Niger, un long fleuve pas tranquille

Par Mohamed Bouzakri
Le fleuve Niger est le 3è plus long de l'Afrique après le Nil et le Congo ©MAP/EPA
Le fleuve Niger est le 3è plus long de l'Afrique après le Nil et le Congo ©MAP/EPA
Haut-lieu de biodiversité et vivier d’activités génératrices de revenus pour la population malienne, le fleuve Niger fait triste mine. Entre stress hydrique, ensablement et pollution industrielle, le 3è fleuve le plus long de l’Afrique est mis en péril, et avec lui des milliers de riverains vivant d’agriculture, d’élevage et de pêche. Autorités maliennes et société civile multiplient les actions de prévention et de sensibilisation pour sauver ce précieux patrimoine bleu.



Considéré comme le troisième plus long fleuve en Afrique, après le Nil et le Congo, avec 4.200 km de longueur et un bassin de 2,274 millions de km2, le fleuve Niger traverse le Mali en arrosant toutes les grandes villes du pays.
Ce fleuve prend sa source entre la Sierra Leone et la Guinée à 800 m d'altitude au pied des monts Loma pour, après une grande boucle aux confins du Sahara, se jeter dans l'océan Atlantique, au Nigéria. Son cours traverse ou borde six Etats (la Sierra Leone, la Guinée, le Mali, le Niger, le Bénin et le Nigéria).
Les pays membres de l'Autorité du bassin du Niger avaient signé, à Niamey le 30 avril 2008, la charte de l’eau du bassin du Niger, un instrument juridique qui concerne l’ensemble des “activités consacrées à la connaissance, la gouvernance, la préservation, la protection, la mobilisation et l’utilisation des ressources en eau du bassin” et s’applique au fleuve Niger, à ses affluents, sous-affluents et défluents.
Selon le ministère malien de l’Environnement et de l’Assainissement, le pays dispose d’un réseau hydrographique important dont le fleuve Niger qui avec ses 570.000 km², abrite près de 80% d’une population vivant essentiellement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

Pollution et sécheresse: Le fleuve Niger crie sa détresse

Cependant, ce fleuve qui permet à plusieurs Maliens de mener des activités génératrices de revenus, est exposé aujourd’hui à des menaces graves résultant notamment de l’extraction de sable et gravier, l’orpaillage par dragage, les bâtiments et champs dans le lit et le rejet de déchets industriels et artisanaux.
Ainsi, ce fleuve qui contribue à l’économie malienne et au bien-être de toute la population, à travers plusieurs activités dont la navigation, la pêche et la production d’électricité, se trouve dans un état de dégradation continue et ce malgré les différentes actions et initiatives prises en faveur de sa sauvegarde.
En dehors des comportements humains nuisibles, le changement climatique, les sécheresses successives et la baisse de la pluviométrie sont aussi des lourdes menaces qui provoquent l’avancée du désert, qui aboutit à l’ensablement du fleuve et met en danger ainsi son existence.

État et ONG à la rescousse d’un patrimoine bleu  

Face à cette situation, le Tchadien Abderhamin Birémé Hamid, secrétaire exécutif de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) avait, lors d’une visite récemment au Mali qui assure actuellement la présidence du Réseau des Parlementaires de l’ABN, annoncé un projet de lutte contre les effets du changement climatique dont la part du Mali est de 36, 86 millions de dollars avec 80 % sous forme de don.

Près de 80% des riverains vivent  de l’agriculture ©MAP/EPA
Près de 80% des riverains vivent de l’agriculture ©MAP/EPA


Au Mali, l'État a mis en place des mesures visant la préservation et la protection du fleuve, notamment avec la création en 2002 de l’Agence du Bassin du Fleuve Niger qui a pour mission de sauvegarder le fleuve et ses affluents sur toute l’étendue du territoire national. Elle est chargée de veiller sur la préservation du fleuve Niger en tant qu’entité vitale du pays, protéger les écosystèmes terrestres et aquatiques et préserver les berges et les bassins versants contre l’érosion et l’ensablement.
L’Agence a pour missions, également, le renforcement des capacités de gestion des ressources du fleuve, de ses affluents et de leurs bassins versants, la prévention des risques naturels (inondation, érosion, sécheresse), la lutte contre les pollutions et nuisances et le maintien de la navigation du fleuve.

Les nuisances d'origine humaine constituent une sérieuse menace ©MAP/EPA
Les nuisances d'origine humaine constituent une sérieuse menace ©MAP/EPA


Parallèlement aux efforts déployés par l’Etat, de nombreux acteurs associatifs sont mobilisés pour contribuer à la sauvegarde écologique de ce fleuve qui constitue une richesse naturelle et un patrimoine d’une valeur inestimable pour le Mali.
Ainsi, des campagnes de sensibilisation sont organisées à l’adresse des usagers, notamment les dragueurs, éleveurs et agriculteurs qui versent les déchets de leurs produits nocifs dans le fleuve.

Étiquettes