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Marrakech, la ville espoir pour plus de 250 millions de migrants

Mohammed Rida Braim


On lui a donné le nom de “Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières” et il a été adopté formellement à Marrakech, c’est-à-dire dans l’hospitalité, la chaleur humaine et la sécurité. Trois valeurs dont ont besoin justement les migrants à travers le monde (plus de 250 millions selon l’ONU). Et ce ne sont certainement pas les milliers de migrants qui ont choisi de s’installer au Maroc, ou ceux qui en font un point de passage, qui diront le contraire.
Le choix donc de la ville ocre, et du Maroc en général, pour abriter cette adoption historique, pleine d’espoir et de promesses, n’est pas fortuit. Le Royaume reste le pays indiqué pour ce genre de rencontres aux dimensions planétaires.
L’expérience qu’il a accumulée au fil des années dans ce domaine n’est plus à démontrer. Il n’y a qu’à voir du côté des réussites attestées des nombreux rendez-vous, sanctionnés par des décisions importantes de nature à façonner l’avenir de la planète.
Le monde n’est pas prêt à oublier les mesures cruciales qui ont été décidées à Marrakech à l’occasion du 2è Forum mondial des droits de l’Homme, de même que les recommandations combien capitales de la COP22, le sommet du climat.
L’Afrique, pour sa part, se rappellera pour toujours du 8ème Sommet Africités, qui a retenu l’attention de tout un Continent et avec lui le monde entier, cinq jours durant dans la ville ocre. Encore une fois, les noms du Maroc et de sa ville hospitalière sont désormais associés à un événement majeur, qui a traité pour la première fois dans l’histoire des Nations-Unies une question aussi complexe que la migration, dans sa globalité et avec beaucoup de profondeur et d’engagement.
Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, tel qu’il a été adopté à Marrakech, c’est 10 ambitions communes, 23 objectifs et près de 200 mesures, fruits d’âpres discussions étalées sur deux ans au sein de l’Assemblée générale de l’ONU.
Bien que ce Pacte ait cristallisé les tensions dans de nombreux pays, dont certains ont boycotté Marrakech, il reste un document décisif accepté par plus de 150 pays à travers le monde, qui se sont engagés à traduire dans les faits ses objectifs, dans le respect des souverainetés nationales.
Justement, cette question de la souveraineté des pays engagés dans la gestion des flux migratoires a été plus particulièrement soulignée lors de la Conférence sur la migration. Le Pacte n’a nullement l’ambition d’imposer des mesures aux pays adhérents.
Le Pacte mondial pour la migration vient ainsi marquer le début d’un long processus qui fait de cette Conférence “un appel à l’action”, pour humaniser un phénomène qui ne peut être jugulé par la seule approche sécuritaire.
Il s’agit en fait d’un phénomène naturel que de se déplacer des zones moins nanties vers d’autres plus prospères. L’histoire de l’humanité peut en témoigner. Il faudra donc le gérer avec intelligence loin des tractations politiques et des considérations mercantiles ou xénophobes.
“Les pays du Nord ont besoin des migrants” c’est la réalité qu’il faut voir en face. Le SG de l’ONU l’a si bien souligné lors de la Conférence de Marrakech. Il a même avancé des statistiques qui viennent confirmer que la migration profite plus aux pays d’accueil.
Les transferts des migrants, environ 650 milliards de dollars, représentent trois fois l’aide publique au développement, sauf que 85% de ce montant est dépensé dans les pays d’accueil eux-mêmes. Le problème est aussi économique.