Les plages, foyers de contamination ?

Par Yassine Chaoui
Le risque de contamination est banalisé sur les plages ©MAP
Le risque de contamination est banalisé sur les plages ©MAP
Après plus de trois mois de fermeture, les plages marocaines ont
finalement commencé à accueillir les estivants. Toutefois, ce moment
de plaisir tant attendu pourrait bien se transformer en désastre en
raison du non respect des mesures de prévention.

APRÈS L'ALLÉGEMENT DES MESURES de confinement, des plages du Royaume sont désormais autorisées à accueillir les citoyens qui sont toutefois appelés à respecter les mesures de protection essentielles, notamment le port de masques et la distanciation sociale.

Bien que les autorités marocaines appellent à la nécessité du respect permanent des mesures préventives, il semble que la menace d’attraper le virus n’a pas suffi à décourager les estivants qui ont carrément foulé au pied ces mesures de prévention comme si la crise est bien finie!

Depuis le 25 juin dernier, un bon nombre de plages atlantiques et méditerranéennes du Royaume connaissent une affluence record surtout en fin de semaine. Sur ces plages bondées, le non respect des règles de distanciation est la première chose à constater. Sur le littoral, l’afflux des férus de la mer se conjugue avec l’augmentation du risque de contamination, une inquiétude pour beaucoup de gens qui se demandent si l'on peut attraper le coronavirus en se baignant ? 

Le risque de contamination est banalisé sur les plages

Ça y est, c’est finalement l’été! les côtes marocaines ont fait le plein de parasols et serviettes. Les estivants se croisent de nouveau par milliers sur les voies menant à la plage. Rien, ni personne ne nous empêchera de profiter d’un moment de détente au bord de la mer, pas même le nouveau coronavirus.

“Après trois mois de confinement, nous retrouvons finalement la plage! c’est un moyen, pour nous d'évacuer le stress que nous vivons au quotidien!”, dit une famille approchée par BAB, notant qu’“il est, toutefois, nécessaire de respecter les gestes barrières pour ne pas mettre en danger nos vies et celles des autres”. Bien qu’un certain nombre de personnes font le nécessaire pour se protéger du coronavirus, d’autres n’ont malheureusement pas l’air d’être soucieux du risque de contamination.

C’est le cas pour une foule de jeunes hommes pratiquant du foot sur sable. Agglutinés pour la plupart du temps, ces estivants banalisent totalement la pandémie. “Je ne pense pas qu’il y a un risque de contamination sur la plage!”, dit l’un d’eux avec un ton sarcastique, estimant que “la chaleur étouffante et l’eau de la mer éliminent totalement tout risque d’attraper le virus!”. Alors que la Covid-19 circule toujours sur le territoire national, une question se pose pour de nombreux estivants: quel risque encourt-on sur les plages?

Interrogé par BAB sur le risque de contamination dans les eaux de la mer, l’épidémiologiste et spécialiste en maladies infectieuses, Jaâfar Heikel a affirmé qu'aucune preuve scientifique de survie ou de maintien de la Covid-19 dans les eaux de la mer n’existe actuellement. “Les micro-gouttelettes et les contacts directs avec une personne atteinte du virus demeurent les voies de contamination privilégiées du nouveau coronavirus”, a souligné M. Heikel, également professeur en médecine préventive.

Le premier mode de transmission du coronavirus mis en évidence est celui des postillons, des gouttelettes de salive expulsées par une personne infectée quand elle tousse ou éternue, a-t-il ajouté.

“Il ne faut pas que les gens aient peur d’aller se baigner! Ce qui est important c’est le port du masque, la distanciation sociale, le lavage fréquent des mains au savon ou au gel hydroalcoolique et la désinfection régulière des surfaces touchées”, a-t-il martelé. Soulignant le climat chaud du Royaume, le spécialiste en épidémiologie a relevé que la hausse des températures ne contribue pas à ralentir la propagation de la Covid-19.

“Nous savons que les microbes et les bactéries sont tués à partir de 65°, ce qui est une température extrêmement élevée”, a-t-il précisé, soulignant, dans ce sillage, que la saison chaude ne diminue pas le risque.Evoquant par ailleurs la situation épidémiologique au Maroc, l’expert a fait observer que d’un point de vue des indicateurs “R0, létalité et gravité des cas”, la situation est “stable”.

“La recrudescence des cas de contamination s’explique par deux éléments importants, à savoir l’augmentation des tests et le dépistage tardif des cas”, a-t-il poursuivi.

Entre retour à la normale et protection de la population, l’équilibre est assez difficile à trouver cet été!