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Marché de poisson à Tema (Grand Accra):

Par Malika Mojahid
Marché de poisson à Tema (Grand Accra): La pêche aux hommes, la vente aux femmes ©MAP
Marché de poisson à Tema (Grand Accra): La pêche aux hommes, la vente aux femmes ©MAP
Au marché de poisson à Tema, dans la région du Grand Accra, les vendeuses s’activent chaque beau matin pour réaliser autant de profits que leurs besoins familiaux l’exigent. Ce que les hommes se procurent la veille, les femmes le vendent tôt le matin.

Dès les premières lueurs du jour, toute une ruche de Ghanéennes s’active à bras-le-corps, dans la région du Grand Accra, pour étaler leurs lots de poissons, dans le but d’engranger des entrées leur permettant de joindre les deux bouts du mois et subvenir aux besoins de leurs familles aussi bien modestes que nombreuses.
Ces femmes vendeuses de poisson défient et bradent le sommeil et la canicule pour pouvoir affronter les adversités d’une vie dure qui ne leur a guère facilité l’existence en les acculant, bon gré mal gré, à se convertir désormais en chef de famille et femme au foyer.
Vers 7 heures du matin, le marché de poisson à Tema dans la région du Grand Accra, vit au rythme d’une ruée de femmes en masses, munies de caisses ou de petits frigos portatifs de poissons de toutes sortes en vue de les écouler sur cette plate-forme où d’ores et déjà une clientèle est à l’affût et à “sa faim”.
Dès son arrivée, Florence, la trentaine, s’adonne, sans tarder, au nettoyage méticuleux du sac en plastique sur lequel elle devait étaler sa marchandise. La manière est méthodique, une fois le sac est propre, elle ouvre la caisse de poissons congelés.
De loin, la fraîcheur des poissons de tout genre éblouit la vue. Entre sardinelles, sole, grouper fish, crevettes et calamars, l’acheteur n’a que l’embarras du choix, tant que l’offre est alléchante, largement diversifiée et répond à tous les goûts et en corrélation avec pratiquement l’ensemble des bourses.
Assise juste derrière, Gifty monte l’appareil avec lequel elle moud les poissons.
La jeune fille, tel un mécanicien, insère, tourne et visse avec dextérité l’outil. A quelques encablures près, Glades, quant-à-elle, n’aura besoin que d’un couteau et d’un petit pilon pour accomplir sa besogne d’écailleuse.
Pagne fortement noué, le foulard soigneusement fixé sur la tête et le visage empreint d’un aspect “sérieux” qui force le respect, Maaroufa quitte son foyer vers 4 heures du matin.

La répartition des tâches entre les travailleuses est bien ficelée pour une meilleure efficacité ©MAP
La répartition des tâches entre les travailleuses est bien ficelée pour une meilleure efficacité ©MAP

Très tôt le matin, ou rien...

“Très tôt le matin, mon époux et moi, nous quittons la maison. Lui se rend au port de Tema et moi je prends la destination du marché de poissons. Cela nous permet d’arrondir les fins de mois et entretenir notre famille en toute dignité”, confie-t-elle à
la MAP.
“Si je ne suis pas là au plus tard à 5 heures, c’est pratiquement une journée foutue. Je n’arriverai pas à écouler la quantité de poissons que mon époux s’est procurée du port”, explique-t-elle.
Au fil des heures, les clients se ruent en masse pour tirer profit de la fraîcheur et de la qualité du poisson avec un prix abordable et à leur portée.
Des ressortissants de diverses nationalités viennent s’approvisionner en poisson frais, portant pratiquement tous des glacières afin d’éviter que la marchandise ne pourrisse sous l’effet de la
chaleur.
“On vient d’Accra chaque semaine afin d’acheter du poisson frais, vu que les prix y sont très compétitifs et la qualité est meilleure par rapport aux supermarchés”, a déclaré à la MAP une cliente assidue de ce marché.
En outre, pas loin, des femmes se rassemblent autour d’une table où est étalé du poisson fraîchement livré et retroussent leurs manches, dans le but d’entamer l’opération de séchage du poisson.
“Tout doit être parfaitement propre. D’abord, On nettoie les tables et les couteaux, puis on coupe le poisson sous forme de filet pour ensuite y mettre dessus une bonne quantité de sel”, explique
Regina.
La plupart des poissons séchés au soleil sont consommés par les personnes élisant domicile dans des camps, leur prodiguant ainsi des valeurs nutritionnelles inestimables.
Six mois après son exposition aux rayons du soleil, ces ressources halieutiques peuvent désormais être consommées sans pour autant avoir recours aux “bienfaits” du congélateur… Bref, une nourriture, dont la longévité de consommation reste pratiquement intacte.

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