Mohamed Tijini, un cosmopolite assoiffé de ‘‘Lumières’’

Portrait chinois par Mohamed Aswab
Mohamed Aswab

Mohamed Tijini, célèbre animateur télé, puise, comme son nom l’indique, de la “voie tijane”, la voie des “Lumières”, de “l’accès à la connaissance”. Sauf que le directeur de la chaîne de télévision belgo-marocaine “Maghreb TV” et ex-animateur de l'émission de débat “Invité d'Al Oula” de la SNRT, n’est pas en “retraite spirituelle”, comme il ne fait pas l'apologie d’une religion ou d'une idéologie en particulier. Pour lui, tous les chemins sont bons du moment qu’ils indiquent les “Lumières”. Il est fasciné par l’Occident, son “Lieu saint”, envers lequel il nourrit une certaine jalousie discrète. “Pourquoi eux et pas nous?”, se dit-il. Et comme il vit dans une partie de cet Occident, la Belgique, et ne cesse de découvrir d’autres contrées tout aussi “développées”, il fait du mieux qu’il peut pour en partager l'expérience. C’est un “passeur” -pas dans le sens de l'immigration clandestine- qui tend la main envers ses semblables pour déconstruire les frontières de l'ignorance et transmettre les sens. Depuis la chute du mur de Berlin, il croit, dur comme fer, que “la liberté finit toujours par
 triompher”. Mohamed Tijini se ressource des “Lumières”, de la diversité qui fait ce monde, contre toute approche isolationniste ou communautariste. En guise de continent, il adore l’Europe, “pour sa
diversité multiculturelle transformée en atout”, pour “sa capacité d’accueil de millions de personnes d’origine étrangère”. Tout en s’attachant à ses origines, le Maroc, le pays qui a façonné son identité et sa personnalité, il s’inspire de New York, “une ville cosmopolite, multiculturelle et dynamique”. Il est un citoyen du monde, qui croit à la différence. Il refuse de se cantonner dans un pays, un continent, une croyance, une idéologie ou même une langue. Il aime l'anglais, “la langue qui fait le monde”.

Mohamed Tijini ©MAP
 Mohamed Tijini©MAP


Il veut tirer profit des expériences des autres, et s’autorise la posture de “donneur de leçon” parce qu’il est en continuelle recherche et apprentissage. Et comme il croit aux “Lumières”, il se revendique ennemi acharné des obscurantistes. Un homme, croit-il, n’a de valeur que par l’action qu’il mène pour tirer vers le haut sa société, abstraction faite de la croyance ou de l’apparence. Pour lui, il n'y a pas plus dangereux que “Les identités meurtrières” (Essai d'Amine Maâlouf, 1998). C'est un humaniste qui espère assister à une renaissance du monde d'où il est venu, l'Orient, en s'inspirant de celui qui l'a déjà réussi, l'Occident. S’il préfère, en guise d'écrivain, Taha Husseïn, c'est parce que ce dernier a révolutionné la littérature grâce à la science, pour son action de modernisation de l’enseignement supérieur et de dynamisation de la vie culturelle en Égypte.
Mohamed Tijini aime aussi les “Lumières”,  mais cette fois-ci dans le sens des feux des projecteurs. Animateur de shows, il se refuse les petits rôles. Il préfère le basketball, un sport qu'il a pratiqué dès sa jeunesse, mais lui, à la différence de ses “coéquipiers”, aime marquer au-delà de la ligne des trois points. Il se nourrit aussi de l'art du spectacle, lui qui a fait du théâtre à son jeune âge à l'école, “l'art de communiquer et d'interagir directement avec le public”. Et il s'identifie à Daniel Day-Lewis, acteur britannique reconnu pour l'intensité dramatique de ses compositions aussi marquantes que diverses. Une partie de Mohamed Tijini est ainsi décrite. Peut-être qu'il a fallu lui poser plus de questions !

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