La fabrication du papier journal est considérée comme une industrie par les professionnels. En revanche, ces derniers ne veulent pas en faire une industrie néfaste pour l'environnement.

Le papier journal n'a pas d'impact négatif sur l’environnement”, souligne M. El Katini.

Les producteurs de papier ne détruisent pas les forêts et les arbres. Pour eux, c'est une industrie. Ils ont de grandes superficies de terres où ils implantent des arbres qui vont être destinés après une dizaine d'années à l'abattage pour fabriquer la pâte à papier”, enchaîne M. El Katini qui avait effectué une visite dans une société de fabrication de papier en Norvège. 

Toujours dans la veine environnementale, le circuit du papier journal se termine par un processus de recyclage. Les mauvais exemplaires ou les numéros non vendus finissent en carton. Les boîtes à œufs, par exemple, sont fabriquées à partir de papier usagé tel que le papier journal.

Interrogé sur son contact avec le journal, le directeur d’Ecoprint estime qu'en tant que lecteur, “on a perdu un support d'information fiable loin des fake news et des réseaux sociaux. Feuilleter le journal et toucher le papier nous ont manqué. Beaucoup de gens ont vraiment hâte de reprendre le journal dans leurs mains et revivre le temps d'avant”.

A la même question, Bahia Amrani, présidente de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, répond : “Je défends la presse Print et je continue de la défendre même si nous sommes tous conscients de l'importance de la révolution numérique. Il y a eu la “révolution” de la radio, puis celle de la télévision. Elles ont été d'un grand apport à l'humanité. Cependant, elles n'ont pas “tué” la presse papier. Celle-ci aura toujours sa place dans le paysage médiatique, ainsi que son utilité. Le seul élément qui serait réellement fatal à la presse Print, c'est notre abandon du combat”.  

Il existe deux types de papier journal: le standard marqué par une blancheur qui tend vers le gris et le papier amélioré caractérisé par un peu plus de blancheur ©MAP/EPA
Il existe deux types de papier journal: le standard marqué par une blancheur qui tend vers le gris et le papier amélioré caractérisé par un peu plus de blancheur ©MAP/EPA

 

Étiquettes