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Naïm Kamal: le curieux, le comique  et le réaliste

Portrait chinois Par Mohamed Aswab

 


Parmi les personnalités qui sont passées par le “Profiling” du “portrait chinois”, Naïm Kamal, directeur de publication du site d'information “Quid.ma” est un profil à part! Tellement ses réponses sont décontractées et porteuses de significations profondes, elles prennent le dessus. L'analyse habituelle des propos cède la place à de petites introductions qui ne servent qu'à mieux orienter plutôt qu'à interpréter. 

Bien qu'ayant le regard vif et la plume acérée, Naïm Kamal, un journaliste de renom, ne se prend pas très au sérieux. Il n’y a qu’à voir ses réponses: Interrogé sur son pays préféré, Naïm répond: “C’est comme si vous disiez si je dois choisir un père ou une mère. Bien sûr on peut renier ses parents, on devient alors un Maskhout (fils maudit), comme on peut renier son pays, on est alors un renégat. J’ai le faible de prétendre que je suis ni l’un ni l’autre. Donc le Maroc !”.  Pour ce qui est des écrivains: “Je pourrais dire tous les écrivains, ceux que j’ai lus et ceux que etc. Mais s’il faut absolument choisir, j’hésiterai entre Amine Maalouf et San Antonio. Aller va pour San Antonio… ou plutôt Amin Maalouf”. 

Naïm a le sens de la théâtralité, le sens de l’humour. Il est capable de créer l’effet de surprise et a le sens de la mise en scène. Il aurait même les traits d’un comédien, mais son authenticité l’empêche de jouer un rôle !

En guise d'instrument musical, il cite “le violon ou le violoncelle ou peut-être la contrebasse”. 

Des instruments de la même famille qui ont tous en commun d'avoir des manches sans frette autorisant des mélodies purement occidentales qu'orientales grâce au quart de ton. Bien qu'ancre dans ses notes graves, il vacille entre le registre dramatique et les notes enjouées et dandinantes, entre la réalité et le recul, entre la gravité de la réalité et le trait d'humour. 

Cet esprit léger est peut-être dû au recul que Naïm a par rapport aux faits, lui le journaliste.

C’est peut-être la longue expérience qu’il a cumulée et la grande culture qu’il a. En parlant de journalisme, le métier, Naïm Kamal est très curieux. Sa vocation ne l'a pas trahi. Il ne s'intéresse pas qu'aux informations auxquelles tout le monde pourrait accéder, mais va encore plus loin. Il scrute l'accès à l'inaccessible. Gourmand de lectures et de découvertes, il évoque l'immensité et les mystères de l'océan. Il évoque le prophète Sidna Mohammed, en exprimant son “envie de vérifier qu’il a vraiment effectué le voyage d’al-Isr’a wa Al-Miaaraj, ou alors Sidna Moussa (Moïse), je veux voir la mer rouge s’ouvrir et engloutir les mécréants et vérifier si l’exode des juifs correspond à ce qu’en disent les juifs”. 

Il remonte vers “l’avènement de l’Islam, histoire de vérifier si tout ce qu’on nous dit est vrai”. Taquin et esprit espiègle, Naïm a ce recul parce que c’est aussi quelqu’un de réaliste, qui regarde la réalité en face. Il aimerait bien vivre éternellement mais il sait que tout a une fin... 

 

Naïm Kamal

Il a envie de lire “tous les livres, ceux que j’ai lus, ceux que je n’ai pas encore lus, et ceux que je ne lirai jamais, parce qu'à mon grand regret, c’est impossible”. En parlant de sa/ses langue(s) préférée(s), il dit: “L’arabe par maternité, le français par nécessité, mais si je pouvais remonter le temps ce sera l’anglais, et plus tard, le chinois, mais je ne crois pas que j’ai devant moi suffisamment de temps pour l’apprendre”.

Malgré tout, Naïm Kamal garde une note d'humour. Il parle d'Hercule et le traite de “salaud” parce qu'il a séparé à Tanger, l'une de ses villes préférées, l’Europe de l’Afrique. 

Il parle de l’Océan et se demande “n’est-ce pas de là que vient la vie sur terre ?”, pour dire par la suite “Demandez à Charles Darwin. Mais ne le dites pas à A. Benkirane”. Humour, mais toujours pour jouer sur des tons graves et rationnels. 

Naïm Kamal regarde d'un mauvais oeil les islamistes, les perçoit comme des intrus, une idéologie qui vient de l'Orient et qui veut se greffer à un pays millénaire. Pour conclure sur une note d'humour, Naïm dit préférer “Kefta belbide” (Plat fait de la viande hachée aux oeufs), mais pas à Laârjate ! Pourquoi ? Vous avez besoin de savoir pourquoi ?