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Nordin Amrabat, une leçon de patriotisme

Par Mohamed Aswab

 


 

En l’espace d’une semaine, on a eu de tout avec l’international Marocain Nordin Amrabat: Rire, spectacle et actes de bravoure!
Sa Darija mal articulée nous a égayé, sa blessure grave lors du match contre l’Iran nous a inquiété et sa combativité sur la pelouse a fait la fierté des Marocains à l’échelle planétaire. Un Lion de l’Atlas ! Nordin, il en est un vrai.
Il aurait pu éviter d’être risible, en s’exprimant en néerlandais, natif de Naarden (Nord des Pays-bas) en 1987, ou dans les autres langues qu’il a dû maîtriser le long de son parcours, notamment en Turquie (Kayserispor 2010-2012 puis Galatasaray SK 2012-2014), en Espagne (Málaga CF 2013-2016) ou en Angleterre (Watford FC 2015-2017).
Il aurait pu éviter sa blessure en Russie (contact violent avec un joueur iranien lui ayant provoqué une commotion cérébrale). Et il aurait pu se “battre modérément” lors du Mondial de Russie, comme feraient certains (Dieu seul le sait), pour se préserver contre toute blessure qui nuirait à son avenir footballistique prometteur.
Mais, il a choisi, du haut de sa fierté de Marocain, la Darija, le combat et les honneurs. Tout le reste lui importe peu.
Nombreux sont les joueurs qui ont porté le maillot national mais ceux qui l’ont honoré comme il se doit marqueront à jamais notre mémoire collective.
L’appartenance à une nation, le Maroc glorieux, n’a pas de prix. Nordin Amrabat  l’aura prouvé, actes de bravoure et de dévouement à l’appui.


Alors qu’il a appris le foot sous d’autres cieux, notre joueur est fait de liens indéfectibles à l’égard de son pays, le Maroc.
Évoluant sous les couleurs du PSV Eindhoven (2008-2011), c’est en 2008 que Nordin a révélé ses ambitions patriotiques, celles de défendre les couleurs nationales. Il avait joué sept matchs pour le compte des Pays-bas “espoirs” entre 2007 et 2008, et se voyait ainsi s’interdire ce rêve précieux, règles de la Fédération internationale de football association Fédération internationale de football association (FIFA) obligent à l’époque. Une entrave aussitôt démolie au grand bonheur de Nordin qui fera, à la première occasion, son choix irréversible pour les Lions, claquant ainsi la porte des “Oranjes”. Un pays qui a atteint à trois reprises la finale de la Coupe du monde (1974, 1978 et 2010).
Sauf que les Pays-bas ne se sont pas qualifiés, ironie du sort, à la Coupe du monde 2018 où Amrabat allait faire ses preuves de joueur “soldat”.
En perdant contre l’Iran “in extremis”, en ratant le match contre le Portugal par “malchance” et en étant tenu en échec contre la Roja, et la “VAR”, le Maroc a quitté le Mondial la tête haute. Cependant, Amrabat ne quittera jamais nos annales.
Il s’érige désormais en exemple, en leçon de patriotisme. Combien de “Amrabat” faudra-t-il chez nous ? dans nos administrations, nos hôpitaux, nos écoles, nos entreprises… Donner sans attendre rien en retour, ne serait-ce que l’amour et l’appréciation de ses concitoyens. Donner et se donner, sans penser aux réactions des autres ou être hanté par le risque d’encaisser des “coups ou blessures fatals”? Nordin Amrabat, le soldat, l’a fait !