Peut-on vivre sans le foot ?

Par Yassine Chaoui
Le sport le plus populaire au monde n'est pas épargné par la pandémie ©MAP/EPA
Le sport le plus populaire au monde n'est pas épargné par la pandémie ©MAP/EPA
Le football, “sport le plus populaire au monde” n'est pas épargné par la pandémie de Covid-19 et se trouve confronté à une crise sans précédent. Les compétitions sont suspendues, les joueurs sont privés du terrain et du public et les mordus du ballon rond, qui gardent drapeaux et fanions en berne, ne peuvent plus assouvir leur passion. Cette situation exceptionnelle a amené le monde à réfléchir à une question qui n’a jamais été aussi “existentielle”: “peut-on vivre sans le foot ?”

Le premier janvier 2020 a marqué le début d'une toute nouvelle décennie que beaucoup ont appréhendée avec optimisme et espoir. Six moi plus tard, le monde se retrouve confiné, les économies paralysées et les activités culturelles et sportives en stand-by.

Face à cette situation inédite que personne n'a vue venir, beaucoup de gens se demandent comment s'y faire dans un monde sans football?

Sans ce beau jeu, qui fédère jeunes et séniors autour d'une ambiance très particulière marquée par des moments de suspense, de joie et de divertissement.

En effet, il s'agit, selon les médias internationaux, de la crise la plus délicate de l'ère moderne du football. Les clubs, partout dans le monde, souffrent en raison de la coupure soudaine de leur activité.

Les matches, qui n'ont pas eu lieu depuis trois mois, ont déjà provoqué des pertes financières très importantes.

En plein confinement, les amateurs du jeu se font l'écho au quotidien des scénarios envisageables pour la reprise de l'activité footballistique. Matchs à huis clos, des supporters en carton, ou encore des applications pour entendre les fans dans les stades... le foot ne doit pas s'arrêter!

“Rien ne peut remplacer le foot! “

Les répercussions de la pandémie sur le monde du football sont nombreuses, mais une chose est sûre, c'est que la crise actuelle a révélé, pour beaucoup de gens, à quel point ils sont attachés à ce sport, dont la reprise fait l'objet d'une priorité importante comme s’il est devenu une nécessité
de la vie. Interrogé par BAB sur l’engouement sans précédent des fans pour la reprise du football, le directeur du sport à Radio Plus, Saïd Zeddouk reconnaît que “ce sport est devenu une composante indissociable de nos vies!”, précisant qu’il s’agit d’un excellent exutoire pour les citoyens, oppressés
par leurs responsabilités.

“Hormis l'aspect économique et social, l'engouement pour la reprise des compétitions du football découle de la passion des fans et de leur grand attachement à ce sport”, ajoute le directeur du sport à Radio Plus, faisant remarquer que l'effet psychologique est beaucoup plus important que les incitations financières qui impliquent que les professionnels
du domaine.

En effet, le manque de spectacles du ballon rond, généralement addictifs pour les fans change beaucoup de choses. C'est un manque d'adrénaline et d'émotions que l'on ne peux assouvir qu'en suivant un match de foot en direct.

“Depuis que les compétitions de la Botola se sont arrêtées, cela fait un sacré vide! J'attends avec impatience un retour aux gradins et cette ambiance si chaleureuse qui les anime, mais hélas cela semble si loin”, confie à BAB, Aymane, un jeune supporter qui ne rate aucune rencontre du Raja de
Casablanca.

Ce qui manque à ce jeune, à l'instar de beaucoup de fans de football à l'épreuve du coronavirus, c'est surtout le moment où il peut exulter sur un but de son club favori, évacuant ainsi tous les soucis du quotidien.

Pour rappel, la rencontre de Ligue des champions entre l’Atalanta Bergame et Valence, le 19 février en Italie, aurait largement contribué à propager la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) en Italie, ont rapporté les médias étrangers. Cependant “le foot n'est pas à blâmer”, selon
les fans.

Ceci étant, à la limite le manque de stade serait gérable, mais le manque de foot en général est beaucoup plus dur à vivre pour ces passionnés du ballon rond.

“Une reprise dictée par des raisons financières! “

Certes, la passion du public pour ce centre d'intérêt universel est un facteur considérable pour la reprise des compétitions, ils existent, toutefois, des implications financières extrêmement importantes pour les acteurs de l'industrie footballistique.

Contacté par BAB, le journaliste sportif, Abdelfatah El Alaoui Mehamdi a affirmé que depuis la suspension des championnats, les clubs font une croix sur une grande partie de leurs sources de création de richesse liées aux matchs.

“Une des principales craintes des dirigeants ce sont les Droits TV”, a-t-il fait savoir, notant que “plus le montant est important, plus la volonté de reprendre les compétitions est grande”.

D'après le média britannique “BBC”, entre la fin de saison actuelle et la campagne 2020-21, les pertes pourraient s'élever à plus de 4 milliards d'euros pour les clubs des grands championnats européens à cause de la pandémie du Covid-19 et de l'interruption du football.

Pour atténuer les répercussions de ces pertes qui risquent de mettre en péril de nombreux clubs, plusieurs solutions ont été envisagées.

Dans ce sillage, l'Allemagne a donné le feu vert à la reprise des matchs de football, à partir du 16 mai, et à huis clos.

La reprise s'effectue sous conditions: les joueurs et leurs familles doivent se faire tester deux fois par semaine.

En Biélorussie, le club FC Dynamo Brest a eu l'idée d'installer des mannequins dans les tribunes en tant que supporters virtuels, alors qu'au japon, une application pour smartphones a été lancée pour permettre aux supporters de soutenir leurs équipes depuis chez eux, avec l'aide des hauts-parleurs des stades.

Un sport pas comme les autres

Alors que l'engouement pour la reprise des compétitions du football continue de faire le tour sur les réseaux sociaux au moment où la pandémie du coronavirus sévit partout dans le monde, beaucoup de gens estiment par contre que cette activité n'est pas si indispensable et que le monde a d'autres préoccupations plus importantes.

“Il ne faut pas oublier que la crise actuelle est temporaire et le football reste à vie”, a affirmé à BAB, Youness Mankari, ancien joueur du Wydad de Casablanca, estimant qu'il vaut mieux concentrer les efforts autour de la lutte contre l'épidémie, puisque le sport “peut attendre”.

Certes, la santé est la plus grande richesse du monde et la priorité actuelle de tous les pays, cependant, personne ne peut nier la place de choix du football pour beaucoup de gens qui attendent avec impatience de remplir à nouveau les tribunes de stades, ou même les cafés pour revivre ces moments magiques, ces émotions intenses et ces sensations irremplaçables. A noter la Botola Pro D1 va reprendre le 24 juillet à travers la tenue des matches de mise à jour à huis clos, a annoncé récemment la Fédération royale marocaine de football (FRMF).

L'annonce a été faite lors de la réunion du Comité directeur de la FRMF par le président de l'instance fédérale, Fouzi Lekjaa, qui a souligné que les entraînements des clubs de D1 et D2 débuteront le 25 juin en deux étapes (entraînements individuels, entraînements collectifs), précise la FRMF dans un communiqué sur son site internet.