Aller au contenu principal

New York, la Grosse Pomme: Ville des ‘‘Foodies’’ et temple de la gastronomie

Par Naoufal Enhari
Les visiteurs de la Grosse Pomme, comme ses habitants, ont l’embarras du choix ©MAP
Les visiteurs de la Grosse Pomme, comme ses habitants, ont l’embarras du choix ©MAP
Avec ses milliers de restaurants de tout genre représentatifs des cuisines internationales, la scène culinaire de New York ne cesse d’évoluer offrant probablement la plus grande variété de style, de culture, et d’ethnicité en matière de gastronomie.

Haut lieu du tourisme aux Etats-Unis, ville cosmopolite et lieu de brassage de toutes les langues, cultures et ethnies, New York est aussi un véritable temple de la gastronomie mondiale, avec à la carte des milliers de restaurants de tout genre représentatifs des cuisines internationales et des saveurs les plus raffinées aux plus exotiques.
Les visiteurs de la Grosse Pomme, comme ses habitants, ont ainsi l’embarras du choix. D’autant plus que manger à New York n’est pas une fin en soi, mais une “expérience”, voire un mode de vie dédié à la découverte, ou la redécouverte, de cette diversité et richesse de la scène culinaire Newyorkaise en constante ébullition.
De ce fait, les Newyorkais, “Foodies” et bon vivants invétérés, cuisinent et mangent rarement chez eux le soir ou le weekend.
Car avec autant de choix gastronomiques à bout de doigt, des dizaines de nouveaux restaurants qui ouvrent chaque mois dans les différents quartiers de la ville, et d’innombrables établissements étoilés qui font la Une des magazines et publications spécialisés, il est, en effet, difficile de résister à la tentation culinaire dans cette mégapole gourmande qui “ne dort jamais”..

Un laboratoire culinaire à ciel ouvert !

La scène culinaire et gastronomique de New York reste “incroyablement vaste et diversifiée”, explique Lourdes Castro, auteur, diététicienne et professeur au Département de la nutrition et des études alimentaires à la prestigieuse Université de New York (NYU).
“En tant que professeur qui enseigne l’alimentation et la nutrition, je profite certainement de cette diversité puisque la ville fonctionne comme un laboratoire d’enseignement expérientiel”, confie cette spécialiste en la matière, dans une interview à la MAP.
Pour elle, ce qui rend la diversité culinaire de New York si intéressante, ce n’est pas seulement l’éventail des cuisines offertes par ses restaurants, mais aussi la variété de la gamme parmi ces restaurants.
“Prenez la cuisine japonaise par exemple. Il y a des centaines de restaurants de sushi à New York qui varient considérablement en prix, qualité et expérience offerte. Certains sont de petits comptoirs Omakase exclusifs et chers (Masa), tandis que d’autres sont de grands temples de sushi modernes (Nobu)”, relève cette experte et Foodie incontestée qui a vécu pendant plus de 20 ans dans la Big Apple.
“Pourtant, on peut toujours trouver du Omakase abordable dans les petits restaurants de sushi situés dans le quartier de “Little Tokyo” et dans les cinq Boroughs newyorkais. Et là on ne parle que du sushi, car New York possède aussi de remarquables restaurants japonais dédiés au Yakitori, au Tempura et au Shabu-shabu”.
Lourdes Castro, qui dirige également le “Food Lab”, un laboratoire d’enseignement et incubateur d’idées au département de la nutrition et des études alimentaires à la NYU, fait observer également qu’étant donné l’accès facile à une scène de restaurants aussi diversifiée, les New-Yorkais se sont habitués à la variété en terme de choix gastronomique.
“Ils s’attendent à manger une variété de cuisines sur une base quotidienne (parfois au cours d’une seule journée). Et c’est quelque chose que je n’ai constaté nulle part ailleurs, même dans les autres grandes villes comme Miami d’où je suis originaire”, dit-elle.
Car pour elle, comme pour la majorité des Newyorkais, diner dans un restaurant est beaucoup plus une question de divertissement qu’une satisfaction d’un besoin de nourriture.

Dîner au restaurant, un spectacle

“Il semble aussi qu’il y a certains restaurants qui se comparent aux spectacles de Broadway, en ce sens qu’il faut faire des réservations des mois à l’avance, et le coût y est à peu près le même, sinon plus”.
Car manger à New York reste “un événement social et culturel” et les Newyorkais s’attendent ainsi à un certain “cérémonial” pour accompagner leur expérience gastronomique, fait observer Lourdes Castro.
Et d’expliquer qu’un tel cérémonial peut ainsi prendre la forme “d’expériences authentiques, de cadres formels ou d’approches avant-gardistes”.
“Quand je sors, je m’attends à plus qu’un simple repas pour me rassasier. Car si ce n’était que pour cela, je resterai chez-moi pour cuisiner mon propre diner”, tranche-t-elle.
Même son de clôche chez Gerard Mortillaro, entrepreneur dans le secteur agroalimentaire et fin connaisseur de la scène culinaire Newyorkaise, pour qui, en terme culturel, New York a “probablement la plus grande variété de style, de culture, et d’ethnicité en matière de gastronomie”.
“De la fine cuisine, au prêt-à-manger, la ville de New York offre un nombre incroyable d’options partout à travers ses différents quartiers”, explique-t-il dans une interview à la MAP.
Pour lui, New York reste “véritablement un endroit formidable à vivre du moment que l’on aime manger dehors”. “Et peu importe la tendance ou ce qui est à la mode, parce qu’il y a tellement de tout que lorsque vous comprenez enfin la tendance, celle-ci est déjà en train de changer de toute façon”, dit-il au sujet de la scène culinaire en constante mutation de la ville.
Selon lui, au-delà de cet aspect tendance, manger dehors à New York reste une “expérience singulière de partage avec amis, famille ou collègues”.
“Je n’apprécie rien de plus que d’amener des amis qui n’ont jamais goûté les plats d’un de mes restaurants favoris et d’observer comment ils les expérimentent pour la première fois”.
“Car, j’aime comment la nourriture peut ouvrir les ‘banques de mémoire’ des gens et écouter ainsi leurs impressions et leurs histoires. Rien de mieux pour débuter une conversation”, estime-t-il.
Gunnar Steden, chef culinaire au “One dine”, restaurant niché au sommet du “Freedom Tower”, le plus haut gratte-ciel de New York, affirme, pour sa part, que la scène gastronomique newyorkaise est “probablement l’une des plus dynamiques du monde”.
“Les tendances culinaires sont créées ici. Mais malheureusement, c’est aussi moins indulgent que dans d’autres villes car vous devez être au sommet de votre jeu pour survivre”, explique ce chef d’origine allemande qui a affiné ses techniques dans de nombreux restaurants à travers le monde avant d’atterrir il y a quelques années à New York.

Étiquettes