Ne laissons pas le Covid tuer l’humain qui est en nous ! 

Coins et recoins Par Jalila Ajaja

 


L’autre jour en lisant la presse française, je suis tombée sur une information qui m’a choquée voire carrément bouleversée.

Des Ehpad en France, ces établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes vont recourir à des poupées pour lutter contre l'isolement des aînés.

Ces poupées “hyper-réalistes” seront notamment utilisées pour aider les malades d'Alzheimer à sortir de leur isolement. Il s'agit d'un dispositif thérapeutique pour susciter plus de réactivité chez les personnes atteintes, argue-t-on.

Depuis quand une poupée, aussi réaliste que l’on veut qu’elle soit, peut-elle remplacer l’humain, le vrai, le réel, celui en chair et en os et surtout rempli de sentiments et d’empathie ? 

Comme si la société européenne, occidentale n’avait pas déjà sombré dans l’individualisme qui se manifeste tous les jours et sous différents visages, pour qu’on l’aide encore un peu.

Un individualisme qui s’est exacerbé avec la crise sanitaire du Covid-19 et les mesures de distanciation imposées pour circonscrire une épidémie aussi abrupte qu’inattendue qui a pris au dépourvu l’humanité entière, l’obligeant à se découvrir une autre face.

En France, 900.000 personnes âgées de 60 ans et plus sont isolées de leur famille et de leurs amis. Parmi elles, 300.000 sont dans un isolement extrême et ne rencontrent quasiment jamais ou très rarement d’autres personnes. Elles sont en situation de “mort sociale”, alerte l’association Petits Frères des Pauvres, à l’occasion de la Journée internationale des personnes âgées célébrée le 1er octobre.

Privés de liens sociaux, tous réseaux confondus (amicaux, familiaux, voisinage…), ces aînés sont en souffrance. Cet isolement a des conséquences parfois dramatiques comme en témoignent les nombreux faits divers de personnes retrouvées mortes des mois voire des années après à leur domicile, se désole l’association caritative.

Cet isolement s’est encore aggravé avec la crise sanitaire. Le confinement de mars dernier l’a même exacerbé.

Heureusement que des initiatives de la société civile et de certaines mairies de France, conscientes de ce grave problème, sont venues inverser une tendance, qui commence malheureusement à se généraliser, apportant du baume et beaucoup de chaleur aux personnes âgées isolées qui ne demandent rien, juste un regard, échanger quelques mots ou  évoquer des souvenirs lointains avec des personnes vraies en chair et en os.

C’est le cas des Petits Frères des Pauvres qui font de la lutte, depuis 1946 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, contre l'isolement des personnes âgées.  

Pendant le confinement de mars dernier, cette association caritative a érigé le maintien des liens avec les aînés en tête des priorités de son action, tout en veillant au respect des consignes sanitaires de distanciation sociale données par le gouvernement. Objectif : leur éviter une mort sociale. 

Même après le confinement, l’intérêt de cette association caritative n’a pas fléchi. Au contraire, les Petits Frères des Pauvres ont continué leur mobilisation à travers le hashtag #PlusJamaisInvisibles, pour que les personnes âgées ne retombent pas dans l’oubli après cet élan solidaire.

Une action qui témoigne que l’altruisme, la bonté et l’empathie sont innés chez l’être humain. Une action qui fait chaud au cœur en ces temps bien lugubres !!!