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Si jeunesse savait...

Coins et recoins par Rachid Mamouni


Former un jeune à affronter la vie et à être une meilleure personne pour lui-même et pour la société n’a jamais été une sinécure. Ni au Maroc, ni ailleurs.
Ce sont des années entières d’efforts constants, d’inculcation de valeurs personnelles et collectives, de surveillance comme on surveille le lait sur le feu et de contrôles réguliers avant que ce jeune ne s’échappe, tel un ruisseau qui rejoint la grande rivière de la vie et vole de ses propres ailes. Toutefois, notre système d’éducation et de formation offre un panorama désolant, voire déprimant, selon certains, qui ne manquent pas d’arguments et ce, au regard du nombre important de jeunes qui n’y trouvent pas leur place, qui sont laissés sur le bord de la route comme des éclopés ou qui ne s’y sentent pas épanouis.
Le diagnostic sans concession fait par le Chef de l’État dans le Discours du 20 août est éloquent. Baisser les bras face à un problème, quelle qu’en soit la nature, n’a jamais été une option pour le Maroc. Toutes les tentatives de réforme entreprises ces dernières années en sont la preuve. Ce sont autant de pistes de réflexion, de programmes élaborés et de politiques mises en œuvre pour trouver le meilleur moyen de mettre nos jeunes sur les rails de l’épanouissement personnel et professionnel et pour qu’ils trouvent leurs voies, chacun selon ses ambitions, ses compétences, ses moyens et sa combativité. Il s’agit en fait d’éviter à tout un chacun de s’exclamer au crépuscule de sa vie : Ah si jeunesse savait !
Réussir “une meilleure adéquation entre formation et emploi”. Voici le slogan préconisé par SM le Roi pour offrir à tous les jeunes une opportunité d’intégrer dans des conditions optimales le marché du travail. Cette adéquation permettra aussi d’endiguer l’endémie de la fuite des compétences. Un indice officiel : Ils étaient plus de 600 ingénieurs à prendre le chemin de l’expatriation chaque année. Et ce ne sont pas uniquement les conditions matérielles attrayantes qui les ont poussés à faire ce choix. Si on en croit les confessions des uns et des autres, une bonne partie de nos cerveaux auraient aimé rester au pays et contribuer à son développement, mais ils sont partis faute d’un milieu adéquat qui leur aurait permis de s’épanouir professionnellement.
Cette mise en adéquation de la formation et de l’emploi doit être accompagnée d’une promotion à une grande échelle d’autres actions concrètes visant à exalter l’ouverture d’esprit, l’épanouissement intellectuel et le bien-être physique par toutes sortes d’activités récréatives, surtout et le sport.
La mise au point avant la fin de l’année d’une feuille de route pour la promotion de l’emploi en faveur des jeunes participe de cette batterie de mesures en six points détaillés dans le discours du 20 août. Elle sera finalisée dans la cadre d’une rencontre nationale sur l’emploi et la formation qui devra aborder les spécialités à promouvoir en termes de formation, la requalification des non-diplômés le toilettage rigoureux des filières de Formation professionnelle. Cette feuille de route intégrera le soutien de l’État aux initiatives d’auto-emploi à travers des dispositifs d’incitation des jeunes à créer des PME. L’intégration du secteur informel dans le secteur formel et la mise en place “obligatoire” de programmes de formation en langues étrangères pour les étudiants et les stagiaires viennent compléter les mesures qui ne devront souffrir aucune ambiguïté, ni retard.
Maintenant que le constat ressassé des milliers de fois est plus clair que jamais, que les pistes de solutions sont identifiées, place à l’action responsable pour que notre système d’enseignement et de formation cesse de fabriquer les légions de chômeurs que l’on connaît et dont on connaît les ravages sur le tissu social.