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Rire, Liberté, Sérieux…

Mohammed Rida Braim


Le Magazine “BAB”, qui est à sa 7ème édition, est un mensuel généraliste de la MAP, porté par des journalistes talentueux et surtout très sérieux, qui travaillent dans une Agence de presse tout aussi sérieuse. C’est pourquoi j’ai choisi de traiter dans ce numéro, la notion du rire, pour introduire une touche plus légère, plus folâtre… dans une publication, qui rend hommage à des journalistes, baignant souvent dans l’anonymat, la caractéristique principale du travail des agenciers.
La définition littéraire du rire renvoie à “une manifestation de gaieté soudaine par l’expression du visage et par certains mouvements de la bouche et des muscles faciaux, accompagnés d’expirations plus ou moins saccadées et bruyantes”.
Cette définition plus au moins mécanique du rire semble ne pas convaincre les philosophes. Ces derniers vont encore plus loin pour présenter le rire comme le sentiment de la liberté et le signe et l’oeuvre de l’intelligence humaine, qui vient déranger le convenu, bousculer l’ordre et introduire un pur jeu là où le sérieux se croyait sûr de durer.
Mais, le sérieux ne doit pas nécessairement être impassible, placide et grandiloquent loin de l’humour, du comique, du plaisir. Je pense sérieusement qu’on peut impunément mêler les deux genres, les deux sentiments, les deux comportements…, pour déconstruire l’idée préconçue qui place forcément le rire à l’opposé du sérieux.
Certes, le rire est le propre de l’homme, mais être d’esprit jovial et avoir de l’humour sont des choses qui s’acquièrent avec le temps et avec la culture de chaque communauté. Finalement, le rire et l’humour sont deux acquis importants dans la vie des gens, qui font que la capacité de rire et de garder le sourire, surtout en ces temps difficiles, n’est pas à la portée de tout le monde.
Le rire est quelque chose de très important pour la société. Il rend la vie plus aisée et plus supportable et c’est peut-être pour cette raison que la religion a fait du sourire un bienfait généreusement rétribué par Dieu.
Il est difficile donc de renier le propre de l’homme. En l’absence du rire, c’est le pessimisme et le fanatisme qui viennent s’installer dans la société pour donner naissance à des comportements périlleux et des actes sauvages au nom du sérieux, de la rectitude et du droit chemin.
Ces actes et ces comportements dénotent d’un “pessimisme noir” qui rongent certains milieux noyés dans l’ignorance, la frustration, voire la naïveté, l’incrédulité et le manque de confiance en soi.
Au Maroc, cet esprit sombre a atteint, un lundi 17 décembre 2018, son paroxysme, quand le cri de deux jeunes touristes scandinaves déchira le silence du décor paradisiaque des montagnes de l’Atlas pour dire que même si vous nous tuez, nous massacrez, nous torturez, vous ne pouvez pas abattre l’esprit d’humour et de joie que suscitent nos sourires angéliques dans le monde, qui assiste encore une fois à l’atrocité de vos actes, des actes qui essaient en vain de tuer l’innocent, l’espoir et la liberté et donc l’humour et le rire.