Les vents ne soufflent plus en faveur des séparatistes

Par Mohamed Touzani
Depuis plus de quatre décennies, le calvaire des populations de Tindouf en Algérie se poursuit ©MAP/EPA
Depuis plus de quatre décennies, le calvaire des populations de Tindouf en Algérie se poursuit ©MAP/EPA
Délaissé par ses soutiens traditionnels à travers le monde, le polisario ne sait plus à quel saint se vouer. De l'Afrique à l'Amérique latine, les séparatistes assistent impuissants à un flot de retraits de la reconnaissance de la pseudo “Rasd”. Et la situation chaotique en Algérie est le coup fatal qui va accélérer le naufrage du navire séparatiste.

Soutien plus marqué de l’ONU et de l’Union européenne à la position marocaine sur le Sahara, retraits en cascades de la reconnaissance de la “RASD” et vent de changement en Algérie: Le projet séparatiste vit des moments difficiles qui hypothèquent sérieusement sa survie.
La donne a en effet complètement changé depuis que le Maroc a mis sur la table en 2007 son offre de large autonomie pour les provinces du Sud, comme alternative crédible et réaliste pour résoudre ce conflit régional.
Depuis, les séparatistes assistent impuissants à un déferlement d’événements inquiétants pour la pérennité de leurs illusions puisque leurs forteresses traditionnelles commencent à tomber les unes après les autres et leurs soutiens s’écroulent comme un château de cartes.

Des défections en cascade

Après l’Afrique, où seule une poignée d’Etats embarqués dans cette mésaventure continue de ramer à contre-courant, ce sont les nouveaux dirigeants démocratiquement élus d'Amérique qui rompent avec l’imposture de leurs prédécesseurs en opérant un rééquilibrage de leurs relations diplomatiques avec le Maroc et le monde arabe.
Ainsi, en moins d’une semaine, deux nations, le Salvador et la Barbade, ont coupé les amarres avec la République “virtuelle”, comme l’a si bien relevé le président du Salvador, Nayib Bukele, en officialisant le retrait de la reconnaissance de la “RASD”.
Par cette démarche qui dénote un grand sens de l'État, ces deux pays ont rejoint une longue liste de nations d’Amérique Latine et des Caraïbes qui ont lâché le “Polisario” ces dernières années et réévalué leurs positions sur la question du Sahara, ou celles n’ayant jamais succombé aux sirènes du séparatisme, porteur de gros risques pour la stabilité et la paix dans le monde.
A ce répertoire s’ajoutent les nombreux pays africains, asiatiques et européens qui soutiennent les efforts déployés par l’ONU pour trouver une issue politique négociée à ce conflit sur la base de l’autonomie comme offre sérieuse et crédible garantissant de larges prérogatives aux populations du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Et au rythme actuel des défections dans les rangs des soutiens du “Polisario”, l’Algérie risque de se retrouver, dans un avenir très proche, esseulée dans son obsession à maintenir à flot un projet pourtant condamné à la disparition.

Sale temps pour le polisario

Et puisqu’un malheur ne vient jamais seul, la résolution 2468 sur le Sahara, adoptée fin avril par le Conseil de sécurité des Nations unies, est venue planter un autre clou dans le cercueil des séparatistes en précisant les contours et les paramètres du règlement, lesquels rejoignent la position marocaine.
Ainsi, la résolution insiste sur une solution “politique, réaliste, pragmatique et durable, basée sur le compromis” en ignorant de manière ostensible les thèses chères aux autres parties comme le “référendum” et “l’indépendance”. Autre fait majeur: Pour la première fois depuis 1975, le Conseil de sécurité mentionne cinq fois l’Algérie dans cette résolution et reconnaît, de ce fait, qu’une implication forte, continue et constructive de ce pays est nécessaire pour mettre un terme à ce différend régional qui n’a que trop duré.
Cette résolution marque de la sorte une évolution significative dans le traitement de ce conflit artificiel par la communauté internationale et consolide les acquis engrangés ces dernières années par une diplomatie marocaine revigorée sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI. L’UE a emboîté le pas à l’ONU en exprimant un soutien net et plus marqué à la position du Maroc sur ce dossier.
A l’occasion d’une 14ème session historique du Conseil d’Association Maroc-UE, Bruxelles a souligné qu’elle “prend note positivement des efforts sérieux et crédibles du Maroc” pour tourner la page de ce différend.
Dans la “Déclaration politique conjointe” adoptée à l’issue de cette réunion, le Maroc et l’UE réaffirment également leur appui à la mission du Secrétaire général de l’ONU “pour poursuivre le processus politique visant à parvenir à une solution politique juste, réaliste, pragmatique, durable et mutuellement acceptable” à la question du Sahara, “qui repose sur le compromis” en conformité avec les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le Polisario livré à lui même

Loin des coulisses de la diplomatie, les séparatistes scrutent aussi avec une grande appréhension l’évolution de la situation interne en Algérie où des milliers de manifestants descendent dans la rue chaque vendredi, depuis plusieurs semaines, pour réclamer de vraies réformes et un changement de régime, celui-là même qui a créé le “Polisario” pour imposer une guerre d’usure au Maroc, au mépris des règles d’amitié et de bon voisinage entre les deux pays et les deux peuples frères. La conjonction de ces événements laisse présager un sombre avenir pour le “Polisario” qui plus est, ne peut plus compter sur la générosité de son sponsor, en ces temps de vaches maigres, pour mener des opérations séduction à travers les cinq continents.

La délégation marocaine à la deuxième table ronde sur la question du Sahara marocain, organisée en mars 2019 à Genève ©MAP
La délégation marocaine à la deuxième table ronde sur la question du Sahara marocain, organisée en mars 2019 à Genève ©MAP

 

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