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Présidentielle, l’autre exception sénégalaise !

Franchement! par Hassan Aourach


Le 24 février 2019, soit dans 5 mois, les Sénégalais retrouveront le chemin des urnes pour élire leur Président. Un exercice démocratique qu’ils sont désormais habitués à accomplir puisqu’il s’agira de la onzième présidentielle depuis l’indépendance du pays en 1960. Donnée en modèle dans une Afrique subsaharienne où l’échéance présidentielle est synonyme, la plus part des cas, de troubles graves, l’expérience sénégalaise s’impose du fait que le pays a toujours su gérer pacifiquement les différends pré et post-électoraux.
De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, “l’exception sénégalaise”  se confirme. Un acquis fortement consolidé grâce notamment à un code électoral consensuel et à l’émergence d’une société civile forte et vigilante.
L’instauration du parrainage, considéré comme un “obstacle” à la course à la présidentielle, et l’exclusion, jugée “préméditée” par l’opposition, des principaux rivaux de l’actuel chef d’État, alimentent actuellement une polémique pré-électorale, mais, signe de “bonne santé démocratique”, dirait-on, ces points de discorde entre le pouvoir et opposition restent contenus dans un débat démocratique mûr, serein et responsable.    
A cinq mois de la prochaine échéance présidentielle, plus de 80 candidats ont d’ores et déjà fait part de leur intention de briguer la magistrature suprême. Mais ils devront, au préalable, recueillir suffisamment de parrainages pour pouvoir concourir et se faire une place sur la ligne de départ.
La campagne de collecte des parrainages a débuté le 27 août, et les candidats sont appelés à recueillir le parrainage de 0,8% à 1% du corps électoral, soit environ 52 000 signatures, réparties dans au moins sept des 14 régions du pays, à raison de 2 000 par région au minimum. Ce système de parrainage, qui concernait jusqu’à présent seulement les candidats issus de la société civile, a été étendu en avril dernier à tous les prétendants. Objectif affiché : “filtrer” les candidats après une inflation de candidats à différents scrutins. Estimés nombreux par les observateurs, les “candidats à la candidature” ne compteront, toutefois, pas deux “favoris” donnés comme principaux rivaux du président sortant Macky Sall. Il s’agit en l’occurrence de Khalifa Sall, ex-maire de Dakar, et de Karim Wade, ancien ministre, fils de l’ex-président Abdoulaye Wade.
Condamné à cinq ans de prison pour détournements de fonds publics, Khalifa Sall est logiquement exclu de la course à la présidence.
Quant à Karim Wade, condamné en 2015 à six ans de prison pour “enrichissement illicite”, il a vu sa demande d’inscription sur les listes électorales rejetée le 2 juillet, ce qui devrait l’empêcher de se présenter.
A cinq mois de l’échéance présidentielle, le débat autour de ces questions bat son plein, mais les Sénégalais, matures politiquement pour choisir leurs dirigeants, sauront sortir vainqueurs et choisir sereinement leur président. Ce qui confirmera une nouvelle fois et sans nul doute “l’exception sénégalaise”.