Métro moscovite: un voyage dans le temps

Par Issam El Greni
Le métro moscovite  est une pièce d'art qui allie beauté et ergonomie ©MAP/EPA
Le métro moscovite est une pièce d'art qui allie beauté et ergonomie ©MAP/EPA
Prendre le métro moscovite, c’est voyager dans le temps et l’espace. Conçues comme des galeries de musée, les stations plongent les passagers dans la grandeur de l’époque soviétique. D’autres à la pointe de la technologie présentent le visage d’un pays tourné vers l’avenir.

Doté d’une longueur impressionnante de 360 kilomètres et desservant 212 stations éparpillées sur 15 lignes qui couvrent toute la capitale, le métro moscovite transporte chaque jour environ 6,25 millions de passagers, ce qui en fait le métro le plus fréquenté d’Europe.
Peu de capitales mondiales peuvent se targuer d'avoir un réseau de stations de métro digne des  grands musées, alliant beauté et efficacité.
Moscou, elle, renferme toutes ces qualités tout en distillant une association esthétique mêlant préservation d’un patrimoine culturel riche et designs architecturaux modernes.
Tous ces éléments font de chaque station du métro moscovite une pièce d'art unique, un chef-d'oeuvre de beauté et de raffinement. Inaugurées en 1935 à l'époque du leader soviétique Joseph Staline, les premières stations du métro moscovite avaient pour vocation de renfermer des pans de l’histoire soviétique et de représenter des “palais du peuple”, et force est de constater que 84 ans plus tard, cette beauté interpelle encore, entre une omniprésence de marbre, d’escalators géants, de chandeliers et de statues, le visiteur qui se croirait dans une galerie de musée. La station “Mayakovskaya”, à titre d’exemple, a un plafond divisé en 36 coupoles ornées de mosaïques représentant une “Journée dans le pays des soviets”, tandis que la station Ploshad Revolutsii, renferme depuis 1938 des dizaines de sculptures en bronze, représentant divers personnages russes, que les voyageurs touchent affectueusement à chaque passage.
Ayant servi comme abris contre les bombes durant la Seconde guerre mondiale car construites à des profondeurs dépassant les 100 mètres, les stations de métro de Moscou ont fait partie de la vie des moscovites durant des décennies et représentent un  motif de fierté.

Plus qu'un métro, une vitrine du patrimoine et de la culture russes ©MAP/EPA
Plus qu'un métro, une vitrine du patrimoine et de la culture russes ©MAP/EPA

Les nouvelles stations, joyaux technologiques intemporels

Les nouvelles stations inaugurées depuis 2018 annoncent une rupture avec ce style historique et faste, en adoptant une approche plus fonctionnelle, au design moderne et à l’architecture futuriste, cette tendance devrait se confirmer au fil des inaugurations prévues jusqu’à 2027.
Le projet le plus marquant de ce mouvement est sans conteste celui de la grande ligne circulaire de près de 70 kilomètres de long qui comprendra pas moins de 31 stations, dont le premier tronçon a été inauguré en 2018 et qui devrait entièrement entrer en service en 2023. Les travaux de construction de ces stations ont été confiés à différents architectes qui rivalisent d’idées pour épater les moscovites.
Les architectes en charge de ces nouvelles stations sont tous unanimes à noter que leurs oeuvres doivent porter un message, parler aux voyageurs et illustrer des valeurs du quotidien, comme la station “Stromynka” qui affichera des décorations en rouge et blanc, évoquant les nouvelles technologies, ou la station “Rjevskaia” qui sera ornée d'une large horloge numérique.
Anastasia, une fonctionnaire, a affirmé dans une déclaration à BAB magazine que le métro de Moscou est une véritable pièce d’art unique dans le monde, dotée d’une architecture qui “reflète la grandeur et la beauté de l’ère soviétique”, soulignant qu’“avec la vitesse à laquelle le monde change, il est normal que les nouvelles stations soient différentes et cela crée un contraste intéressant”.Le métro moscovite est en plein chantier avec le projet du nouveau diamètre central de la capitale (MSC), qui portera le nombre des stations de métro à 500 pour une longueur de 1000 kilomètres à l’horizon 2027.
Entre les défis d’extension, les efforts déployés pour préserver les stations “musées” de l’ère soviétique et la construction de nouvelles stations à l’ère du temps, le métro moscovite ne cesse de forcer l’admiration.

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