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Muslim, un Bad Boy engagé

Portrait chinois Par Mohamed Aswab


Les apparences sont trompeuses, dit -on. Dans le cas de Mohammed El Hadi Mzouri, alias “Muslim”, elles sont à moitié révélatrices de la personnalité de ce rappeur. Ne croyez pas trop aux traits de caractère que dégagent les “regards du loup” de Muslim. Les réponses de Mohammed El Mzouri à BAB disent autre chose. En effet, notre interlocuteur cultive une dualité soigneusement dosée par un artiste engagé. Il est un peu de tout, au point de sombrer dans le paradoxe. Cet “un tout” nécessaire pour faire un monde. Il s'inspire du “pain nu”, ce récit autobiographique de Mohamed Choukr, tout en préférant comme plat les pavés de saumon grillés sauce blanche ! Il voue un amour particulier à l'été, saison de plein soleil, tout en préférant la couleur noire, sans trop s'attacher à ses significations communément admises. Il est fier de son appartenance à Tanger, sa ville natale, au Maroc, son ancrage et à l'Afrique, continent des ancêtres lointains, tout en vouant un amour à l'anglais, une langue universelle et  d'ouverture sur l'Autre.
Cet aspect dualiste se manifeste également dans les choix artistiques. Il a chanté chaleureusement et en différentes langues l'amour profonde de sa mère (“Mama” qui a fait plus de 73 millions de vues sur youtube), tout en affichant les traits d'un Bad Boy qui met au défi ses ennemis, ses détracteurs (“Ch3andek” sorti fin avril).