Recherche vaccins désespérément

Franchement par Omar Achy


Après la réception de la première livraison de vaccins anti-Covid, le Maroc intègre le cercle, encore restreint malheureusement, des pays qui entament leur campagne de vaccination. Le département de la Santé promet une montée en puissance de l’opération au fur et à mesure de la réception du reste des 65 millions de doses commandées chez Sinopharm et AstraZeneca.

Certes, cette vaccination d’envergure a pris du retard par rapport au calendrier initial au point de susciter un tollé au parlement et une polémique sur les réseaux sociaux. Une myriade de rumeurs a enflé sur les raisons réelles ou supposées de ce que d’aucuns ont vite taxé de flottements et de manque d’anticipation face à une crise de santé publique aiguë.

Mais, si le débat autour de la lutte contre la pandémie, un sujet qui agite l’opinion publique au Maroc et ailleurs, est à la fois nécessaire et salutaire, il y a une triste réalité à ne point occulter aujourd’hui: la course aux précieuses doses est particulièrement effrénée et la promesse d’un accès équitable à travers le monde est sérieusement compromise.

Les pays riches continuent d’accaparer les vaccins au détriment des pays en développement. Un tel “nationalisme vaccinal”, selon le patron de l’OMS, est nuisible face à une vague épidémique qui n’épargne personne.

Et au vu du retard pris dans la production par les grands laboratoires, à l’instar de Pfizer, pour répondre à une opération d’une ampleur aussi vaste, le calendrier vaccinal dans plusieurs pays en Europe comme aux Etats-Unis, a été bouleversé. Une situation qui inquiète les politiques et amplifie le malaise des populations confrontées à de nouvelles restrictions.

Car, la vaccination est désormais l’urgence qui appelle la mobilisation maximale de la part des gouvernements. L’on rivalise ainsi de “plans de bataille” face à une nouvelle hausse inquiétante du taux de reproduction du virus et l’apparition de nouvelles variantes plus contagieuses.

Aux Etats-Unis, plus lourd bilan mondial dépassant le pic de 25 millions de cas et 417.000 morts, le nouveau président Joe Biden promet un “effort de guerre massif”. L’objectif immédiat est d’atteindre 100 millions d’injections au cours des 100 premiers jours de son mandat.

Mais, les États, les comtés et les villes du pays font déjà état de manque de vaccins, entraînant l'annulation ou le report des rendez-vous de milliers de personnes. Un groupe d'experts a déjà jugé l'ambition de vaccination de Biden bien inférieure à ce qui est nécessaire pour juguler la pandémie et relancer une économie en berne.

Mêmes contraintes de stratégies et de logistiques ont été soulevées ailleurs en Europe entrainant une vaccination plus lente et suscitant la colère et le scepticisme de l’opinion publique alors que plane le spectre de la nouvelle souche du SARS-CoV-2.

Au niveau mondial, le cap de deux millions de vies fauchées par la pandémie a été franchi.

Pour honorer leur mémoire, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, juge que le monde doit se montrer “bien plus solidaire”, à commencer par bannir ce qu’il qualifie de “vaccinationalisme”.

Il est plus judicieux, selon lui, d’encourager le Mécanisme COVAX, dont l’objectif est de rendre le vaccin disponible et abordable pour tous.

Mais en attendant l’impératif moral de la “solidarité mondiale”, c’est le chacun pour soi qui prime.