Aller au contenu principal

‘‘Réorienter des fonds énormes vers le social’’

Par Mohamed Aswab
Chafiq Belrhiti, directeur de la Caisse de compensation ©MAP/Ahmed Hayat
Chafiq Belrhiti, directeur de la Caisse de compensation ©MAP/Ahmed Hayat
Chafiq Belrhiti, directeur de la Caisse de compensation, revient, dans cette interview, sur la réforme progressive du système annoncée par le gouvernement, l'éventualité de la disparition de la Caisse en tant que structure, ainsi que la question des arriérés de la caisse.

BAB: On a tendance à confondre la réforme du système de compensation avec la réforme de la caisse en elle-même. Que dites-vous à ce sujet ?

Chafiq Belrhiti: C’est vrai, on a tendance à confondre la réforme du système de compensation avec la réforme de la caisse de compensation en elle-même, c'est-à-dire l'établissement chargé uniquement d'exécuter la politique de l'État en la matière, mais lorsqu’on parle de la réforme de compensation, cela veut dire dans tous les débats et les discussions la réforme du système de compensation.
Pour ce qui est de la réforme du système de compensation, il est à préciser que “le gouvernement est déterminé à poursuivre cette réforme en supprimant progressivement les subventions sur les produits restants (butane, sucre et farine), en vue d'augmenter les fonds destinés au financement des politiques et programmes de développement social et au soutien des groupes vulnérables et nécessiteux”, d'après une intervention du Chef du gouvernement devant la Chambre des conseillers, le 23 janvier
2019.

Qu'est-ce qui justifie, selon vous, l'urgence de la réforme de ce système ?

La réforme du système de compensation est “inévitable” du fait que l’ensemble des études et des analyses établies à ce titre ont démontré l'existence de plusieurs dysfonctionnements, dont l'instabilité de l’enveloppe financière de compensation en raison de la hausse des prix des produits subventionnés sur les marchés internationaux et l’augmentation de la demande. La réforme structurelle du système de compensation vise, d’une part, à contribuer au redressement des équilibres macroéconomiques du pays et à assurer la migration d’un système d’aide onéreux, généralisé et mal ciblé vers un nouveau système permettant de réaliser la justice sociale et de canaliser les ressources financières publiques pour soutenir l’investissement et les programmes
sociaux.
Pour cela, le gouvernement œuvre actuellement à la mise en place du projet du Registre Social Unique qui constituera une plate-forme de centralisation des données et des programmes pour un meilleur ciblage de la population éligible permettant l’accès à l’ensemble des programmes sociaux. En attendant l’opérationnalisation de ce registre, les prix du gaz butane, du sucre et d’un contingent limité de la farine nationale de blé tendre continuent de bénéficier de la subvention.

Qu'en est-il des arriérés de la Caisse ?

Les cinq dernières années ont été caractérisées par non seulement la régularité des délais de paiement des dossiers de subventions mais aussi par une baisse du montant des arriérés enregistrés à la fin de chaque exercice qui ont atteint 1.617,00 MDH en 2017 alors qu’en 2015 et 2016, aucun arriéré n’a été enregistré. Ce n’est qu'en 2018 qu’une augmentation est inscrite portant l’arriéré à 3.045,00 MDH suite à la hausse de la charge de la compensation du gaz butane. Aussi, il est à noter que durant cette période, les encours des subventions enregistrées ainsi que les délais de paiement n’ont pas dépassé deux mois.
Pour ce qui est de la situation financière des dossiers de subventions au titre du gaz butane et du sucre, elle fait ressortir, à la date d’aujourd’hui, un encours global de 5.728 MDH dont 4.460 MDH au titre des dossiers de gaz butane représentant ainsi 78% de l’encours global. Une dotation budgétaire est en cours de mandatement à hauteur de 2.100 MDH pour le financement de ces dossiers.

Chafiq Belrhiti, directeur de la Caisse de compensation, accordant une interview à BAB ©MAP/Ahmed Hayat
Chafiq Belrhiti, directeur de la Caisse de compensation, accordant une interview à BAB ©MAP/Ahmed Hayat

 

Étiquettes