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Le départ d’Anthony Kennedy, une aubaine pour Trump

Fouad Arif

 


L’annonce du départ à la retraite du magistrat conservateur modéré, Anthony M. Kennedy, l’un des neuf sages de la Cour Suprême des États-Unis, offre au Président Donald J. Trump, une opportunité historique de façonner le sommet du pouvoir judiciaire US, ultime interprète de la Constitution et des intentions de ses rédacteurs, les pères fondateurs.
Avant le départ de Kennedy, la Haute juridiction comptait 5 membres conservateurs et 4 libéraux de gauche, bien que le magistrat sortant était considéré comme un “swing vote”, autrement dit un électron libre qui pouvait aussi bien voter en faveur de la cessation du recomptage des bulletins de vote dans l’État de Floride, donnant ainsi la victoire à George W. Bush en 2000, ou encore en faveur de la protection du droit à l’avortement.
Quoi qu’il arrive à la présidence de Donald Trump, il aura avec le départ de Kennedy, l’occasion de nommer un deuxième magistrat, qui sera, à ne pas douter, sélectionné parmi un pool de juges ultra-conservateurs, jeunes de surcroît dans le but d’influencer la SCOTUS (acronyme donné à la Cour suprême US) sur le long terme.
Le Président Trump veillera ainsi à cimenter un bloc résolument conservateur, qui impactera durablement la vie américaine bien après le départ de l’actuel chef de l’exécutif. Seront remises en cause, au grand dam des libéraux de gauche, les questions de l’environnement, de l’avortement, l’institution du mariage, et les droits civiques.
“Il s’agit là d’une deuxième opportunité offerte au Président Trump pour réaliser sa plus importante promesse électorale, à savoir nommer des magistrats à la haute cour qui seraient fidèle à l’esprit et à la lettre de la constitution, de manière juste, impartiale et équitable”, a déclaré au New York Times, Carrie Severino de l’ONG Judicial Crisis Network, qui milite pour la confirmation de la nomination des magistrats conservateurs.
La récente nomination de Neil Gorsuch a été “un exemple de cette dynamique et c’est pour cette raison d’ailleurs que le peuple américain avait choisi d’élire Donald Trump, en premier lieu”, note-t-elle.
La gauche libérale et le parti démocrate, conscients de l’effet mobilisateur pour l’électorat de droite de la nomination d’un magistrat conservateur à la SCOTUS, montent au créneau pour souligner qu’une telle perspective “aura pour conséquence de favoriser les riches, les puissants, et les groupes extrémistes au détriment des autres franges de la société américaine, qui passe par un niveau de polarisation sans précédent de son histoire”.
Donald Trump, qui surfe sur ce concours de circonstances plus que favorable, entend utiliser sans pusillanimité aucune ce capital politique pour être à ce rendez-vous décisif avec l’histoire qu’il n’entend pas rater.