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Le Maroc à la Coupe du monde 2018: Les regrets d’une équipe flamboyante

Par Khalid Abouchoukri
Le Maroc à la Coupe du monde 2018: Les regrets d’une équipe flamboyante ©MAP
Le Maroc à la Coupe du monde 2018: Les regrets d’une équipe flamboyante ©MAP
En plus de l’Espagne, le Portugal et l’Iran, l’équipe nationale a dû affronter la “malchance” et surtout la nouvelle technique d’arbitrage la “VAR” lors du Mondial. Retour sur une participation honorable des Lions de l’Atlas.

Censée aider à plus de justice et à trancher dans des actions controverses, la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) se révéla être “le principal personnage” du Mondial de Russie pour “tracer” les voies de passage aux grandes écuries dont la hiérarchie a été ébranlée par la révolution footballistique des “petits poucets”.
Au lieu d’atténuer les contestations, sa non-utilisation a, plutôt, généralisé un “peu plus l’embrouillement et cultivé une injustice”, comme l’ont encore révélé les matchs des Lions de l’Atlas, victimes de la “cécité” de cette technologie et des dix arbitres sur l’aire de jeu et dans la salle de vidéo qui n’ont rien “vu” pour cause “d’interférences” ou de “brouillage” ou encore que pour “sanctionner” ces “intrépides”.

Les Portugais, premiers bénéficiaires de la VAR

Nordin Amrabat, une leçon de patriotisme ©MAP
Nordin Amrabat, une leçon de patriotisme ©MAP

La “révolte” a été lancée face aux stars galactiques du ballon rond et deux des favoris au sacre final, le Portugal et l’Espagne. La rage libérée après la mauvaise passe face à l’Iran, le caractère du Onze marocain a, à lui seul, suffi pour se remettre en pleine confiance et en totale possession de ses moyens, de hausser son niveau de jeu et de briller de mille feux notamment dans la ville du penseur des “Lumières allemandes” lors de l’opposition Maroc-Espagne.
Les portugais, champions d’Europe, ont été les premiers à “bénéficier” des erreurs d’arbitrage pour l’emporter sur une monumentale faute sur un défenseur marocain suite à un corner que même le profane a vue et des largesses de perte des capacités visuelles “partielles” tant pour le referee que pour “l’œil” vigilant de la VAR sur, au moins, trois penaltys.
Et ironie du sort ou coïncidence “préméditée”, c’est sur un corner “irrégulier” devant être obligatoirement rejoué que les espoirs de victoire des Marocains ont volé en éclats, que les Espagnols ont arraché, in extremis et dans la douleur, le partage des points validé “subitement” par la VAR, qui a recouvré sa “productivité”.


Mais l’irrégularité se situe quelques secondes en amont. Une énorme et inédite erreur d’arbitrage puisque le coup de pied de coin du but égalisateur a été tiré du mauvais côté d’où la balle est sortie et ce, contrairement au règlement de la FIFA stipulant que le “ballon doit être positionné dans la surface de coin la plus proche de l’endroit où le ballon a franchi la ligne de but”.
D’ailleurs, l’arbitre a même indiqué avec son bras le côté droit de la cage d’El Kajoui pour la remise en jeu, là où s’étaient justement positionnés les défenseurs marocains, pour le laisser jouer du côté opposé. Et même dans ce cas de figure, où finalement il n’y avait pas d’hors jeu, il a fait fi du protocole d’application de la VAR car il était tout simplement en droit de demander à examiner “la phase d’attaque” ayant mené au but salvateur pour les ibériques.
A Kaliningrad, la ville du fondateur du criticisme Emmanuel Kant, les Marocains ont ainsi osé “critiquer”, remettre en question le “réalisme” de l’hégémonie footballistique du champion du monde (version 2010) mais c’était sans compter sur le coup de pouce de cette technologie que des millions de marocains et des dizaines de millions de toqués du football de par le monde considèrent, désormais, comme “discriminatoire”, taillée à la tête du
client.

Les Lions de l’Atlas ont quitté le Mondial la tête haute suite à une prestation digne des grandes nations de foot ©MAP
Les Lions de l’Atlas ont quitté le Mondial la tête haute suite à une prestation digne des grandes nations de foot ©MAP


Le cumul de l’injustice d’arbitrage envers les Marocains n’a ainsi pas manqué et a été, de surcroît, flagrant. Cependant, les Lions de l’Atlas, qui ont mis sur “scène” deux des meilleures prestations du Mondial et l’une des citations de Kant “le sublime touche, le beau charme”, ont, certes, été éliminés pour avoir mal négocié l’ouverture du feu d’artifice face à l’Iran par “manque d’expérience après une abstinence de 20 ans. Il faut payer pour la progression”, dixit Hervé Renard.

La VAR a eu le dernier mot

Et c’est la VAR, déterminant dans le dénouement de ce groupe relevé (B) en faveur des sélections locataires des étages supérieurs, qui leur a porté l’estocade et non point les rivaux face auxquels ils n’ont jamais été inférieurs. Loin delà.
L’environnement autour du Onze national n’a pas, non plus, été des meilleurs ni n’a “aidé” les coéquipiers de Benatia.
Mais grâce à leur mental de battant avec, en plus, du spectacle, du punch, de la création et de l’embellie au fil des matchs, ils ont bravé les risques pour le bonheur de tous les marocains en rendant fiers, en guise de remerciements, ceux, par milliers, ayant fait le long déplacement de Russie.

Une génération prometteuse

“Le bonheur est un idéal de l’imagination et non de la raison”, des forces en présence, ont-ils ainsi signifié comme pour reprendre une autre citation de Kant.
Après la défaite à la première sortie en prenant “un but sans concéder d’occasion”, la nouvelle crue pleine d’avenir des Lions de l’Atlas s’est transcendée pour “montrer, avec cœur”, sa vraie valeur.
Et Benatia de jouer pleinement son rôle de capitaine en prenant, sans détours, la défense de tout l’effectif, dénonçant, sans les nommer, des personnes “proches de l’équipe” qui leur ont “tourné le dos” et taclant en bon défenseur, l’un des meilleurs d’Europe, ceux ayant pensé que les joueurs “sont devenus des enfants gâtés depuis la qualification et ne méritaient pas d’être en Russie”.
Face au Portugal, où seul manquait un but, et à l’Espagne, qui a été lessivée pour finalement égaliser dans les conditions précitées, les Lions de l’Atlas, une “génération avec beaucoup de cœur”, ont eu les crocs féroces, ont montré “à ces guignols de quoi on était capable”, a-t-il martelé crûment.

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