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‘‘Madrid musulman, l’histoire récupérée’’

Par Mohamed Taoufik Ennassiri
Le musée de San Isidro compte une salle entière dédiée à l’archéologie arabe ©DR
Le musée de San Isidro compte une salle entière dédiée à l’archéologie arabe ©DR
Madrid est la seule capitale européenne fondée par les musulmans. Cette histoire reste méconnue par les touristes et même par de nombreux madrilènes. Pour y remédier, la mairie de Madrid a décidé de mettre en valeur les origines arabes de la ville.

Madrid, La présence arabo-musulmane dans la péninsule ibérique, qui est une source incontestable de diversité, de richesse et d’échanges, a légué aussi à l’Espagne contemporaine des monuments et des vestiges, surtout en Andalousie (Sud), qui témoignent de la grandeur de cette époque.
Si les monuments d’Al Andalus situés dans des villes comme Séville et Grenade (Sud) sont connus partout dans le monde, ceux de Madrid le sont beaucoup moins, même si cette ville espagnole est la seule capitale européenne fondée par les musulmans.

Aux origines de la capitale espagnole
En effet, le nom de Madrid a pour origine le mot arabe Mayrit, qui veut dire petits cours d’eau en arabe classique. Fondée à la moitié du 9ème siècle par l’émir Omeyyade Muhammad 1er comme une base militaire, la ville est restée sous domination musulmane pendant
deux siècles.
Nonobstant, cette étape de la vie de Madrid est méconnue par les touristes et même par de nombreux madrilènes qui ignorent  que leur ville a été, à une certaine époque de l’histoire, l’une des forteresses d’Al Andalus.
Pour remédier à cette situation, la mairie de Madrid a édité récemment un guide ayant pour objet d’informer sur ces deux siècles durant lesquelles la capitale faisait partie d’Al Andalus et de mettre en valeur ses origines arabes.

Une partie de la muraille arabe du parc de l’émir Muhammad 1er qui date du 9ème siècles ©DR
Une partie de la muraille arabe du parc de l’émir Muhammad 1er qui date du 9ème siècles ©DR

Récupérer l’histoire
“Madrid islámico: La historia recuperada” (Madrid musulman: L’histoire récupérée)est l’intitulé de ce livre édité par la mairie de Madrid, en collaboration avec le Centre des études sur le Madrid musulman (CEMI).
Même si peu de vestiges de la période d’Al Andalus ont été épargnés à Madrid, les responsables de la mairie ont voulu faire la lumière sur cet héritage et cette partie de l’histoire ancienne de la ville, jusqu’à présent peu connue et surtout peu dévoilée pour des raisons subjectives.
Parmi les ruines rappelant cette période, figurent une partie de la muraille arabe du parc de l’émir Muhammad 1er, ainsi qu’une portion d’une autre muraille arabe située désormais sous un édifice d’une rue du centre de la capitale, une tour de guet arabe du 10ème siècle située aujourd’hui dans un parking public souterrain de la place Oriente ou un silo de l’époque arabo musulmane dans la place de Ramales.

Les vestiges de Mayrit, un aperçu de l’âge d’or arabo-musulman en Espagne
Plusieurs monuments arabes de Madrid qui ont disparu sont aussi mentionnés dans le guide, ainsi que les objets utilisés lors de cette époque, dont une grande panoplie est exposée au musée de San Isidro qui compte désormais une salle entière dédiée à l’archéologie arabe.
Plusieurs objets et vestiges archéologiques de l’époque d’Al Andalus, découverts lors d’excavations pour des projets urbanistiques au cœur de Madrid ou de fouilles archéologiques, sont ainsi exposés dans ce musée.
Ces vestiges permettent aux visiteurs d’imaginer comment était la vie sociale, économique et politique à Mayrit.
Le guide édité par la marie de Madrid reprend, en outre, des histoires liées au passé arabo-musulman de la ville et fait référence à plusieurs mot et expressions espagnols d’origine arabe utilisés jusqu’à aujourd’hui.
L’initiative de la mairie de Madrid de publier ce livre vient ainsi confirmer l’existence dans l’actuelle capitale espagnole de vestiges de l’âge d’or arabo-musulman en Espagne, évoqués dans certains livres d’histoire.
Elle témoigne aussi de l’originalité de cette époque de l’histoire de la ville qui avait réussi, à l’instar d’autres régions d’Al Andalus, à rassembler les trois grands monothéismes dans une harmonie quasiment parfaite jamais vue auparavant.

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